Sébastien Fritsch, Ecrivain

Le 18 février 2009, est paru mon troisième roman : "Derrière toute chose exquise". Un roman bleu-noir, à la fois sentimental et cruel, dans lequel se tissent des liens tragiques entre la beauté et la mort.

13 novembre 2009

Laurence Tardieu - Un temps fou

C'est en regardant Laurence Tardieu parler de sa façon de travailler que j'ai eu envie de découvrir son écriture. J'ai mis un peu de temps (disons que j'ai quelques autres occupations aussi), puisque l'interview que j'avais regardée sur Auteurs TV date de plus d'un an et demi. Mais je gardais son nom dans un coin de ma mémoire, parce qu'un certain nombre de ses réflexions sur le métier d'écrivain m'avaient touché.
D'ailleurs, en entamant Un temps fou, mis à part le fait que le début du roman me semblait quelque peu mystérieux, j'ai été marqué par certaines phrases que Laurence Tardieu glisse sous la plume de sa narratrice, écrivain elle aussi.
J'ai par exemple relevé celle-ci : "Je n'ai jamais eu peur de la page blanche. J'ai toujours pensé qu'on avait besoin de pages blanches pour écrire, de longs moments de silence qui n'en sont pas, qui ressemblent à ce qu'est le corps lorsque tout gronde à l'intérieur mais qu'on ne peut émettre le moindre son, il y a trop de confusion, trop de chaos, il faut attendre, attendre, un peu de clarté peut-être, un peu de paix dans tout ce fracas, pour qu'enfin les phrases soient à nouveau possibles."
Malheureusement, cette première impression positive s'est rapidement trouvée contredite. En effet, plus j'avançais dans ma lecture, plus ces reflexions se faisaient rares et, surtout, plus le roman me semblait mystérieux... Et quand je dis mystérieux, c'est parce que je pensais vraiment que, sous des scènes aussi vides et un style aussi plat devait se cacher quelque chose, une révélation, une idée géniale. Eh bien non. Je suis arrivé au point final sans rien découvrir. Parce qu'il n'y avait rien à découvrir. Et, en définitive, je me suis fait la réflexion tout au long du roman, que je n'avais lu que des mots.
"Ce ne sont que des mots", voilà une expression que l'on destine habituellement aux beaux parleurs, plus habiles à trousser de belles promesses qu'à réaliser des actes concrets. Et pourtant, cette phrase, elle a résonné dans mon esprit à maintes reprises, pendant que je parcourais Un temps fou. Car rien de concret ne se dégageait de ces lignes : l'amour fou que ressent la narratrice pour l'homme aux yeux gris avec lequel elle a passé une nuit entière à discuter ne s'exprime que dans des images excessives, stéréotypées, du genre : je plonge dans son regard, je vacille quand il s'approche, je m'enflamme, je brûle, je suis prise par le désir... Oui, et alors ? Moi, j'en veux plus, je veux savoir ce que cela signifie et je veux le savoir par des gestes, des regards, des façons de parler ou de ne pas parler, des façons de réagir, de modifier son comportement, de bouleverser ses habitudes ou, au contraire, de ne rien changer et de contenir cet amour fou, au prix d'un sacrifice et d'une douleur démesurés (la dernière option semblant la plus adaptée pour expliquer les intervalles de temps (9 ans, 5 ans, 2 ans) entre deux rencontres avec l'homme qui, prétendument, occupe toutes les pensées de la narratrice). A défaut d'avoir trouvé ces manifestations concrètes de la passion, je n'ai tout simplement pas pu y croire. Pour moi, elle n'existait pas, n'avait ni forme, ni goût, ni odeur, ni couleur. Elle n'était que des mots.

TARDIEU_un_temps_fou

Bien sûr, vous me rétorquerez qu'un roman, ce n'est, par définition, rien d'autre que des mots, de l'encre posée sur du papier. Ce à quoi je répliquerai : "Eh bien non !" Un roman, ce sont des images, des sons, des odeurs (Le Parfum de Süskind est l'exemple évident), des sensations (essayez de supporter le froid de La Délégation norvégienne d'Hugo Boris, pour voir). Alors quand on ne voit rien d'autre que de l'encre posée sur du papier, c'est la grosse déception.
Déception entretenue par beaucoup d'autres points noirs. En vrac :
Pourquoi répéter dix fois la même chose ? Par exemple : "Je plonge dans son regard", "Quand il s'approche, je vacille et j'ai l'impression que je vais tomber", "Je l'ai rencontré dans un soirée où les gens dansaient autour de nous et nous avons discuté toute la nuit", sont quelques uns des leitmotiv plutôt agaçants de ce roman.
Pourquoi ne pas nommer les personnages pendant plus de la moitié du bouquin, puis, subitement, leur donner des prénoms ? Est-ce parce qu'avant ça, il y a l'amour pour cet homme aux yeux gris, et que cet amour fou efface tous les autres protagonistes ? Mais alors, pourquoi cet homme là n'a pas non plus de prénom ?
Pourquoi écrire très longtemps de façon linéaire puis se mettre subitement à mélanger les époques ? Pour complexifier une intrigue inexistante ?
Pourquoi insérer des souvenirs d'enfance qui n'apportent rien, n'éclairent en rien cette passion brûlante et sont, eux aussi, composés de nombreux clichés ?
Pour finir, je voudrais simplement reprendre un commentaire, fait sur mon blog par Catherine, de la Librairie Pages d'Ecriture qui avait écrit : "Laurence Tardieu est aussi un excellent choix. J'attends l'avis avec impatience car dans mon expérience, il plaît aux femmes mais beaucoup moins aux hommes".
Bon, eh bien voilà, il semblerait que je confirme cette statistique. Néanmoins, comme il y a quand même moins d'hommes qui lisent des romans, puis-je me considérer comme un échantillon représentatif ?
Par ailleurs, dans la foule d'avis positifs qui ont été écrits à propos de ce livre, j'en ai quand même trouvés deux qui vont dans le même sens que le mien (ou alors, c'est plutôt moi qui vais dans le même sens, puisque je suis arrivé après) et ils ont touts les deux été écrits par des femmes : Yspaddaden et Enna.
La conclusion est sans doute que statistiques et littérature ne font pas bon ménage. 

(Bon, allez, pour rééquilibrer un peu, je mets quand même le lien vers l'avis (positif) de Catherine).

 

Posté par SebastienFritsch à 14:05 - Lire - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

11 novembre 2009

Soirée lecture et dédicace à Paris

Le mardi 24 novembre, je suis invité par la boutique "Les Mégères", située dans le XIIè arrondissement de Paris, pour une lecture d'extraits de mes trois premiers romans... et, peut-être, si vous êtes sages, de quelques passages du quatrième, terminé depuis peu et pas encore publié.
Je dédicacerai évidemment avec plaisir l'un ou l'autre de mes livres (ou les trois d'un coup) à ceux qui n'ont toujours pas leur exemplaire personnalisé. En effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, je me suis laissé dire qu'il y avait encore des gens dans cette fâcheuse situation.
La grande question est de savoir quels extraits choisir... 

Le lieu précis, c'est :
Boutique Concept Les Mégères
16 Rue de Cotte
75012 Paris

01 43 07 05 79

M° Ledru Rollin

Le temps de la rencontre c'est de 18 heures à 21 heures.

Et quoi qu'il arrive ce soir-là, je sais qu'il y aura au moins une mégère, et une vraie, dans les parages...

Mais que cela ne vous empêche pas de venir nombreux ! 

Posté par SebastienFritsch à 09:55 - Derrière toute chose exquise - Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Jerome K. Jerome - Trois hommes dans un bateau

Ce roman raconte l'histoire de trois amis, anglais, paresseux et imbus d'eux-mêmes, qui décident de faire une ballade de deux semaines sur la Tamise. Autant dire qu'il n'y a pas d'histoire. 

Jerome_3_hommes_dans_un_bateau

Mais peu importe, cette promenade en bateau n'est qu'un prétexte : à découvrir la société anglaise de la fin du XIXè siècle et surtout à rire. L'auteur a en effet une plume alerte et expose des situations qui sont plutôt amusantes, bien que quelque peu désuètes. Oui, mais, voilà, au bout de quelques dizaines de pages, les aventures de nos trois pieds nickelés, entrecoupées de multiples anecdotes issues de leurs passionnantes vies de dandies fainéants et hautains, finissent par se répéter. Et si, au début, on sourit, on en vient quand même très rapidement à retenir des bâillements, comme quand on était enfant et qu'un vieil oncle n'en finissait plus d'enchaîner ses souvenirs de service militaire à la fin des repas de famille. Et, de même qu'il était impossible de ne pas s'assoupir en bout de table, bercé par la voix inextinguible du fâcheux parent et un peu alourdi par la viande en sauce et les pâtisseries grasses, on laisse les trois énergumènes de Jerôme K. Jerome s'éloigner peu à peu dans le courant de la Tamise... et aller se perdre à un endroit où l'on n'aura pas tellement envie d'aller les rechercher.

Posté par SebastienFritsch à 07:29 - Lire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

06 novembre 2009

Michael Connelly - La Blonde en béton

Première rencontre avec cet auteur... qui se solde par l'envie d'en faire d'autres.
connelly_la_blonde_en_betonC'est un peu au hasard que j'ai choisi ce roman. Il n'est ni le premier ni le dernier dans lequel apparait l'inspecteur Harry Bosch, mais ce flic m'a bien plu. Et l'univers dépeint par Michael Connelly aussi.
Pourtant, l'ambiance n'est pas tellement joyeuse, ici. On commence par l'évocation d'une série de meurtres sadiques, survenus quatre ans plus tôt ; on continue par un procès un peu surréaliste dans lequel Bosch est mis en cause pour avoir joué les "cow boys" en descendant le principal suspect sans suivre la procédure officielle ; et on continue par la découverte de la brigade des moeurs de Los Angeles et du milieu sordide du X et de la prostitution, du fait que, malgré la mort certaine du coupable, les meurtres semblent reprendre... et ne touchent que des femmes de ce monde-là.
En assemblant tout cela, on réalise bien vite que Michael Connelly ne nous propose pas une gentillette promenade pour touristes dans la Cité des Anges. 
Pourtant, en suivant quelques jours de la vie d'Harry Bosch, on en apprend sans doute beaucoup plus sur la réalité californienne qu'en lisant le guide du Routard. Par ailleurs, outre son côté "instructif", ce roman propose un suspens parfaitement bien agencé, mêlant une facette juridique (avec le procès de Bosch) à une enquête policière (puisque les meurtres ont repris, il faut bien trouver un autre coupable, non ?). Et d'un côté comme de l'autre, l'auteur n'est pas avare en rebondissements, en surprises et en fausses pistes (destinées à nous faire croire qu'on est suprêmement intelligents parce qu'on pense avoir tout compris... et en fait, pas du tout). Finalement, les pages tournent toutes seules, on s'interroge et on s'inquiète, on veut savoir le fin mot de l'histoire et, une fois qu'on le connait... on en redemande ! 

Posté par SebastienFritsch à 16:40 - Lire - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

05 novembre 2009

Philippe Besson - L'Arrière-saison

L'idée de départ était bonne, mais le résultat est plutôt décevant. 
Initialement, Besson s'était mis en tête de raconter l'histoire des personnages d'un tableau d'Edward Hopper. Comme j'aime le travail de ce peintre et que j'ai aussi une fâcheuse tendance à broder des histoires à partir d'une simple image (plus souvent une scène aperçue dans la rue qu'un tableau, mais le principe est le même), je me disais que nous avions au moins deux points communs, Philippe Besson et moi, et que nous allions nous retrouver. Ce ne fut pas le cas.Besson_l_arriere_saison
Tout d'abord, la méthode narrative employée est plutôt agaçante. Pas dès le départ, puisque l'auteur commence par exposer les réflexions personnelles que se font, in petto, les deux premiers personnages présents (la femme à la robe rouge et le serveur). Même s'il y a déjà quelques longueurs, ça peut passer. Mais c'est ensuite, quand un puis deux autres hommes entrent dans le café, que les choses se gâtent. Car on assiste alors à des échanges de paroles entrecoupées de longues explications sur chacune des phrases prononcées, sur leur sens, le ton employé, l'historique que sous-tend chacune de ces répliques. 
Ensuite, le style est étrangement plat, froid. Les explications dont je parle plus haut, faites au présent, sont un descriptif dans lequel je n'ai trouvé aucune âme, ayant l'impression parfois de lire des constatations d'huissier plutôt qu'un roman. Et puis, ce qui n'arrange rien, c'est que ce style est parsemé de ce que j'appellerais des "fautes de goût". En effet, régulièrement, surgit l'un ou l'autre mot qu'on sent ne pas être à sa place. Soit parce que son sens est totalement décalé, exagéré, soit parce qu'il appartient à un registre lexical totalement différent de celui qui prévaut tout le reste du temps. Je me souviens notamment du mot "fortiche" qui apparait pour décrire l'incapacité de l'un des personnages à exprimer ses sentiments. Tout cela sent l'utilisation inconsidéré d'un dictionnaire des synonymes. Enfin, bon, c'est mon humble avis.
Le troisième point négatif, à mon sens, est le manque total de cohérence du roman. Les personnages changent d'état d'esprit sans cesse, oscillant du regret à la haine, de l'amertume au désir, de l'affliction la plus profonde à l'envie subite de manger un bon et gros sandwich. Evidemment, les personnages sont bouleversés, mais ces bouleversements sont exposés avec un certain manque de finesse. 
D'autant plus (quatrième grief que je ferai à ce roman) que l'auteur nous prend pour des demeurés, au point de répéter deux ou trois fois certains mots où certaines phrases, sous des formes différentes. Une fois encore : merci le dictionnaire des synonymes. 
Trois exemples (tirés d'un seul et même paragraphe) : "Dès l'instant qu'elle ne l'a pas chassé, elle a admis sa présence à lui, elle a concédé implicitement qu'elle acceptait cette présence, elle en a fait quelque chose d'acquis, d'incontournable, sur quoi on ne reviendrait pas. Alors, il force sa chance. Il pousse Louise à reconnaître qu'elle souhaite, au fond d'elle, qu'il ne parte pas, qu'il reste".
Enfin, le dernier élément qui m'a déplu, ce sont les libertés que l'auteur a pris avec le tableau. Il commence par décrire la robe rouge et l'habit du serveur : jusque là, tout va bien. Mais ensuite, quand les hommes arrivent, aucun n'a de chapeau ni de cravate. Ils sont en tee-shirt. On comprend vite que l'histoire ne se passe pas en 1942, date à laquelle Edward Hopper à peint "Nighthawks". On le comprend d'autant plus quand la femme à la robe rouge sort son portable. Ah ! Quelle belle invention que le téléphone portable ! Cela permet de faire intervenir des personnages extérieurs et d'apporter des rebondissements de la façon la plus facile qui soit. Surtout quand il sonne (comme par hasard), au moment où l'un des hommes présents s'éloigne pour aller aux toilettes (encore une facilité scénaristique, selon moi). Et puis, l'histoire ne se passe pas à New-York, en pleine nuit, comme dans le tableau, mais à Cape Cod, en début de soirée, au moment où le soleil descend sur l'horizon.
Evidemment, ce n'est qu'un détail. Mais il ne faut pas dire que l'on raconte l'histoire d'un tableau quand on change des éléments du tableau.
Par ailleurs, je me suis renseigné sur ledit tableau et il apparait qu'il provient lui-même déjà d'une histoire... écrite par Hemingway. Et parmi les personnages représentés par Hopper, il y en a deux auxquels Hemingway avait donné un rôle de tueur... Là, ça doit être intéressant...  

Pour être complet (et rendre justice au peintre) voici une vue complète du tableau évoqué : 
hopper
Edward Hopper - Nighthawks (1942) - Art Institute of Chicago

Posté par SebastienFritsch à 14:24 - Lire - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

29 octobre 2009

Salon du Livre de Chazay d'Azergues

Samedi 14 novembre, de 10 heures à 19 heures, je participerai au Salon du Livre de Chazay d'Azergues, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon. Toutes les infos sur l'affiche ci-dessous : 

Salon_Chazay

Posté par SebastienFritsch à 13:02 - Derrière toute chose exquise - Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

26 octobre 2009

Jean-Paul Dubois - Parfois je ris tout seul

Parfois je ne ris pas du tout.
Parfois je ne souris même pas.
Parfois, je soupire d'ennui.
Parfois je suis consterné.
Parfois, j'hésite à abandonner.
Parfois, je me demande pourquoi j'ai voulu tenter de nouveau de lire cet écrivain qui m'avait déjà déçu.
Parfois je me demande comment on peut écrire des textes pareils, en rabachant tous les poncifs éculés de la haine conjugale, de la haine filiale, de la haine du voisin, de la haine bête et méchante, sans même un peu d'imagination ou de classe.
Parfois je me demande comment on peut publier des bouquins pareils, avec une quatrième de couverture aussi mensongère ("Entre Beckett et Desproges, des chroniques féroces et excessivement drôles" (je cite de mémoire). Pauvre Beckett ! Pauvre Desproges !)
Parfois, je me demande comment on peut vendre ces mêmes livres.
Parfois, je me demande comment on peut les acheter.
Et puis je me souviens que ce livre, je l'ai trouvé, avec d'autres, à la bibliothèque de mon quartier, qui les soldait à prix d'ami, au profit d'une association d'aide à l'enfance. Alors, je souris tout seul. Merci pour eux, monsieur Dubois.

Dubois_parfois_je_ris_tout_seul

Posté par SebastienFritsch à 08:01 - Lire - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

24 octobre 2009

Jacques Poulin - Le Coeur de la baleine bleue

C'est le hasard, sans doute, mais après cinq mois sans ouvrir un livre, les deux premiers qui me passent entre les mains m'apparaissent avoir quelques points communs. Non, je n'ai pas dit que le style de Jacques Poulin et celui d'Emmanuelle Pagano se ressemblaient. Ils sont même très distants l'un de l'autre. Simplement, dans Le Coeur de la baleine bleue, la mort, la solitude et la tristesse sont tout aussi présentes que dans Le Guide automatique
Ici, cependant, c'est dans la douceur que l'on visite ce pays solitaire et mélancolique qu'est la vie de Noël. Ce narrateur, apprenti écrivain, comme il se définit lui-même, n'est pourtant pas seul, en apparence. Sa femme Elise, le voisin Bill, le docteur Grondin (le chirurgien qui lui a fait une transplantation cardiaque), mais aussi la concierge, une serveuse poétesse et puis "la baleine bleue" : plein de gens tournent autour de lui.
Poulin_le_coeur_de_la_baleine_bleuePourtant, il est vraiment seul : seul face aux questions qui lui viennent à propos du coeur qu'on a greffé à la place du sien (un coeur de jeune fille qui, depuis qu'il bat dans sa poitrine, lui donne l'impression de ne plus être le même, d'être devenu plus doux) ; seul face au roman dans lequel il essaie d'avancer (mais l'histoire lui échappe, il ne parvient pas à rejoindre son "pôle intérieur", pour puiser ce qui manque à son histoire). Elise lui dit d'ailleurs qu'elle l'attendra "de l'autre côté" ; ce qui veut dire qu'elle restera dans l'attente, jusqu'à ce qu'il ait fini son roman et qu'il soit revenu de ce voyage en solitaire.
On retrouve ici l'un des thèmes importants de Jacques Poulin : le travail de l'écrivain. Et il en dit encore de belles choses. 
Mais l'on retrouve aussi des lieux qui lui sont chers. Et c'est dans le Vieux Québec qu'il choisit de nous entraîner, pour que nous suivions Noël dans ses promenades sur les lieux de son passé. Des promenades... solitaires.
Pour finir, je reviendrai à ce que je disais en introduction : les points communs entre ma précédente lecture et celle-ci. J'en vois effectivement un autre : la capacité de ces deux auteurs à nous emporter dans leurs décors, à nous les faire visiter, à la fois par les descriptions mais aussi par les sensations que peuvent offrir ces lieux, des sensations très bien rendus, au travers du regard de leurs narrateurs. Car, en fin de compte, c'est peut-être plutôt l'intérieur de leurs personnages que nous sommes invités à parcourir. Pour sentir battre en nous ces coeurs qui ne sont pas les nôtres.  
 
Un passage :
- Pourquoi un homme commence-t-il à écrire ?
- Peut-être parce qu'il a du mal à vivre...

Posté par SebastienFritsch à 07:26 - Lire - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

22 octobre 2009

Emmanuelle Pagano - Le Guide automatique

Courte nouvelle, mais marquée des mêmes qualités que les deux romans du même auteur que j'ai déjà lus (Les Adolescents troglodytes et Les Mains gamines) : l'écriture est à la fois poétique et "directe" (voire crue) ; l'ambiance rurale est d'un réalisme touchant : plutôt triste, car empreinte de solitude et de deuil, mais si bien dépeinte (grâce cette écriture unique, justement) ; certaines idées sont plutôt originales, comme celle de ce vieil homme qui se met à raconter des histoires locales (vraies ou inventées) dès qu'on ouvre la porte derrière laquelle il se tient (d'où le titre de la nouvelle), mais en même temps, Emmanuelle Pagano aborde, une fois encore, des thèmes universels qui nous touchent tous (ici, c'est la vieillesse, la décrépitude et la mort).
Tout cela est, une fois encore, présenté avec une dureté (et parfois une certaine cruauté) qui est l'une des particularités du style d'Emmanuelle Pagano. Une particularité qui donne à ses écrits un côté un peu étrange et, en tout cas, déstabilisant.
C'est donc un très beau texte et, en même temps, un texte "coup de fouet", autant par la rapidité de la lecture que par les scènes qu'il expose et qui secouent.


Pagano_le_guide_automatique

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'avis d'Antigone (qui, une fois de plus m'a influencé dans mes choix de lectures, au point que lors du dernier salon du livre de Bordeaux, quand j'ai vu le stand de l'éditeur de cette nouvelle (La Librairie Olympique), je n'ai pas pu résister).
Et pour en savoir encore plus, lisez ce que dit l'auteur
sur son site à propos de la genèse de cette histoire (ce petit texte de présentation est d'ailleurs repris sur la quatrième de couverture).  

Posté par SebastienFritsch à 12:31 - Lire - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Liste de lectures

Billet créé le 18/12/2007. Dernière(s) mise(s) à jour (Indiquée(s) par (+) avant le nom de l'auteur): 13/11/2009.
Légende en fin de billet.

A
Milena Agus - Mal de Pierre ......................................AA
Richard Andrieux - L'Homme sans lumière.................AA 

B
Honoré de Balzac - (R) Eugénie Grandet (*)...................AAA
Muriel Barbery - L'Elégance du Hérisson.......................0 (abandon)
René Barjavel - La nuit des Temps.......................AAA
Charles Baudelaire - (R) Le Spleen de Paris...................AAA.....Poésie
Tonino Benacquista - Malavita..................................A
Philippe Besson - L'Arrière-saison............................A
Christian Bobin - Une petite robe de fête (*)..................AA
Christian Bobin - La part manquante(*)........................AA
Hugo Boris - Le baiser dans la nuque..........................AAA
Hugo Boris - La délégation norvégienne.......................AA
Ray Bradbury -  (R) Chroniques Martiennes.............AAA
Chrystine Brouillet - Le Collectionneur.....................AA

C
Fabrice Caro - Figurec..........................................AAA
Didier van Cauwelaert - La vie interdite......................AAA
Blaise Cendrars - L'Or............................................AA
Javier Cercas - Les Soldats de Salamine...................A
Emil Cioran - Sur les cimes du désespoir.....................en pause....essai
Philippe Claudel - Les âmes grises.............................AA
Bernard Clavel - L'Ouvrier de la nuit............................AA
Jean Cocteau - Thomas l'Imposteur ............................AA
Solenn Colléter - Je suis morte et je n'ai rien appris.........AA
Michael Connelly - La Blonde en béton .....................AA
Emmanuel Crozet - Un pays Merveilleux .......................AA......Poésie

D
Didier Daeninckx - Camarades de Classe..................A
Hélène Dassavray - Les Ruines de la future maison.......AAA
Christophe Debien - L’affaire du boucher du Vieux-Lille.....AA
Philippe Delerm - Le Portique ...................................AA
Philippe Delerm - A Garonne (*)..(et ici aussi)................AA
Philippe Delerm - La sieste assassinée (*).....................AA
Philippe Delerm - Le Buveur de Temps.....................AA
Erri De Luca - Le contraire de un.........................A
Pierre Desproges - (R) Manuel de savoir-vivre à l'usage
                            des rustres et des malpolis...............AAA
Pierre Desproges - Chronique de la haine ordinaire II (*)...AAA
Pierre Desproges - (R) Dictionnaire superflu à l'usage 
                            de l'élite et des bien nantis..............AAA
Nicolas Dickner - Nikolski .....................................A1/2
Philippe Djian - Zone érogène.................................AA
Maurice Druon - (R) Tistou les Pouces Verts (*).................AAA
Jean-Paul Dubois - Maria est morte ..........................0
Jean-Paul Dubois - Parfois je ris tout seul...............0

E
Jean Echenoz - Ravel...................................... AA

F
William Faulkner - Tandis que j'agonise................. en pause
(+) Timothy Findley - La Fille de l'homme au piano...... en cours
Gustave Flaubert - (R)
Madame Bovary..........................A
Ken Follet - Le troisième Jumeau.............................AAA

Ken Follet - Code Zéro..........................................AAA
Ken Follet - Comme un vol d’aigles ..........................AAA
Ken Follet - Peur blanche (*).................................AA

G

Anna Gavalda – Ensemble, c’est tout........................AA

Anna Gavalda – L’Echappée Belle.............................AA
Julie Gravel-Richard - Enthéos...........................AA


H
Christelle Héron - Un jour, je serai grande (*)..................AA

Mary Higgins Clark - Nous n'irons plus au bois..............A

Robin Hobb - l'Assassin Royal (tomes 1 à 5) ................AAA
Andrew Holleran - Le Passant Chagrin.....................AA

 

I
John Irving - Une veuve de papier ...........................AAAA
John Irving - Les Rêves des autres ...........................AA
Jean-Claude Izzo - Solea (*).....................................A

J
Philippe Jaenada - Plage de Manacorra, 16h30..........AAA
Jerome K. Jerome - Trois hommes dans un bateau...A (abandon)
Thierry Jonquet
- Mon vieux (*)..............................A

K
Douglas Kennedy - L'Homme qui voulait vivre sa vie........AA
Milan Kundera - L'Identité ....................................AA

L
Michèle Lesbre - La Petite Trotteuse......................... AAA
Michèle Lesbre - Le Canapé rouge ........................AAA
Marc Lévy - Et si c'était vrai ? ................................A

M
Ian McEwan - Samedi........................................ A
Sève Maël - Couloir de Gauche .............................AA
Pierre Magnan - Le Sang des Atrides (*)..................AAA
Pierre Magnan - L'Aube Insolite.........................AA
Marcus Malte - Toute la nuit devant nous................A
Mathias Malzieu - Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi... 0 (abandon)
Henning Mankell L’homme qui souriait..................A
Henning Mankell - Les Chiens de Riga.................AA

Sandor Maraï - Les Braises .................................A
Martine Maury - Mathilde ou les Ecirs de la Passion.....AA
Martine Maury - Nul ne la prit fors le vent (*)..........AA
Martine Maury - La Dioné d’Ali (*).........................AA
Laurent Mauvignier - Loin d'Eux........................0
Stéphane Michaka - La Fille de Carnegie............AAA
Patrick Modiano - Accident nocturne ......................AA
Patrick Modiano - Dimanches d'août .......................AAA
Patrick Modiano - Dans le café de la jeunesse perdue... AAAA

N
Marie Nimier- La Reine du Silence ........................AA
Marie Nimier - La Caresse .................................0
Amélie Nothomb - Les Catilinaires........................AA
Amélie Nothomb - Le sabotage amoureux ...............A
Amélie Nothomb - Stupeurs et tremblements.(*)........AA
Amélie Nothomb - Péplum .................................0

O
Véronique Ovaldé - Et mon coeur transparent...... AAA

P
Arto Paasilinna - La Douce Empoisonneuse.........AA
Arto Paasilinna - Prisonniers du Paradis.............AA
Emmanuelle Pagano - Les Adolescents Troglodytes..AAA
Emmanuelle Pagano - Les Mains gamines............ AA
Emmanuelle Pagano - Le Guide automatique......... AA
Patricia Parry - Petits Arrangements avec l'Infâme......AAA
Patricia Parry - Cinq leçons sur le crime et l'hystérie....AAA
Franck Pavloff - Matin brun (*)...............................A
Ellis Peters - Une rose pour loyer...........................AA
Carmen Posadas - Petites Infamies ........................AA
Jacques Poulin - Les Grandes Marées.....................AA
Jacques Poulin - Le Vieux Chagrin.........................AA
Jacques Poulin - Le Coeur de la baleine bleue.........AA
Philippe Puigserver - La Malicorne......................AA

Q
Yann Queffelec- Moi et Toi ................................0

R
Philip Roth - J'ai épousé un communiste .................000
Philip Roth - Un homme.................................AAA
Philippe Roucarie - Le paradis du grand loup blanc .....AA
Carlos Ruiz Zafon - L'Ombre du Vent (*)..................AAA

S
Eric-Emmanuel Schmitt - Petits crimes conjugaux ......AA.....Théâtre
Eric-Emmanuel Schmitt - L'Evangile selon Pilate ........A
Eric-Emmanuel Schmitt - La Rêveuse d'Ostende.....0 (abandon)
Luis Sepulveda - Un nom de torero ......................AA
Georges Simenon - Le suspect ............................A
Christine Spadaccini - Existe en ciel....................AAA

T
(+) Laurence Tardieu - Un temps fou......................A
Kressmann Taylor - Jour sans retour.................AA
Jean Teulé - Le Magasin des suicides(*)............. 0
Michel Tremblay - La Grosse femme d'à côté est enceinte (*).. 0 (abandon)

U
Emmanuelle Urien - La Collecte des monstres (*)......A

V
Zoé Valdés - Miracle à Miami........................ 0 (abandon)
Zoé Valdés - Danse avec la vie....................... en cours (en pause)
François Vallejo - Ouest ..................................0
Mario Vargas Llosa - Qui a tué Palomino Molero?(*)..AA
Mario Vargas Llosa - La fête au bouc ...................AAAA
Fred Vargas - Les jeux de l'amour et de la mort......AA
Fred Vargas - Ceux qui vont mourir te saluent (*)....AA
Fred Vargas - Un peu plus loin sur la droite ..........AA
Fred Vargas - Debout les morts...........................AAA
Vercors - (R) Le silence de la mer............................AAAA
Boris Vian - (R) L'Ecume des Jours (*).......................AAAA
Boris Vian - (R) L'Automne à Pékin..........................AA

W
Herbert George Wells - (R) La Guerre des Mondes ........AA
François Weyergans - Je suis écrivain (*)..............AA
Oscar Wilde - (R) - Le Portrait de Dorian Gray.......... AAAA

Z
Stefan Zweig - (R) La confusion des sentiments (*) (voir ici aussi)..AAAA

------------------------
Les titres qui comportent des liens renvoient vers les avis publiés sur ce blog. Les liens suivis d'une astérisque renvoient vers des messages qui comportent des avis très courts, souvent sur plusieurs livres en même temps, ou même simplement une citation.
L'évaluation indiquée, tout à fait subjective et personnelle (évidemment), doit se lire ainsi :
- 0 sont les romans que je n'ai pas finis (je précise alors : "abandon") ou qui m'ont déplu
- A sont les romans peu intéressants, décevants, oubliables.
- AA correspondent aux ouvrages que j'ai aimés.
- AAA sont ceux que j'ai adoré
s
- AAAA sont ceux que je trouve exceptionnels, que j'ai lus ou relus et que je relirai sans doute.

Quand l'ouvrage n'est ni un roman, ni un recueil de nouvelles, cela est précisé (Poésie, Théâtre...).
Quand le nom de l'auteur est souligné, c'est qu'il s'agit d'un roman noir, d'un polar, d'un thriller, et tout ce qui ressemble un peu à tout ça.
Le (R) avant le titre (pour "Relecture") signifie que c'est une deuxième, troisième, quatrième (etc) lecture du même ouvrage.

Posté par SebastienFritsch à 06:17 - Lire - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

20 octobre 2009

Il est parti

C'est une étape, tout de même ! J'ai enfin envoyé le fichier de mon quatrième roman à mon "club de relectrices", celles sans qui mes trois premiers livres seraient bourrés de fautes d'orthographe et d'autres horreurs inavouables. Car même si on est persuadé d'avoir lu et relu suffisamment et d'avoir vraiment vu tout tout tout ce qu'il fallait voir, il reste toujours des fautes d'orthographe. D'ailleurs, il en reste même dans les bouquins définitifs. Mais je me console quand je vois que cette règle déprimante vaut aussi pour les grands éditeurs qui publient de grands auteurs. Mais bon, peu importe. Souhaitons simplement bonne chance à mes correctrices pour cette nouvelle mission !
Mon quatrième roman est donc parti, sorti de chez moi, lancé sur la suite du chemin, cette suite dont je ne suis presque plus maître. Bien sûr, si des fautes me sont signalées ou si des remarques me reviennent sur telle ou telle phrase qu'il vaudrait mieux éclaircir, je me replongerai encore un peu dans Invitation pour la petite fille qui parle au vent. Mais ce ne sera que des ajustements, de ces infimes serrages de boulons qui demandent juste un peu d'attention, mais ne nécessitent plus une immersion totale dans le roman. 
Tiens, qu'est-ce que je viens d'écrire ? "Immersion dans le roman" ? Mais dans ce cas, ce n'est pas le roman qui vient de partir : c'est moi qui vient de sortir de chez lui, de me lancer sur la suite de mon chemin. Oui, c'est sans doute plutôt ça, la réalité : me voilà libéré de cette histoire, disponible pour vivre autre chose.
Pour commencer, je vais pouvoir me remettre à lire. Je n'ai effectivement pas ouvert un seul roman depuis Plage de Manacorra, de Philippe Jaenada, lu au mois de mai dernier. Ma "pile à lire" à pourtant continué à croître. Difficile de savoir par quelle face l'aborder, maintenant. J'ai fait pourtant une petite tentative, hier soir : j'ai pris une courte nouvelle d'Emmanuelle Pagano : Le Guide Automatique. Une lecture "coup de fouet". J'en reparlerai.
Ensuite, je vais évidemment pouvoir commencer à laisser mûrir d'autres histoires, laisser grandir d'autres personnages. Certains d'entre eux attendent depuis plusieurs mois déjà. Ils n'ont eu droit qu'à quelques lignes griffonnées dans un coin : des noms, des lieux, quelques rouages essentiels de leurs vies, des titres de nouvelles ou de roman. Le chemin continue.
Enfin, je vais aussi continuer à me consacrer à tout ce qui n'est pas ma vie d'écrivain (en gros, tout ce dont je ne parle pas sur ce blog... et dont je ne parlerai pas plus aujourd'hui). C'est évidemment, une partie qui prend beaucoup de place (et encore plus depuis quelques mois et pendant les quelques mois qui viennent) et il y a donc fort à parier que la léthargie dans laquelle est plongé ce blog depuis mai dernier va se prolonger... avec quand même, de-ci de-là, quelques petits sursauts d'énergie.
Ceci étant, si vous  voulez vous assurer que je vis toujours, venez me voir sur un salon du livre ou dans l'une des librairies où je vais dédicacer mes romans prochainement.
A bientôt. 

Posté par SebastienFritsch à 14:23 - Vous avez dit écrivain ? - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Derrière toute chose exquise - rencontres programmées

Voici la dernière mise à jour des dates de dédicaces de "Derrière toute chose exquise", en librairie ou lors de salons du livre. J'ai rajouté encore deux dates en décembre 2009 à la fin de la liste, et une autre pour début 2010.

derriere_toute_chose_exquise_couv

Dédicaces pour l'année 2009 :
Samedi
28 février ((15 h à 18 h) : Librairie Decitre St-Genis-Laval (Rhône)
Samedi
7 mars (16 h à 18 h) : Librairie Develay - Villefranche/Saône (Rhône)
Samedi
14 et dimanche 15 mars : Salon du Livre de Paris
Samedi
4 et dimanche 5 avril : l'Escale du Livre - Bordeaux (Gironde)
Vendredi
10 avril : Librairie Pages d'Ecriture - St-Yrieix-La-Perche (Haute-Vienne)
Samedi
11 avril : Librairie Marbot - Périgueux (Dordogne)
Samedi
16 mai (15 h à 18 h) : Librairie Spirale - Oullins (Rhône)
Dimanche
17 mai (10 h à 18 h) : fête du Livre de Beauchastel (Ardèche)
Jeudi
28 mai (18 heures) : invité de la Société des Ecrivains Lyonnais, lors de sa réunion trimestrielle (au 3 rue St-François, Lyon 2è)
Samedi
6 juin : Librairie Roux - Boulieu-lès-Annonay (Ardèche)
Dimanche
2 août (14 h 30 à 18 h 30) : rencontres littéraires de Châteauneuf de Randon (Lozère)
Samedi 10 et dimanche 11 octobre : Festival du Polar de Saillans (Drôme)
Vendredi 23 (matin) et dimanche 25 octobre (toute la journée) : Fête du Livre de St-Etienne (Loire)
Samedi 14 novembre : Salon du Livre de Chazay-d'Azergues (Rhône)
Samedi 21 et dimanche 22 novembreSalon du Livre de Colmar (Haut-Rhin)
Mardi 24 novembre : Soirée Lecture & Dédicace à la Boutique Les Mégères (Paris 12)
Samedi 28 novembre : marché de Noël du Centre Scolaire La Favorite à Lyon (Rhône)
Vendredi 11 décembre (16h00-19h00) Librairie Decitre à Chambéry (73)
Samedi 12 décembre (15h00-19h00) : librairie Decitre à St-Genis-Laval (69) 
 

Et en 2010 : 
Samedi 14 et dimanche 15 février : Salon du Livre de Provins (77)

Posté par SebastienFritsch à 14:05 - Derrière toute chose exquise - Roman - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

18 octobre 2009

Fête du Livre de St-Etienne 2009

Le week-end prochain, je participerai à
la 24è Fête du Livre de St-Etienne.

Je serai présent
le vendredi 23 octobre de 9h30 à 14h00
et le dimanche 25, de 10h00 à 18h00.

Je serai accueilli par la Librairie de Paris,
sur le stand
G13


Fete_du_livre_st_etienne_2009 

Bon, je crois que j'ai tout dit. Le reste est à découvrir dans les pages de mes romans...

 

Posté par SebastienFritsch à 09:38 - Derrière toute chose exquise - Roman - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

15 octobre 2009

Ladylike Dragons - 13 minutes

Il y a quelques mois, j'avais repéré sur le blog de François Alquier un trio dénommé "Ladylike Dragons". Bien sûr, puisque c'est son métier, François en présente beaucoup, des musiciens. Certains ne sont pas du tout ma tasse de thé, d'autres me plaisent bien mais sans plus... et puis, il y a des groupes comme celui-là.
La vidéo qui était présentée ("13 minutes" que j'ai insérée ci-dessous) et les quatre titres écoutables sur leur Myspace m'avaient séduit d'emblée. Ceux qui parcourent mon blog savent que j'aime assez les contrastes (ceux qui ont lu mes romans doivent également l'avoir compris). Or, Ladylike Dragons parvient à allier de façon fort agréable une belle énergie (voir une rage puissante dans certains passages de certains titres) avec un délicat sens de la mélodie. Tout cela est mis en oeuvre sous des formes elles aussi très variées et contrastées : changement d'ambiance d'un titre à l'autre, changement de rythme au sein d'un même titre, un zeste de cordes par-ci, un soupçon de claviers par-là... Enfin, pour parfaire le tout, il faut quand même signaler que la demoiselle qui chante a un beau brin de voix (autant dans les moments de "rage" que dans les passages plus calmes) et elle et ses deux compères savent manipuler leurs instruments avec une belle dextérité qui permet à leurs compositions d'être un peu plus élaborées que les traditionnels boum-boum-boum que l'on entend si souvent. 
En conclusion, ayant appris que leur premier album sortait le lundi 12 octobre, j'ai fait l'acquisition de la chose dès le jour J et j'ai pu aller un peu plus loin dans l'exploration des qualités de ce trio. Et les 13 pistes du CD ne font que les confirmer.
En jetant une oreille sur leur Myspace, vous aurez déjà une bonne idée de ce qu'ils savent faire et des contrastes dont je parle plus haut : "Slavery" et "13 minutes" pour le côté sauvage et "The Wisdom of my faith" pour la douceur, avec, au milieu, un titre plutôt pop au titre si poétique : "Fuck off (the beautiful day").
Bonne écoute.

 

Posté par SebastienFritsch à 11:16 - Ecouter - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

10 octobre 2009

Festival du Polar de Saillans - 10 et 11 octobre 2009

Aujourd'hui et demain, je serai à Saillans, dans la Drôme, pour participer au huitième Festival "Anguille sous roche".
Je présenterai bien sûr "Derrière toute chose exquise", mais aussi "Le Sixième Crime", dont l'action se situe dans la Drôme, justement, sans oublier "Le Mariage d'Anne d'Orval". 

Les horaires : 14 h/19 h le samedi et 10 h/18h le dimanche. 
Et pour voir les autres salons du livre et autres dédicaces en librairie qui suivront, cliquez ici

Posté par SebastienFritsch à 07:05 - Derrière toute chose exquise - Presse - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

15 septembre 2009

Relire

Sur certains blogs d'auteurs, on peut parfois suivre les différentes étapes de la création d'un roman, les questionnements, les moments de joie ou de doute qui président à cette gestation. Pour ma part, je n'ai jamais été tellement porté vers ce genre d'exercice. Plusieurs raisons à cela. La première est peut-être que le présent blog ne répond pas tellement à la définition de ce que devrait être un journal intime sur le net : confidences, secrets et états d'âmes y sont plutôt rares.
Ensuite, il est évident (pour ma part, du moins) que quand j'écris, le temps m'est compté ; il en reste donc peu pour venir rédiger des billets par ici.
Enfin, et c'est là, en fait, le motif principal de mon silence à propos de l'évolution de mon quatrième roman (alors, dans ce cas, me direz-vous, pourquoi avoir écrit tout ce qui précède, sinon pour donner de la consistance au présent message, comme s'il fallait me rattraper de semaines de silence bloguesque ? Et la présente parenthèse n'est-elle pas là, elle aussi pour assurer ce remplissage ? Enfin bon, revenons-en à ce quatrième roman), à propos duquel j'ai pourtant déjà fait quelques allusions (ici et ) mais que j'ai commencé à vraiment pouvoir finaliser il y a seulement quelques mois, le motif principal de mon silence, disais-je donc, est cette simple évidence : tant que rien n'est fini, rien n'est sûr d'être fini.
Est-ce de la superstition ? Non, juste un certain pragmatisme : la vie et ses virages, l'envie de goûter ses joies et l'obligation de répondre à ses contraintes imposent parfois de laisser en suspens un roman. C'est ce qui m'est arrivé avec "Invitation pour la petite fille qui parle au vent". Débuté en janvier 2007, il a été mis en sommeil dès le mois de juillet suivant. Et quand je me suis penché de nouveau sur la couveuse en mars 2009 (entre-temps, j'avais quand même écrit "Le Sixième Crime" et "Derrière toute chose exquise"), rien ne me permettait de savoir si cette mésaventure ne surviendrait pas de nouveau. Heureusement, ce ne fut pas le cas : malgré quelques difficultés pour me remettre à l'ouvrage entre mars et mai, j'ai connu par la suite quelques coups de chance (même si la chance n'existe pas : c'est simplement le nom que l'on donne aux évènements imprévus dont on sait tirer parti) qui m'ont permis d'entrer de nouveau dans ce roman.
Et "entrer", il le fallait. Un peu maso sur les bords (mais il faut l'être pour écrire, cf ce qu'en disait un grand écrivain contemporain), je m'étais effectivement imposé des contraintes drastiques (plusieurs époques, plusieurs points de vues, plusieurs intrigues reliées par leurs protagonistes communs), contraintes qui nécessitaient une complète immersion dans mon histoire. Immergé, j'ai donc pu l'être, grâce à ces "coups de chance" dont je parlais : j'ai suivi mes personnages, je les ai laissé me montrer ce qu'ils avaient sur le coeur, me raconter leur passé, leurs passions, leurs désirs et leurs désillusions, me révéler aussi leurs petits défauts et leurs grands travers, voire, pour certains, me dévoiler certains pans dramatiques de leur existence que je n'avais jamais soupçonnés. En somme, cette phase d'immersion m'a permis de découvrir tous ces éléments dont on n'a pas connaissance à la première rencontre, mais qui ne se révèlent que lorsque l'on devient de vrais amis intimes. Et c'est seulement alors, après avoir créé ces liens d'amitié avec tous mes personnages, que j'ai pu écrire leur roman.
Parce qu'écrire (en tout cas pour moi) ce n'est pas inventer une histoire, c'est raconter des souvenirs. Des souvenirs inventés, bien sûr, mais travailler sur des souvenirs, même inventés, c'est un démarche très différente de celle qui consiste à aligner des paragraphes en laissant courrir son imagination du côté où le vent l'entraîne. Parce que tous ces souvenirs sont si présents qu'ils imposent eux-mêmes l'ordonnancement des phrases. Comme si, en fin de compte, je les faisais miens. Comme si les lieux, les évènements décrits, les paroles prononcées faisaient partie de mon propre passé. Un peu comme si je faisais de l'autofiction, mais en devenant d'abord schizophrène pour pouvoir vivre plusieurs autres vies que ma réelle et propre vie.
Bon, tout ça pour vous dire que, maintenant (depuis deux semaines, en fait) "Invitation pour la petite fille qui parle au vent" est arrivé au bout. Cela ne veut pas dire que le roman est achevé : cela veut dire que j'ai enfin rédigé la dernière scène, une scène qui était déjà clairement définie et décrite en détails depuis deux ans, mais qu'il fallait que j'atteigne en remplissant les vides qui restaient entre la première et la dernière ligne. Des vides pas si vides, puisque la majorité des chapitres était déjà définis (voire décrits en détails), mais qui ne pouvaient se remplir tout seuls, en laissant couler des mots et des signes de ponctuation comme on arrose des fleurs : il fallait y mettre aussi un peu de cet engrais qui s'appele la passion.
Maintenant que je suis arrivé au point final, que ma première et préférée lectrice a lu et approuvé la chose, je suis donc passé en phase de relecture. Ce qui, je le sais aussi, peut encore prendre quelques semaines, puisqu'il n'y a évidemment pas qu'une seule et unique relecture. Mais c'est une phase plus facile quand même. D'abord parce que je n'ai plus besoin de m'immerger dans le roman : je l'ai été, je le reste (des souvenirs pareils, ça ne s'oublie pas). Ensuite, parce que ça peut se faire sur des durées plus courtes : une heure par ci, une heure pas là, tandis que l'écriture demande un minimum de trois ou quatre heures de disponibilité totale.
Plus facile, donc, mais pourtant indispensable, la relecture. Parce que, même si parfois il n'y a pas grand chose à changer....

Invitation_page_1___2

... à d'autres moments on se rend compte qu'il valait mieux remettre l'ouvrage sur le métier.

Invitation_pages_49___52

Et après ça, il faudra saisir les corrections, puis relire, recorriger sans doute et relire encore. Jusqu'à ce que je puisse me dire que je pose enfin le point final. Pas celui du roman, qui existe déjà, mais celui de l'aventure qui a consisté à l'écrire.

Posté par SebastienFritsch à 10:07 - Invitation pour la petite fille qui parle au vent - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »