Sébastien Fritsch, Ecrivain

12 septembre 2017

Jo Rouxinol - Le Carnaval des Illusions

Jo Rouxinol - Le carnaval des illusions

Quelle belle plume que celle de cette auteur ! Fluide mais sans facilité, évocatrice mais tout en finesse, elle sait guider le lecteur, par petites touches, dans les deux univers qu'elle a choisi comme toiles de fond de son roman : le Brésil et la banlieue parisienne. Deux mondes que tout semble opposer, mais qui, surtout, peuvent aisément donner lieu à une avalanche de poncifs et de phrases toutes faites. On évite tout cela ici. Et l'on savoure alors la mélodie de cette écriture... qui sait aussi faire réfléchir. 
Car ce n'est pas uniquement pour nous offrir un beau texte que Jo Rouxinol nous propose de suivre Eva, revenue d'un long séjour à Rio et qui débute comme surveillante dans un collège de banlieue. Eva, dont la vie ne semble être qu'une succession de coups durs : l'enfance sans père, le début de l'adolescence marquée par la mort de sa mère, les années grises qui se suivent, l'absence pesante de son seul repère, et les amours tristes, sans lendemain, et le manque d'envie, de projet. Au milieu de tout cela, la lumière affleure pourtant ; et elle vient du Brésil : ce pays inconnu, Eva en a entendu parler toute son enfance, dans le chant de sa mère ou dans ses pas de danse ; alors pas étonnant que dès qu'un rythme de samba ou une mélodie en portugais lui arrive aux oreilles, elle se sente attirée. Et c'est ce qui la conduira finalement à Rio, sur les traces d'un homme dont elle est tombée amoureuse. Une manière de donner corps aux rêves que sa mère n'a jamais pu réaliser.
Mais les rêves peuvent prendre fin ; et brutalement, parfois. Et c'est ainsi que l'on découvre la deuxième vie d'Eva, celle qu'elle a dû reprendre depuis son retour en France, son quotidien au milieu des collégiens, des profs et des autres pions. L'Atlantique sépare ce décor gris et les longues plages de Rio, mais Jo Rouxinol alterne très finement le présent d'Eva et ses souvenirs brésiliens, puis remonte par moment vers sa lointaine enfance et nous suggère ainsi que, à Paris ou à Rio, les hommes, les femmes et les enfants du monde entier nourrisent les mêmes rêves et souffrent des mêmes désillusions.
Evidemment, ce n'est pas le premier roman qui nous conduit à cette conclusion ; mais celui-ci parvient à le faire avec élégance. Cela tient, comme je l'ai dit, à la mélodie de l'écriture ; mais cela vient aussi de la position prise par l'auteur, position délicate mais qu'elle réussit très bien à tenir : l'absence de jugement. Comme pour ses décors, Jo Rouxinol sait dépeindre ses personnages, adultes ou enfants, français ou brésiliens, avec réalisme et finesse, excluant les clichés et sachant donner à beaucoup d'entre eux un côté attachant. Mais surtout, à aucun moment elle ne se permet de les étiqueter, de les classer dans le camp des gentils ou des méchants. Elle nous laisse nous faire notre propre opinion ; ou rester dans le doute. Car tout est dans la nuance. Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc. Dans les lointaines favelas ou dans nos banlieues toutes proches, la violence, la manipulation, l'hypocrisie sont tout aussi présentes. Et sur chaque rive de l'océan, existent aussi la générosité, le partage, le courage, la volonté, le travail. Et en chacun d'entre nous, tout cela peut également se mélanger. Et l'on peut facilement basculer du côté clair au côté sombre ou inversement selon les étapes de nos vies. Ou pour la simple raison que l'illusion sur laquelle on avait bâtit toute sa vie finit par s'évanouir. 
Le titre du roman nous le suggère, et sa lecture nous le confirme : c'est bien cela le thème central de cette histoire : ces illusions qui jalonnent ou qui fondent nos existences. Les rêves d'enfance, les projets qu'on échaffaude, les histoires d'amour qu'on s'invente, les promesses auxquelles on s'accrochent, les mensonges qu'on refuse de comprendre, les rumeurs qui courrent, les a priori, les non-dits et les suppositions, les sous-entendus et les regards qu'on ne sait pas interpréter ou encore les gestes excessifs, desespérés, qu'on n'identifie pas comme des appels au secours. Ce sont là autant de visages différents de l'illusion. Et quand la musique s'arrête, quand le carnaval prend fin et que les masques tombent, elles ne valent plus grand chose sous la lumière brutale de la réalité.

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02 août 2017

Des lectrices...

... parlent de quelques-uns de mes romans : 

Se_retenir_aux_brindilles___Premi_re_de_couverture- Wendy a lu Se retenir aux brindilles et l'a trouvé "poignant" (voir son avis en suivant ce lien).
- Marie a vécu des "moments de frissons" avec le même roman mais a aussi relevé quelques points qui lui ont moins plu (et elle en parle ici).
- Colorandbook parle parle d'"Un roman qui l'a profondément touchée" (lire ici)


A propos d'Albédo, d'autres lectrices ont dit les petites choses suivantes : Albédo - 1ère Couv essai 1
- "Une très belle découverte littéraire" (selon HashtagLecture, dont l'avis est disponible ici).
- "Une formidable histoire d’amitié" et "un roman empli de douceur et de poésie" (sans oublier le suspense) (selon Marie, qui a écrit un billet de blog ici)
- "Une très belle lecture qui comporte une certaine morale sur la vie et l'amitié" (avis à lire sur le blog de NightTeck)
- "Une plume captivante", "un rythme très intéressant", "une histoire émouvante" (selon EllsyLou, dont la chronique est visible ici)
- "La plume de l’auteur est agréable à lire et fluide", "La structure du roman est excellente", "C’est un roman profond" a dit Anaïs... qui a pourtant été déçue par la fin (pour voir son avis complet, suivez ce lien).
- Et enfin Marie (qui avait été a moitié emballée par Se retenir aux brindilles, comme indiqué plus haut, écrit en conclusion de son billet sur Albédo : "Un texte magnifique qui m'aura émue. Un coup de cœur."

Merci à toutes ces lectrices pour avoir offert à mes romans le temps de leur lecture et le temps d'écrire ces avis. 
En espérant que cela suscitera quelques vocations chez d'autres lecteurs potentiels.
Pour découvrir ces deux romans plus en détails, cliquez simplement sur les couvertures.

La Lectrice - Besopha - Flickr

 

Auteur de l'image : Besopha

       

 

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22 juillet 2017

Serge Joncour - L'amour sans le faire

Rendez-vous manqué entre ce roman et moi. Je partais pourtant avec des préjugés favorables : le titre, original, énigmatique, mélodieux ; les nombreux échos positifs ; et la curiosité, qui me poussait à vouloir comprendre le paradoxe que cet écrivain me semblait représenter. Croisé plus d'une fois dans des salons du livre (dans lesquels il était bien souvent la "star" et moi l'un des multiples auteurs secondaires), il avait fait naître dans ma petite tête une grande interrogation : comment cet homme, avec son allure rappelant plus un bûcheron qu'un poète romantique, pouvait-il avoir la plume tendre et belle que certains lui prêtaient et travailler sur le thème si délicat des sentiments ?
Alors j'ai voulu la connaître, cette plume, et voir comment les sentiments prenaient vie par les mots qu'elle agençait. Et le début du roman m'a enchanté : des images simples, des phrases belles et évocatrices, donnant chair à la solitude, au mal-être, à des douleurs nées de séparation, d'incompréhension. Deux personnages, Louise et Franck, alternant le premier rôle d'un chapitre à l'autre, se dessinaient ainsi, par épisodes microscopiques, petits morceaux de leurs vies tristes.
Et ce qui m'avait plu en entrant dans ce livre finit rapidement par me lasser : l'alternance me sembla rapidement n'être qu'un artifice ; la simplicité de ces deux vies m'apparut finalement très vide. Je me fis la réflexion que ces deux personnages étaient caricaturalement limités, dans leurs existences, dans leurs envies, dans leurs réactions. Et même si l'on s'éloignait du territoire germanopratin dans lequel nombre de personnages de romans vivotent en s'auscultant le nombril, j'avais l'impression de retrouver ces thèmes mille fois rabâchés et remâchés dans les romans contemporains français : l'amour triste, l'amour bancal, l'amour fragile, l'amour qui veut mais ne peut, l'amour en entrée, en plat, en dessert, l'amour au café, l'amour barbotant finalement dans quelques millilitre d'un pousse-café sans parfum. Et, en conséquence, des personnages qui ne vont jamais au-delà d'eux-mêmes.
Je sais pourtant qu'il existe actuellement des écrivains français capables d'emporter leurs créatures vers des univers bien plus larges ; et, en nous entraînant à leur suite, de nous imposer des questions, de nous sortir de notre confort, de nous remuer autrement qu'en nous demandant quelques petits gémissements contrits. Et c'est peut-être là, le souci : après avoir lu Le Garçon, de Marcus Malte, ou encore La Septième Fonction du Langage, de Laurent Binet, ou Réparer les Vivants de Maylis de Kerangal, les amourettes tristounettes, qu'elles soient urbaines (cas le plus fréquent) ou campagnardes (comme dans le roman de Joncour), me semblent bien insipides. Ces trois auteurs dépassent largement le cadre de la petite existence de leurs personnages, ils nous transportent dans des temps, des lieux et des idées qui nous dépaysent, nous font, nous lecteurs, aller bien au-délà de ce que nous sommes. Alors, évidemment, tout roman qui passe après ça, a bien du mal à relever le défi.Serge Joncour - l-amour-sans-le-faire

Pour autant, je ne suis pas certain que la comparaison avec mes trois derniers coups de cœur puisse suffire à justifier le déclin rapide de mon intérêt pour L'Amour sans le faire. Il y a aussi, objectivement, des éléments propres à ce roman qui ont conforter mon sentiment de lassitude. Au fil des chapitres, on a l'impression de compulser un catalogue du malheur, le Manufrance des motifs de suicide ; tout y passe : le veuvage, l'alcoolisme, le harcèlement, le chômage, la solitude des villes, la haine des voisins à la campagne, les grossesses mal assumées, les enfants rejetés par leur mère, les parents paysans méprisés par leur fils intello... Trop, c'est trop. Et la manière dont cela est distillé, de chapitre en chapitre, donne l'impression, là encore, d'un artifice. Allons-y, tirons bien sur le pinceau pour que la peinture couvre plus de pages.
Ensuite, il y a le style : simple, avec de belles phrases, c'était l'idée que j'en ai eue, au départ. Mais bien vite, j'ai pu constater qu'il savait aussi être simple avec des phrases sans intérêt. Saviez-vous que les hirondelles quittent notre pays à l'automne parce que les insectes se raréfient ? Oui, sans doute. Mais on a quand même une explication de ce phénomène, lancée en ouverture d'un chapitre, comme si la méditation sur ce sujet était réellement indispensable. 
Autre point qui m'a agacé : le manque de réalisme de certaines situations. L'auteur n'a sans doute jamais connu le rachat d'une usine et les diverses étapes qui mènent à l'arrêt d'une activité et au licenciement de tous les employés. Louise travaille dans un endroit comme ça. Embauchée en CDI juste avant que des repreneurs rachètent le site et vident tout le stock... Situation plus qu'improbable. Et qui donne lieu à des scènes d'une vacuité confondante. 
Au moins, l'intérêt de ce roman, c'est qu'il m'a permis de tester un mode de lecture que je n'avais jamais osé tenter : étant trop attaché aux mots, à leur valeur, et craignant toujours de rater celui qui donnera la clé d'un roman, ou au moins d'un chapitre, je lis toujours avec beaucoup d'attention, repassant même parfois à plusieurs reprises sur certaines phrases. Eh bien, là, pour la première fois, j'ai expérimenter la lecture en diagonale ; et en lisant la première ligne de chaque paragraphe (même pas la première phrase complète), j'arrivais à la fin des chapitres en ayant rien perdu du sens (tout en ayant, évidemment, gagné pas mal de temps). Cela m'a convaincu d'abandonner cma lecture vers la moitié du livre.

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11 juillet 2017

S.J. Watson - Avant d'aller dormir

Roman étonnant. Tout d'abord parce qu'on se laisse prendre, emporter, on a envie d'avancer ; alors que, au bout du compte, cette histoire n'est pas vraiment captivante et ce roman pas vraiment réussi.

S

Pourtant, l'envie d'avancer existe bel et bien ; et c'est le seul intérêt du bouquin. Je m'explique : cette envie est en fait liée à deux éléments-clés (deux artifices, pourrais-je dire, si je voulais être méchant ; même si je ne pense pas que ce soit de la méchanceté : c'est surtout du réalisme : ce roman sent à plein nez la copie de premier de la classe de Sup de Thrill (Ecole Supérieure des Auteurs de Thrillers) qui a bien appris sa leçon et utilise gentiment toutes les formules qui fonctionnent (ce qu'on peut donc appeler des artifices)).
Le premier artifice est l'écriture : fluide, simple (voire simpliste), elle est à ce roman ce que l'emballage rouge et brillant est aux chips. On en bave, parce que notre oeil est frappé de plein fouet par une couleur attirante. Ensuite, il y une autre recette (astuce? ficelle?) qui emporte le lecteur de page en page, ce sont les petits bouts de réponses qui tombent de temps en temps. Les questions sont posées dès le départ, donc on veut des réponses. Et donc, on se dit, quand elles arrivent : "Ah, j'ai bien fait d'aller jusque-là ! Mais comme je n'ai pas encore toutes les réponses, je m'en vais continuer ma lecture ! Oh, qu'il est fort, cet auteur !".
Mais, au final, à quoi ces réponses répondent-elles? A pas grand chose. Bien sûr, les interrogations sont nombreuses, puisqu'on suit Christine qui a eu un accident il y a vingt ans et qui oublie tout ce qu'elle a vu et fait dans sa journée dès qu'elle dort. Fonction "total reset" et sans même picoler !
Chaque matin, il lui faut donc se prendre la même claque dans la figure : "Non, je n'ai pas vingt ans, j'en ai 47 ; et le mec qui est dans mon lit, ce n'est pas un coup d'un soir, c'est mon mari. Et ma vie est pourrie, parce que je ne fais rien de mes journées, je reste comme une cruche dans ma maison, sans même faire un puzzle ou regarder les Feux de l'Amour."
Pourquoi en est-elle arrivée là? (Non, pas à arrêter de regarder les Feux de l'Amour, mais à avoir la mémoire qui flanche dès qu'elle pique un roupillon). On aimerait le savoir, je ne le nie pas. Et c'est pourquoi on avance dans la lecture. Et c'est comme ça qu'on retrouve, de temps en temps, des petits bouts de réponses, ainsi que je l'ai dit plus haut. En fait, c'est comme à chaque fois qu'on pioche un chips dans le paquet et qu'on croque et qu'on se fait piéger par la dose d'exhausteur de goût que les méchants industriels de la littérature... non, pardon : que les méchants industriels de la bouffe aseptisée ont ajouté dans leurs livres... dans dans leurs chips, pardon. Ce procédé correspond à l'une des leçons de Sup de Thrill, et Wilson se devait de l'employer, un point c'est tout. Histoire de nous donner envie de continuer à baffrer, même si on sait que ça ne nous offre pas tous les bons nutriments que seuls cinq fruits et légumes par jour pourraient nous apporter. 
Mais... en fait, ce n'est pas vraiment tout. Parce qu'un thriller, si je ne m'abuse, c'est effectivement bâti sur des mystères et donc des questions, des tas de questions, plutôt flippantes, et des réponses toujours partielles, ou complètement fausses, en tout cas pas rassurantes du tout ; alors on continue à s'interroger, à se faire bouffer par le doute, par l'inquiétude, la peur, l'angoisse, la terreur... Mais pas dans Avant d'aller dormir.

Et pourquoi donc? Parce que les fausses réponses nous sont resservies en boucle de chapitre en chapitre (eh oui, comme Christine oublie tout dès qu'elle passe la nuit, il faut tout lui réexpliquer... et à nous aussi) ? Ou bien parce que les vraies réponses on les a comprises dès la centième page (sur 410)? Ou bien parce que pas mal d'éléments sont totalement irréalistes? Ou encore parce que le rythme, loin de susciter angoisse et élévation de la tension artérielle, est tout ce qu'il y a de plus plan-plan, mis à part un passage (je ne dis pas où ni quoi ni quand ni qu'est-ce, pour ne pas spoiler), comme si l'auteur s'était subitement rappelé la vraie définition du mot "thriller" (mais sans pour autant se dire qu'il allait réécrire tout le reste pour que ça colle) ? Ou parce que la fin est complètement ridicule, téléguidée (depuis la centième page (vide supra)) et encore plus irréaliste que le reste ? Ou alors parce que cette scène finale tombe comme un cheveu dans un paquet de chips et se conclut à la vitesse grand V, selon la méthode du "C'est comment qu'on l'arrête, ce vélo ? Bah, j'sais pas, je vais freiner avec les pieds."

Donc déception. Et grosse rigolade en lisant la quatrième de couverture (que je lis toujours après et pas avant), qui tartine des promesses de frissons à n'en plus finir et qui achève de me dilater la rate avec deux blurbs impayables de la part de deux écrivains que tout le monde connait pour être un peu chochottes sur les bords et fleurs bleues jusqu'au fond de leurs petits coeurs fragiles : Dennis Lehane (qui a eu "les nerfs à vifs") et Mo Hayder (qui a "dévoré de la première à la dernière page" (ce qui ne veut rien dire, vous en conviendrez)).
Quand je vous disais que ce roman était étonnant ! Même une fois refermé, il réserve des surprises !

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07 juillet 2017

7000 mercis !

Le voici, le voilà ! Le retirage du Sixième Crime vient d'arriver. Tout beau, tout frais, il va permettre à ce petit polar ensoleillé de continuer son cheminement au pays des lecteurs !

Et il était temps qu'il arrive : il ne me restait que 15 exemplaires sur les 600 qui avaient été imprimés initialement. Si l'on compte les 200 ou 300 ou 400 exemplaires vendus avant cela par mon éditeur précédent (qui ne m'a jamais donné de chiffres précis), cela fait donc entre 800 et 1000 exemplaires écoulés. Plutôt pas mal, non ? Mouais, si on veut... En fait, ça fait un peu peu par rapport au nombre d'exemplaires vendus sous forme d'ebook : un peu plus de 6000 à ce jour ! Et partout dans le monde, même si ce sont le Royaume-Unis et le Brésil (si, si !) où l'engouement a été et continue d'être le plus fort). (Et je ne parle pas de l'Italie, puisque ce sont surtout des exemplaires papier qui y ont été vendus... en attendant que soit finalisée la traduction actuellement en cours de relecture).

Alors, là, oui, c'est très très très très satisfaisant : se dire que près de 7000 personnes ont acheté ce roman, sous forme papier ou numérique, c'est une belle victoire ! Moi qui ne suis pas du genre très expansif (sinon, j'aurais peut-être choisi un autre métier qu'écrivain, vous ne croyez pas ?), j'ai envie de dire un très très très très grand merci à ces 7000 acheteurs qui, je n'en doute pas, ont dû partager, conseiller, échanger ce roman et faire en sorte qu'il ait bien plus que 7000 lecteurs.

7000

Et parmi tout ces lecteurs, je veux tout spécialement remercier ceux qui ont aidé à faire connaître Le Sixième Crime en publiant leurs avis en ligne, soit sur leurs blogs, soit sur Babelio ou Goodreads ou encore sur Amazon France, Amazon US, Amazon UK ou encore Amazon Brésil, pour n'en citer que quelques-uns.
Evidemment, j'ai aussi une pensée spécial pour une catégorie de lecteurs bien particulière : les libraires ! Ceux qui ont lu, aimé et conseillé Le Sixième Crime à leurs clients ont très largement participer à son succès. Sans pouvoir citer tous ceux qui m'ont fait confiance (dans l'Ain, le Limousin, en Ardèche, à Lyon et ses environs mais aussi partout en France et au-delà des frontières), je tiens à les remercier très chaleureusement. Ecrivain - livre - lecteur - libraire : c'est ce quatuor qui fait vivre la littérature !

Et maintenant ? Que faire ? Evidemment, continuer !
Alors, si je puis vous donner juste un petit conseil amical : allez-y, vous aussi ! Découvrez ce roman à la fois noir et ensoleillé, moitié polar et moitié réflexion littéraire. 

  • Pour obtenir un exemplaire papier, rendez-vous chez votre libraire, sur votre site de vente en ligne préféré ou directement sur le site des Editions Fin mars début avril
  • Pour télécharger un exemplaire numérique, suivez ce lien (il vous mène directement sur la boutique Amazon de votre pays).


Et soyez rassurés : à 5 € pour le livre de poche et 0,99 € pour l'ebook, vous ne serez pas ruinés !
Tiens, ça vaudrait peut-être le coup d'en acheter plusieurs pour les offrir, non ?

Retirage L6C - A plat


PS : au fait, vous n'auriez pas une petite idée d'anagramme que l'on pourrait écrire avec le mot MERCI ?

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04 juillet 2017

Philippe Claudel - La petite fille de Monsieur Linh

Philippe Claudel - La petite fille de Monsieur Linh

La guerre, le deuil, le dénuement, l'exil, la solitude. La vie de Monsieur Lihn se résume en ces quelques mots. Il n'a plus rien, plus personne. Il n'a que ses souvenirs, les beaux et les noirs ; il n'a que les vêtements qu'il porte ; il n'a qu'une photo du couple qu'il formait, il y a longtemps ; il n'a qu'un sachet de terre de son pays ; il n'a qu'une valise pour protéger tout cela ; et il n'a plus que sa petite fille comme dernier représentant de sa famille décimée. Il la serre contre lui, la nourrit, la cajole, lui chante une chanson, toujours la même.
Puis il arrive dans un autre pays, est pris en charge par une association, est casé dans un dortoir. Il a un lit, des repas, des vêtements. Mais il lui reste le deuil, l'exil, la solitude ; auxquels s'ajoutent le mépris des autres réfugiés, le froid de ce pays si différent, sans repères, sans odeur et dont il ne connait pas la langue. Heureusement, il reste sa petit fille. Sa raison de vivre.
Voilà le thème initial de ce roman, celui qui apparaît tandis que Monsieur Lihn voyage entre sa terre natale et son pays d'accueil, puis s'installe sur ce sol étranger. Ce thème se résume en quelques questions : pourquoi vivons nous? quelle motif nous pousse à avancer, même après avoir tout perdu?
Bien sûr, tous les autres mots que j'ai écrits un peu plus haut sont aussi des sources de réflexion proposées par Philippe Claudel. L'exil, la solitude, le rejet, l'impossibilité de communiquer, la perte des repères.
En observant cet inventaire, on peut se dire que ce livre est d'une tristesse immense, malgré la tendresse des gestes de ce grand père consciencieux quand il s'occupe du bébé dont il a la charge. Une telle lecture doit immanquablement plomber les journées de ses lecteurs, peut-on imaginer, au premier abord. Mais il n'en est rien. Car, peu à peu, le sujet réel se fait jour. Et il est porteur d'espoir, porteur de la lumière que tous les mots évoqués précédemment cherchent à éteindre. En effet, dans cette ville froide et sans odeur, dans ce pays étranger, au milieu de ces gens qui l'ignorent ou se moquent de lui ou encore de ces bénévoles qui lui viennent en aident matériellement, mais sans apaiser sa détresse morale, le vieux Monsieur Lihn, découvre un trésor ; un trésor qu'il semble n'avoir jamais rencontré par le passé : l'amitié. Lui qui vivait uniquement pour sa petite fille (et ne voyait un sens à sa vie que dans cette présence), va avoir la chance de trouver quelqu'un d'autre, un solitaire comme lui, un homme perdu et affligé par la vie, comme lui ; et ils vont devenir amis. 
Dit comme ça, cela paraît simpliste, mais cette amitié, née sur un banc, dans le froid, au bord d'une avenue bruyante, est exceptionnelle. C'est une amitié sans mot (pourtant l'homme que rencontre Monsieur Lihn parle tous le temps, mais ils ne se comprennent pas) ; c'est une amitié faite uniquement de présence, de geste de réconfort ; une amitié née d'une reconnaissance : deux désespoirs, deux solitudes, deux nostalgies qui se trouvent et s'attachent l'un à l'autre. 
Le style de Philippe Claudel peut lui aussi paraître très basique : pas de grandes envolées lyriques, uniquement du concret, des moments de vie très pratiques, des souvenirs esquissés, des inquiétudes très primaires. Mais les phrases pour dépeindre tout cela s'avèrent ciselé, précises, parfaitement adapté au dénuement de Monsieur Lihn. On se retrouve ainsi plus proche de lui, dans les lieux qu'il parcourt et dans les questionnements qui l'habitent.
En conclusion, La petite fille de Monsieur Lihn est un roman touchant, beau et simple. Mais n'est-ce pas cela l'amitié : inutile de chercher les mots pour la décrire ; mieux vaut se contenter de la vivre. 

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02 juillet 2017

Marcus Malte - Le Garçon

Après les géants Hugo ou Balzac, les récents Camus et Vian, les encore-vivants Modiano et Djian, les écrivains actuels sont-il capables de nous offrir de grands romans ? Quand je dis "actuels", je parle des auteurs actifs dans les années récentes, sans pour autant truster les rentrées littéraires depuis l'époque pompidolienne. Marcus Malte en fait partie, de ces jeunes auteurs (comment ça ? on ne peut pas dire "jeune" pour un auteur de moins de cinquante ans ? Oui, bon, je sais, Marcus Malte les fêtera en décembre prochain, mais il est quand même plus jeune que tous les précités, alors, hein ! Et je ne dis pas ça parce qu'on est de la même génération, lui et moi ; fin de la parenthèse).
Marcus Malte - Le GarconLa réponse, évidemment, était dans la question : oui, il existe encore des auteurs capables de donner naissance à de grands romans. Et parmi ceux que j'ai lu récemment, il y a Laurent Binet et sa Septième fonction du langage, ou encore, vous l'aurez devinez, Marcus Malte et son Garçon. Je n'avais pas pris le temps de rédiger un avis sur le premier ; je ne veux pas manquer l'occasion de le faire pour le second.
L'histoire, mouvementée et tortueuse, je ne la résumerai pas (est-ce possible, d'ailleurs?) : je vous inviterai à lire les autres chroniques qui l'ont déjà fait. Je me contenterai de tenter d'expliquer mon jugement sur cette oeuvre, jugement que certains trouveront peut-être excessif. Mais c'est justement pour cette même raison que ce roman est à mes yeux exceptionnel : car il est excessif. Mais excessif sans exagération ; avec, au contraire, un grand réalisme. Et c'est l'un des tours de force de l'auteur. 
Excessif, en effet, le destin de ce Garçon, vivant tout d'abord coupé du monde, puis devenant orphelin dès le début de l'adolescence, et qui se distinguera toujours des autres humains par son incapacité à maîtriser le langage et à ressentir la peur. Il vivra par la suite avec la même intensité chacune des expériences que son cheminement lui imposera. Changeant de mode de vie, de lieu, de compagnons de route, il sera, à chaque fois, tout autant l'exemple vivant de l'engagement total que du renoncement absolu. 
Excessifs, les autres personnages : l'ogre Brabek, monstre de muscles, aussi tendre que cultivé ; la jeune et solitaire Emma, vivant sa vie avec tant de passion qu'elle est capable de jouer du piano sans discontinuer pendant des heures, à s'en meurtrir les doigts, dans l'espoir que la musique ramènera à la vie le Garçon, plongé dans le coma ; et dans les jeux de l'amour, elle se montrera tout aussi investie, à la fois quand il s'agit de comprendre et maîtriser les règles (toutes les règles possibles) des jeux de l'amour physique que de vivre, à distance, la pureté d'un amour fidèle, moteur d'un espoir si fort qu'il semble être capable, à lui seul, d'assurer le retour du Garçon auprès de celle qui l'aime.
Excessifs aussi les évènements qui parsèment la vie du Garçon : les morts se succèdent, mais il avance ; le dénuement, la maladie, la police lui tombe sur le dos, mais il avance ; la Grande Guerre le prend dans ses serres, mais il avance. Et, à chaque fois, il ne se contente pas d'observer ce qui se passe : il agit, il interfère dans le destin des autres, il l'améliore à chaque fois.
Alors vient cette question : qui est Le Garçon ? Au sens habituel que l'on donne à cette question, on est bien en peine de répondre. Il n'a pas de nom ; il est incapable de parler et donc de s'en donner un ; et il ne peut pas plus expliquer d'où il vient, ce qu'il a vécu ; enfin, orphelin à douze ans suite à la mort de sa mère avec laquelle il vivait seul dans une cabane à l'écart de toute autre présence humaine, il ne sait rien du monde ; il n'a aucune idée préconçue ; il est vierge de tout : de langage, d'identité, de jugement sur les autres. Est-ce suffisant pour parvenir, comme il le fait si bien, à se glisser dans la peau de tous les personnages qu'on veut lui faire jouer (garçon de ferme corvéable à merci, assistant d'un ogre de foire, amoureux et amant plongé dans les passions raffinées de la musique, de la littérature et du sexe, soldat déterminé, cruellement efficace, étonnamment increvable et magnifiquement héroïque)? Est-ce suffisant, cette virginité du "moi", pour qu'il soit capable de passer d'un attachement à un autre, sans se retourner, sans connaître les poisons du remord et du regret qui alourdissent si fréquemment nos pas? N'y aurait-il pas une autre raison pour expliquer les attitudes, les réactions de ce Garçon ? Est-il vraiment humain? N'est-il pas, plus justement, une allégorie de ces forces qui nous manquent parfois, de ces motivations qu'on ne parvient pas à trouver? Ce garçon n'a-t-il pas été conçu par l'auteur comme une sorte d'ange gardien, celui qui vient dans la vie de certaines personnes, pour y apporter la lumière, y mettre un peu de douceur, y faire fleurir une raison de continuer à avancer? Et quand la route s'achève, l'ange passe à autre chose. Sans doute ne connaîtrai-je jamais la réponse à ces questions ; alors je vais évoquer le dernier point, après les personnages, les évènements et les idées si puissantes qui sous-tendent la création de ce Garçon. Et ce dernier point, c'est l'écriture de Marcus Malte. Le vocabulaire est riche, vivant, excessivement (encore !) précis, sans aucune facilité. Le phrasé est élégant, fluide. Le rythme est tantôt violent, tantôt poétique, mais toujours parfaitement adapté à la scène. Et c'est ainsi que les images, les sensations, les réflexions nous sont offertes dans une très grande clarté. On entre dans ce roman comme on plonge dans une eau attirante ; et on y avance sans à-coup, se laissant porter par l'auteur tout au long du courant, traversant avec le même plaisir les bassins paisibles ou les rapides violents.
Alors comme j'ai écrit en introduction les noms de Hugo ou de Balzac, de Vian ou de Camus, sans avoir besoin de préciser le moindre prénom, je pense, après avoir lu Le Garçon, que la liste des grands auteurs français peut s'augmenter d'une ligne où l'on écrira simplement : Malte.

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17 juin 2017

Dai Sijie - Balzac et la petite tailleuse chinoise

A priori, le sujet principal de ce roman est la révolution culturelle et, notamment, le système de rééducation des jeunes bourgeois réactionnaires. Fils de médecins ou d'écrivains, ils sont obligatoirement corrompus par les idées de leurs parents, étiquetés "ennemis du peuple". Alors on les envoie dans un coin reculé de Chine, avec ses rudes montagnes et son climat hostile. On les installe dans une maison miteuse à l'écart du village. On les surveille, on les soupçonne. On les fait trimer dans les rizières ou les champs de maïs. Et, surtout, on leur interdit tout lien avec cette civilisation rétrograde, dans laquelle on joue de la musique et on lit des livres. Le narrateur évite de justesse la destruction de son violon. Par contre, pour les livres, pas de clémence : ils sont purement et simplement bannis, détruits ; et même le simple fait de les évoquer, d'en décrire le contenu, est considéré comme un crime. Pourtant, le vrai sujet de ce roman, ce sont eux : les livres. Les livres et leur pouvoir. 

Balzac-et-la-petite-tailleuse-chinoise

Je ne peux pas en dire plus, pour ne pas révéler le fin mot de l'histoire, mais on comprend bien, en suivant les développements du roman de Dai Sijie, le péril que représente, pour tout régime dictatorial, l'accès aux livres, à la connaissance, à la description d'autres mondes, même si ces mondes ne sont peuplés que des petites vies provinciales des personnages de Balzac et d'autres auteurs français. Car même dans ces petites vies, il y a des émotions, des réflexions, des envies de changement, des remises en question... Autant de pierres lancées sur le monument de l'ordre établi ! Il faut donc éradiquer cela : sus à la culture, sus à la lecture, sus aux livres et aux lecteurs !
Par ce côté, ce roman est fascinant : on comprend, comme je l'ai dit, la logique de ce pouvoir autoritaire (sans pour autant l'accepter, évidemment), mais on approche aussi, autant que faire se peut, la réalité de la vie des personnes écrasées sous le joug de ces lois iniques, cruelles, absurdes. On croise les petits chefaillons qui ont le devoir de les faire respecter. On constate la misère et la souffrance dans laquelle sont plongés les peuples soumis à ces règlements qui font du moindre geste, de la moindre pensée, un crime potentiel. Mais on voit aussi comment, bon an, mal an, les traditions tentent de perdurer, avec leurs rituels teintés de sorcellerie ou leurs chants montagnards grivois (oui, ça aussi, c'est interdit : on se doit d'être pur, parfait, sans aucune pensée un peu licencieuse).
Ce descriptif est atterrant, certes, et pourtant, on s'amuse et on s'émeut aussi beaucoup à la lecture de ce roman. Le ridicule de ce système aberrant est clairement pointé du doigt par l'auteur ; mais il y ajoute aussi des scènes burlesques, qu'il nous dépeint d'un ton pince-sans-rire qui fait mouche. Enfin, avec la finesse de sa plume, il nous immerge totalement dans la réalité des protagonistes de son histoire (deux garçons en cours de "rééducation" et la petite tailleuse, qu'ils rencontrent dans ces montagnes). Surtout, Dai Sijie nous invite à ressentir avec ces trois jeunes adultes, la force, la permanence et l'universalité de ce qui nous unit les uns aux autres. Quel que soit le pays où l'on vit et quelle que soit la volonté des tyrans qui nous soumettent, au point de nous interdire de lire des romans d''amour et des histoires d'amitié, ces deux sentiments ne pourront jamais être effacés du coeur des hommes. Un beau message d'espoir porté par ce grand livre.

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11 juin 2017

Albédo continue sa route !

Voilà un an tout juste, Albédo, mon sixième roman, prenait son envol. Depuis, il a voyagé au quatre coins de France (et aussi dans pas mal d'autres pays), il a été accueilli par de plus en plus de librairies (liste complète en cliquant sur ce lien) et a été lu (et aimé) par un nombre croissant de lecteurs (petit récapitulatif en cliquant sur ce lien).
Pourtant, je ne suis toujours pas blasé de découvrir un nouvel avis sur ce roman. Et quand cet avis est enthousiaste, c'est encore mieux. Et quand cet avis est très bien écrit, à la fois détaillé, argumenté tout en conservant tous les mystères du roman, c'est un must ! Et quand il y en a trois, des avis comme ça, qu'est-ce donc ? Je vous laisse juge, en vous invitant à aller lire les chroniques de : 

Kerry ("Un roman sur le thème de l'amitié que je vous recommande chaudement, il est excellent, et ce serait donc vraiment bête de passer à côté de cette lecture !")

Mel'lectures ("Je me suis tout de suite sentie happée par cette histoire.")

Nightteck ("J'ai beaucoup aimé ce livre qui aborde des sujets de la vie courante tout en gardant un mystère. C'est une très belle découverte qui mérite amplement d'être lue !")

En plus de ces trois avis, il y a aussi celui-ci, moins argumenté et un peu moins positif mais qui permet aussi de se faire une idée ! 

Maelys ("C'est une belle histoire d'amitié").

Maintenant, ami lecteur d'ici et d'ailleurs, à toi de jouer !
Merci d'avance.

Albédo - Couverture finale

 

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15 mai 2017

Kerry a lu Albédo

Une nouvelle lectrice a découvert mon dernier roman, Albédo... et ce fut un coup de coeur.
Elle a rédigé une très belle chronique, mettant en avant tous les éléments qui lui permettent d'étayer cet avis enthousiaste.
Découvrez ce qu'elle en dit en suivant ce lien... et n'hésitez pas à faire comme elle : Albédo est disponible sur le site des Editions Fin mars début avril, en version papier ou numérique.
J'en profite pour remercier Kerry de sa lecture et du compte-rendu qu'elle en a fait.

Les Perles de Kerry

Albédo - Couverture finale

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03 mai 2017

Fatou Diome - Celles qui attendent

Celles qui attendent - Fatou Diome

Le titre de ce roman dit tout : "Celles qui attendent" nous fait clairement comprendre que c'est un livre sur les femmes ; et ce verbe attendre dépeint, en seulement quelques lettres, le sort qui leur est réservé.
Car "celles" que l'on suit dans ce livre, ces femmes sénégalaises vivant sur une île à l'embouchure du Siné-Saloum, sont bien au centre de l'histoire ; l'auteur parle d'elles, de ce qu'elles pensent, ressentent, et surtout de ce qu'elles font ; car elles font beaucoup. Les hommes (mis à part quelques pécheurs courageux qui tentent de débusquer les rares bancs de poissons que les chalutiers européens n'ont pas dévalisés), semblent n'être là que pour se faire servir, donner des ordres, mais jamais pour agir. On les voit plus souvent jouer au cartes, palabrer, vitupérer contre leurs femmes, établir des règles qu'ils leur imposent. Mais "faire", non. Alors que les femmes, elles, ont tout à faire : faire les repas, faire la vaisselle, faire le linge, faire ce qu'il faut pour que leurs enfants ne manquent de rien (aller chercher le bois, aller chercher l'eau, aller acheter (avec souvent plus de promesses que d'argent) des produits de première nécessité auprès de l'épicier du village).
Ce qu'elle savent faire, aussi, ce sont des projets : projets de traversée vers l'Europe pour leur fils les plus âgés qu'elles voient désœuvrés et sans le sou ; projets de mariage, aussi, pour les mêmes, selon des règles très particulières. 

Les femmes sont donc au centre du roman, ce sont elles qui font tout... sauf prendre les décisions. Et c'est là que le verbe attendre prend tout son sens. Car en plus de faire, elles passent toute leur existence à attendre : attendre leurs fils aînés, partis en pirogue, au péril de leur vie, vers le nord ; attendre les petits qui vont rentrer de l'école et qu'il faudra nourrir avec les (maigres) moyens du bord ; attendre leur tour pour avoir un peu de considération de la part d'un mari polygame ; attendre que ce même mari leur donne trois sous pour aller payer leurs dettes chez l'épicier ; attendre que la nature accepte de leur donner un petit supplément de nourriture, dans la vase des plages libérées par la marée basse ; ou encore attendre, après la mort de leur conjoint, le temps réglementaire du veuvage. Attendre, toujours attendre. 
Pourtant, ce roman n'est pas aussi dur que ces deux verbes (faire et attendre) pourrait le laisser croire. Car, au fil de ces jours pesants, soumis aux traditions et aux obligations, ces femmes qui attendent trouvent aussi ce qu'elles n'attendaient pas. L'amitié, la connivence entre une belle-mère et sa bru, toutes deux dans l'attente d'un jeune homme parti depuis des années. Et puis, il y a aussi la tendresse pour les petits, ces ventres affamés, même pas nommés par l'auteur, et pour lesquels le personnage central du roman, Arame, se bat jour après jour.
Tous ces sentiments et ces liens font le sel du roman. Mais ce serait oublier aussi la beauté de la plume de Fatou Diome. Parfois quelques longueurs ou quelques phrases un peu biscornues alourdissent légèrement la lecture ; mais, la plupart du temps, les mots sont très finement choisis et agencés avec délicatesse. C'est de la poésie, oui, de la vraie poésie que nous offre Fatou Diome, quand elle parle de sentiments, justement, l'amour, l'amitié, l'espoir ; mais aussi quand elle décrit les usages des habitants de cette région (une découverte pour moi) ou encore quand elle dépeind les décors si particuliers de cette île, soumises aux caprices de l'Atlantique et du sable brûlant. Une île comme une allégorie de ces femmes, qui subissent sans pouvoir changer de latitude. Qui attendent sans vraiment espérer. Et remplissent cette attente de leur énergie, de leur courage et de tout l'amour dont elles sont dépositaires.

Deux citations :
"L'Atlantique poursuivait obstinément sa danse païenne, mais ses fantaisies perpétuelles n'ébranlaient pas l'île : elle était là, fière, immobile, comme une belle acariâtre qui refuse un tango."
"Les lois contre l'immigration changent en permanence, tels des pièges sans cesse repositionnés afin de ne laisser aucune chance au gibier."

 

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01 mai 2017

L'Expérience Cendrillon - La quatrième de couverture

Pour ceux (très, très, très nombreux !) qui suivent ce blog et qui sont un peu observateur, le titre de mon septième roman ne sera pas une surprise. J'ai en effet déjà publié quelques images de l'avancement de mon travail d'écriture et l'on pouvait voir, en haut des images de mon écran la mention du titre, tel qu'il s'affiche dans Word. Je sais, il fallait avoir l'oeil.
Aujourd'hui, c'est donc beaucoup plus clairement (pour ne pas dire "officiellemen", parce que ça ferait un peu pompeux), que je vous annonce que ce septième roman s'intitule "L'Expérience Cendrillon". Pourquoi ? Eh bien, comme souvent, il faut le lire pour comprendre.

Dans le cas de ce roman, ce titre est un peu particulier, puisqu'il n'a absolument pas changé depuis que j'ai écrit la toute première ligne, il y a quatorze ou quinze mois. Je fois même dire que ce titre existait bien avant, alors que l'histoire n'était encore que des bribes d'intrigues et des idées de scènes sans vrai lien entre elles toutes.

Pour finir, je vous présente la quatrième de couverture potentielle. Je dis bien potentielle puisque, si ce roman a la chance de trouver un éditeur, celui-ci voudra peut-être dire son mot et modifier ce que j'ai rédigé. En attendant, voici comment je présente L'Expérience Cendrillon. C'est en tout cas ce court texte que j'ai envoyé avec mon manuscrit aux premiers éditeurs que j'ai contactés. En espérant que cela débouche sur une belle collaboration. Wait and see.

L'Expérience Cendrillon - Pitch 2

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29 avril 2017

The Finish Line

Après plus d'un an à me promener entre la Serbie (le point de départ est ici), la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne et Paris, mon septième roman est enfin achevé !
En réalité, cela fait bien dix ans que les premières idées m'étaient venue (à l'époque où je rédigeais Le Sixième Crime), mais c'est seulement le 26 janvier 2016 que j'ai écrit la toute première version de ce qui est maintenant, 15 mois et 273 pages plus tard, L'Expérience Cendrillon
Polar? Thriller? Roman inclassable? Je vous laisse la surprise !
Et maintenant, il ne me reste plus qu'à rédiger un bref résumé, une lettre d'accompagnement et... l'envoyer à quelques éditeurs. Eh oui, une fois encore je vais tenter ma chance ! Alors, souhaitons bon vent à cette "Expérience" et surtout à son héroïne, Milica Kovač !

Finish-Line

 

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21 avril 2017

Deux polars pour pas un rond

Ce week-end, mes deux romans policiers peuvent être téléchargés gratuitement !
Vous pouvez ainsi découvrir Le Sixième Crime ou Derrière toute chose exquise, sans débourser un kopeck.
Cette promotion commence dès aujourd'hui pour se terminer dimanche soir. 
Il vous suffit de cliquer sur chacun des titres ci-dessus pour être redirigé vers la boutique Kindle de votre zone géographique et pouvoir commencer votre lecture quelques secondes plus tard.
Si vous arrivez trop tard, ne soyez pas trop tristes : en temps normal, le prix de ces deux romans est de seulement 0,99€. Vous pourrez donc toujours vous faire plaisir pour pas cher.
Et une fois votre lecture terminée, je vous remercie de laisser un avis, histoire de donner envie à d'autres lecteurs de passer à l'acte... par les mots, uniquement, bien sûr !
Bon téléchargement et bonne lecture. 

Polars Gratuits sur Amazon

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20 avril 2017

Colombe Schneck - Dix-sept ans

Colombe Schneck - Dix-sept ans

Dans ce roman, tout est très simple : la situation est simple, le cadre est simple, le style est simple et le thème est excessivement simple : il ne tient qu'en un mot : avortement. Un mot qu'on écrit dans des lois, sur des banderoles lors des manifs, dans des articles pour dire qu'on est pour, qu'on est contre, qu'il faut faire comme-ci, comme-ça, et qu'on associe ensuite à d'autres mots : liberté, tuer, droit, religion, mon corps, sa vie. Mais entre les opinions et la réalité, il y a un écart. Et Colombe Schneck nous aide à le franchir.
C'est ainsi que sur une situation plutôt simple (une adolescente découvre la sexualité... et sa grossesse), dans un cadre simple (famille plutôt aisée, parents ouverts, jeune fille libre, vive) et avec un style simple (pas de fioritures, des phrases courtes, directes, très explicites), l'auteur nous propose un roman fort. Car ce mot simple, que tant d'autres ont à la bouche ou au bout de la plume, elle lui donne chair. Et elle en montre toute la complexité. Elle montre tous les questionnements, tous les bouleversements physiques et toutes les douleurs, notamment celles qui naissent du silence, de l'indifférence, de la solitude que l'on connait quand on vit cet "événement". Le mot "événement" revient d'ailleurs souvent, en hommage au titre du roman autobiographique dans lequel Annie Ernaux a évoqué l'avortement qu'elle-même a connu, exactement vingt ans avant Colombe Schneck.
Et parmi tous les visages que Colombe Schneck donne à ce mot "avortement", c'est justement celui de la solitude qui est le plus frappant. Elle nous oblige ainsi à nous confronter à l'évidence que l'on cherche à oublier en transformant justement les "événements" personnels en statistiques, en textes de lois ou en articles de magazines. Et cette évidence, c'est que nous sommes seuls quand nous traversons une épreuve. Car, que l'on soit pour, que l'on soit contre ou que l'on soit totalement indifférent sur la question de l'avortement, on se doit de comprendre qu'il s'agit d'une épreuve. On ne se contente pas de faire disparaître une mèche rebelle d'un coup de peigne.
Et c'est pour cette raison que la douleur est encore augmentée par le sentiment de solitude. En lisant ce livre, j'ai a plusieurs reprises pensé à la chanson de Brel, intitulée "Seul", qui rappelle, elle aussi, que, face au chagrin, à la pauvreté, à la peur ou encore à la mort, on a beau être entouré, "on se retrouve seul". Dans le livre de Colombe Schneck cela semble d'autant plus troublant que, justement, le cadre que je décrivais plus haut aurait dû la prémunir contre cette solitude. Mais non. Ses parents sont ouverts, à l'écoute, l'accompagnent le jour de l'avortement. Mais pas un mot de réconfort après l'opération ; pas la moindre tentative pour chercher à comprendre ce qui se passe dans la tête de leur fille. Le seul point important est ce qui se passait dans son ventre ; et une fois que "cela" a été enlevé, le problème est réglé, inutile d'en reparler.
Cette douleur, l'auteur l'a portée, l'a pensée, l'a personnifiée, et cela pendant des années ; et des années après a choisi de la transformer en mots. Mais pas des mots simples comme ceux que l'on utilise pour se construire des remparts contre la réalité des événements. Non, des mots choisis, émouvants, qui veulent faire partager et essayer, le temps de quelques pages, de rompre cette solitude.
Un roman indispensable, pour tous, les jeunes filles de dix-sept ans, leurs aînées, leurs cadettes et les parents de chacune d'elles. Mais aussi leurs amoureux, leurs amis, leurs proches, leurs enseignants, tous ceux qui croient savoir ce que peut vouloir dire un simple mot. Mais qui ne peuvent saisir exactement ce que recèlent les définitions des dictionnaires.

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17 avril 2017

Prix en chute sur les ebooks !

A compter d'aujourd'hui, tous les romans des Editions Fin mars début avril sous formait Kindle voient leur tarif baisser.
Les romans contemporains sont proposés à 2,99 € et les polars à 0,99 €.
Vous pouvez les télécharger en cliquant sur les liens ci-dessous. Vous serez alors rediririgé vers 
la boutique Kindle de votre zone géographique.
Vous pouvez ainsi découvrir :

Et si vous préférez la version papier, sachez que ces titres existent aussi en grand format ou en livres de poche, à des tarifs très raisonnables.
Commandez-les directement sur le site des Editions Fin mars début avril : http://editionsfinmarsdebutavril.jimdo.com/catalogue/ 

Bonne lecture ! 

5 romans Fmda

 

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