Sébastien Fritsch, Ecrivain

02 septembre 2019

L'essentiel... selon Murakami

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond - Haruki Murakami

"Dans le travail du romancier, pour autant que je sache, la victoire ou la défaite n'ont pas de sens. Peut-être le nombre d'exemplaires vendus, les prix littéraires, les critiques élogieuses sont-ils des critères apparents qui fixent la réussite dans le domaine littéraire, mais rien de tout cela ne compte véritablement. L'essentiel est de savoir si vos écrits ont atteint le niveau que vous vous êtes assigné."
(Haruki Murakami, Autoportrait de l'auteur en coureur de fond).

 

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25 août 2019

Rutherford... et Brooks

Cela fait maintenant plus de cinq ans que l'idée d'un roman autour de la figure d'Ernest Rutherford me trotte dans la tête. Enfin, quand je dis cinq ans... cela fait bien plus longtemps que je me suis pris d'affection pour ce grand chercheur, père de la physique nucléaire, figure à la fois pleine d'humanité et de maladresse et exemple de persévérance, de respect et d'ouverture d'esprit, dont la vie est déjà un véritable roman, de par ses nombreux changements de latitude et de longitude, ses rencontres fortes, ses prises de position courageuses, ses découvertes fondamentales, ainsi que les honneurs et les tragédies qu'il a connus. 
En réalité, ces cinq ans correspondent à la période pendant laquelle j'ai commencé à amasser de la documentation. Outre des biographies de Rutherford lui-même, ou un recueil de sa correspondance, j'ai aussi acquis quelques bouquins sur des personnages de son époque, avec qui il a eu des liens plus ou moins importants, tels que Marie Curie ou Albert Einstein.
Puis, je me suis mis à écrire, au début du mois de juin 2019. Work In Progress - Novel on ER - 14 06 2019Alors, j'ai dû me documenter encore plus, sur la topographie des lieux où il a travaillé et vécu, les modes de vies de la dernière décennie du XIXè siècle (pour l'instant), mais aussi les personnages qu'il a connus : leurs physiques, leurs idées, leurs attitudes. Joseph John Thomson, John Townsend, Paul Langevin... pour ne citer que les plus importants, sont donc entrés dans la danse. Puis d'autres, plus lointains, mais qui ont joué un rôle dans la carrière du jeune Ernest : Röntgen, Marconi, Becquerel et les Curie, bien sûr. 

Ernest Rutherford at 25Ayant choisi de débuter mon roman quand Ernest Rutherford commence à travailler à Cambridge, après avoir terminé ses études en Nouvelle-Zélande, j'ai tenté de ne laisser de côté aucun aspect que je jugeais important, complétant par des recherches poussées les biographies dont je disposais. C'est ainsi, par exemple, que j'ai passé deux jours à chercher le nom des femmes qui ont travaillé en même temps que lui au laboratoire Cavendish de Cambridge entre 1895 et 1898... pour finalement n'en trouver aucune (il y en a eu une poignée avant son arrivée et il y en aura d'autres ensuite... mais, ça, on en reparlera).
Au début de la semaine dernière, j'ai achevé la partie "Cambridge" de la vie de Rutherford (achevé, ça veut dire que rien n'est fini : il faut encore relire, alléger, compléter, corriger... mais, ça, c'est pour plus tard).
The Macdonald Physics Building entranceMe voici donc parti pour Montréal, où Ernest s'installe en septembre 1898, avec le titre de "Professeur" (après n'avoir été que chercheur assistant en Angleterre). Là, de nouveau, je me lance dans de grandes explorations du web : à quoi ressemblait l'université McGill de Montréal en 1898 ? Et les personnages qui la faisaient fonctionner ou prospérer, telles que Sir Willam Macdonald, richissime industriel qui finança l'achat des terrains sur les pentes du Mont-Royal, la construction des bâtiments, le matériel de recherche, les salaires des professeurs, j'en passe et des meilleures. 
Enfin, il m'a fallu aussi cerner le plus précisément possible les profils des membres de l'équipe du tout jeune Professeur Rutherford : des canadiens, des américains, des étudiants, des ingénieurs, tous âgés de moins de trente ans, et au milieu desquels une figure particulière se détachait : Harriet Brooks

Harriet Brooks

Pourquoi elle plutôt que les autres? Parce qu'elle était une femme dans un milieu essentiellement masculin ? Parce qu'elle avait du génie et a participé à plusieurs découvertes fondamentales de Rutherford ? Les deux points sont aussi importants. Car femme ou homme, peu importe, la force de son intuition et l'importance de ses résultats en font une figure scientifique de premier plan. 
Pour autant, on ne peut pas laisser de côté le fait qu'elle s'appelait Harriet et pas Harry : à cette époque, ça n'était pas si simple pour une femme de se faire une place, ni dans le monde scientifique, ni dans le monde en général.
Les choses ont-elles évolué ? Un peu sans doute, et on peut s'en réjouir. Mais l'évolution n'a pas atteint son but ultime : que le fait de s'appeler Harriet ou Harry ne soit plus pris en compte pour la progression d'une carrière, ni pour aucun autre droit. 
Avec Harriet Brooks, j'ai donc découvert un autre thème sous-jacent dans le roman que je suis en train d'écrire. Et j'adore me faire prendre par surprise par mes romans ! Au départ, je voulais utiliser la figure de Rutherford pour explorer deux thèmes principaux. Le premier était la capacité de certaines personnes à avancer, courageusement, avec persévérance, exactement comme il l'a fait : né fils d'agriculteur dans un bled perdu de Nouvelle-Zélande, il est parvenu à faire progresser la science de manière spectaculaire et a récolté pour cela les plus grands honneurs (prix Nobel, annoblissement, et multiples récompenses et titres honorifiques). Le deuxième sujet que je voyais comme fil conducteur de mon roman est l'aptitude de transmettre à des plus jeunes, en les valorisant, en les stimulant, en créant une ambiance favorisant l'envie d'apprendre, de comprendre, de chercher. Rutherford agissait exactement ainsi, lui qui savait encadrer ses équipes avec une vraie gentillesse et veillait toujours à reconnaître les mérites de chacun. Il ne fit pas exception dans le cas d'Harriet Brooks. Ni avec les autres femmes avec lesquelles il travailla. 
C'est donc ainsi que ce troisième thème s'est dessiner : utiliser Ernest Rutherford, qui a toujours défendu la place des femmes dans la science, comme exemple à suivre (et à généraliser à d'autres domaines que la science ! ).
En voyant se profiler ce troisième thème, je me suis dit que le personnage que j'avais choisi était décidément un beau personnage !

Rutherford bibliography - 23 08 19
Mais l'histoire ne s'arrête pas là (et je ne dis pas ça parce que ma partie "Montréal" est toujours en gestation) : au fil de mes recherches, je me suis aussi rendu compte qu'Harriet Brooks, malgré les efforts de Rutherford pour que son nom figure dans toutes les publications qu'ils ont rédigées ensemble, était passée à la trappe au fil des décennies. Elle est très peu connu actuellement et, pire que tout, elle est pratiquement absente des biographies de Rutherford (pour des raisons que je crois comprendre, au moins dans un cas... mais je n'en dirai pas plus).
Heureusement, au début des années 1990, deux scientifiques canadiens, réalisant cette injustice, ont tenu à la rétablir dans ses droits et ont publié une biographie... que je me suis empressé d'acheter la semaine dernière. Sans cela, je pense que la partie "Montréal" de mon roman aurait été largement incomplète, voire mensongère. 
Mais ce n'est pas tout. Continuant à fouiller à gauche et à droite, je suis tombé sur une vidéo présentant un projet de pièce de théâtre qui retracera la vie d'Harriet Brooks.
La conceptrice de ce projet ? Elle Denny, actrice et autrice canadienne. 
Son idée ? Sortir Harriet Brooks de l'ombre.
Son ambition ? Donner aux filles d'aujourd'hui l'envie d'oser faire ce qu'Harriet n'a pas pu faire il y a 110 ans : concilier une carrière scientifique et une vie de famille.
Sa particularité ? Etre l'arrière-arrière-petite nièce d'Harriet Brooks.
Une très belle manière de porter la flamme de son ancêtre et de lui rendre hommage.
Découvrez comment elle parle d'Harriet... et parlez-en aussi, comme elle vous invite à le faire à la fin de sa présentation. 

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09 août 2019

Esbjörn Svensson (1964-2008)

En partant pour Stockholm pour y passer une semaine de vacances, j'avais évidemment en tête le visage et la musique d'Esbjörn Svensson. Un pianiste que j'admire et dont la vie s'est achevé bien trop tôt lors d'une séance de plongée dans la Baltique, il y a onze ans.
Pour mon séjour, j'avais trouvé un logement dans une tour de 26 étages au pied de laquelle s'étendait une galerie marchande, à deux pas de la place Medborgar, sur l'île de Södermalm. Et comme dans tous les centres commerciaux, il y a toujours un fond muscial. En sortant un matin, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre la radio diffuser les premières notes de Believe, Beleft, Below. Magnifique mélodie, mélancolique et prenante (une vidéo d'une très belle version live est collée tout en bas, pour ceux qui ne connaisse pas encore le talent d'Esbjörn et de ses deux acolytes). 
Quelques jours plus tard, dans mon programme de visites, j'ai souhaité aller visiter Skogskyrkogården, un immense cimetière boisé situé au sud de Stockholm, l'un des deux lieux de la capitale suédoise qui soient inscrits au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Avant de partir, j'ai voulu vérifier si, par hasard, ce ne serait pas là qu'Esbjörn Svensson pourrait être inhumé. Je ne suis pas très attaché aux lieux de mémoire, préférant imaginer que les personnes disparues sont partout où nous pensons à elles, plutôt que circonscrites dans les limites d'un rectangle de terre ou de marbre. Dans le cas d'Esbjörn Svensson, c'est son piano et tous les endroits où on peut l'entendre (y compris les centres commerciaux suédois) qui prolongent son existence parmi nous. J'ai quand même fait ma petite recherche sur une base de donnée spéciale... et j'ai trouvé. 
Esbjörn Svensson's gravestoneCe n'est pas à Skogskyrkogården qu'on peut trouver la tombe d'Esbjörn, mais dans un cimetière plus petit (et moins boisé... mais quand même joliment arboré comme le sont souvent les cimetières suédois), situé juste à côté : Sandsborgkyrkogården (cimétière Sandsborg ou "cimetière du mont de sable"). C'est ainsi que je me suis retrouvé devant cette magnifique pierre. Sa simplicité, alliée à la beauté paisible du cimetière, m'a ému. Et le tout petit coeur gris, piqué dans la terre juste devant, sans rien de plus autour, a joué aussi un rôle. 
Je ne suis pas très attaché aux lieux de mémoire ; mais j'étais heureux d'avoir visité celui-ci.

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Une vue plus large du cimétière : Sandsborg CemetaryEt la vidéo annoncée : 

 

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06 mai 2019

Fête du Livre d'Hyères - 11 & 12 mai 2019

Le weekend prochain sera littéraire et varois : je participe en effet pour la première fois à la Fête du Livre d"Hyères. C'est la première fois, mais j'ai déjà eu la joie de dédicacer dans cette ville, à l'invitation de l'Espace Culturel Leclerc, situé en plein coeur de la ville. 
Cette-fois, invité une fois encore par la même librairie, c'est au Casino d'Hyères que je vous présenterai mes livres... parmi plus de 160 autres auteurs. 

Au plaisir de découvrir de nombreux nouveaux lecteurs. 

Fête du livre Hyères grand format

 

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05 mai 2019

Uršuľa Kovalyk - L'Ecuyère

Uršuľa Kovalyk - L'Ecuyère

Dans la Tchécoslovaquie des années 80, Karolina et Romana sont deux pré-adolescentes à la vie morne. Coincées dans des familles bizarres (voire malsaines), piègées dans des corps contournés et maladroits, enfermées dans un pays que régente la propagande socialiste, isolées des autres jeunes par leurs esprits trop indépendants et leurs comportements peu conventionnels, elles trouvent enfin une échappatoire à ces multiples prisons. Et c'est un troisième personnage, tout aussi central, qui leur offre cette possibilité d'évasion : Cecil.
Cecil, qui deviendra leur meilleur camarade de jeu, n'est pas un enfant de leur âge : c'est un vieux cheval, peu gracieux, mais qui a su rester fier et se montre, surtout, très coopératif quand les deux jeunes filles, encouragées par une monitrice de l'école d'équitation, se lancent dans un défi inimaginable pour leurs corps bancals : faire de la voltige équestre.
Le choix d'un rythme vif et d'un style sobre, aux phrases courtes, sans fioritures, permet à Uršuľa Kovalyk de rendre aussi bien la laideur des décors (nouvelles constructions pas finies ou vieux bâtiments décrépits), que les questionnements et les émois de Karolina, gamine qui devient femme au fil des pages, ou encore la volonté et la force de ces deux acrobates inattendues. Par cette plume très réaliste, l'auteur sait aussi parfaitement évoquer la puissance de la musique (Pink Floyd, King Crimson...) qui transporte Karolina loin de son quotidien gris, et elle parvient à créer toute une galerie de personnages secondaires et, à travers eux, à nous immerger dans la réalité des dernières années de cette république socialiste. On découvre alors surtout des femmes (la mère, la grand-mère, les tantes de Karolina, ainsi que ses coéquipières de voltige) et les quelques hommes qui apparaissent brièvement ou sont même simplement nommés s'avèrent tous peu fréquentables : pervers, ivrognes, violents, dominateurs, ils semblent n'être là que pour démontrer que la moitié de l'humanité ne vaut pas grand chose. Sujet à méditer... Finalement, seul Arpi, un ado marginal qui initiera Karolina aux groupes de rock impérialistes et à la cigarette, relève un peu le niveau de la gent masculine. Et encore...
Dernier point à signaler, le contraste entre ce réalisme, parfois très cru, et le "pouvoir " de Karolina, capable de sonder les âmes des personnes qu'elle croise. Est-ce un effet de son imagination ? une manifestation de son hypersensibilité ? une forme très particulière d'intelligence émotionnelle? ou encore une petite touche de surnaturel dans un univers trop concret ? L'auteur ne nous en dit rien... et c'est très bien ainsi : elle nous laisse le plaisir d'imaginer l'explication qui nous convient. 
En conclusion, L'Ecuyère est un roman élégamment écrit, et plutôt sombre, même s'il est émaillé de scènes d'amitié ou de tendresse maternelle qui posent, de loin en loin, quelques points de lumière. C'est aussi un roman qui permet une plongée dans une époque et un mode de vie révolus, tout en initiant des réflexion sur l'amitié, le dépassement de soi et la place de la différence. Un roman court, mais qui continue à faire réfléchir une fois la dernière page tournée. 

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02 mai 2019

Félix de Azúa - L'Heure du choix

Félix de Azúa - L'Heure du choix

Choisir une femme plutôt qu'une autre ; un homme plutôt qu'un autre. Choisir la résistance ou l'acceptation résignée. Choisir de suivre les conventions de l'art ou de tout envoyer balader, toile, pinceaux, couleurs, et recréer jusqu'à la définition même de l'art. Choisir son pays ou le quitter. Choisir la voie tracée par les générations précédentes ou l'effacer et recommencer à zéro.
L'heure du choix nous présente une brochette de personnages, au début de la vingtaine, dans le cadre de la Barcelone des années 60. Un lieu et une époque où républicains et nationalistes, vaincus et vainqueurs, nouveaux riches et vieilles familles spoliées, étudiants et soldats, artistes et gosses de riches se croisent, se côtoient, se jaugent, s'affrontent.

Essentiellement centré sur une réflexion sur l'art moderne, ce roman nous donne pourtant aussi à réfléchir sur les choix politiques et leurs motivations (vengeance, haine de l'autre, réparation des affronts subis par les ascendants...) ou encore sur l'absence de choix et l'aptitude de certains à se laisser porter par le vent, sans réflexion, si ce n'est de savoir si l'on mettra du gin ou du rhum dans son coca, ou s'il faut ouvrir ou fermer la capote de la Mercedes. Autre question non négligeable soulevée par l'auteur : pour qui sonne l'heure du choix ? Uniquement pour les jeunes, ceux qui ont encore autant d'illusions que de dynamisme ? Ou cette possibilité serait-elle également offerte à leurs parents? IL semble que l'auteur non donne lui-même la réponse (un peu déprimante) quand on voit le père d'Alberto, enfermé dans le souvenir du grand-père que les franquistes ont fusillé ; la mère d'Alberto, enfermée dans ses habitudes de son ménage, son appartement à tenir et le silence de son mari à supporter ; ou encore la mère de Juan, enfermée dans son luxe, son penchant pour la bouteille et ses fantasmes... Quel choix leur est donné, sinon de continuer à tourner en rond dans ces cages qu'ils ont choisies depuis trop longtemps ?  

Dernier point à souligner, et qui participe grandement à la force de ce livre : le style de Félix de Azúa est d'une réelle beauté. Il n'y a pas d'autre mot. Mélodies des phrases, richesse et précision du vocabulaire, élégance des figures de style, pouvoir d'évocation des images, on peut dire que l'auteur a su donner autant de valeur au texte qu'à l'histoire, aux idées ou au protagonistes. Quatre piliers indispensables pour donner vie à un roman réussi. 

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11 avril 2019

En mai, lis ce qu'il te plait !

Le mois de mai sera un mois de rencontres et de voyages !
Je participe en effet à plusieurs salons ou séance de dédicace. 
L'occasion pour vous de venir découvrir l'un de mes sept romans (ou les sept d'un coup !)
l'occasion pour moi de découvrir de nouvelles lectrices et de nouveaux lecteurs.

Voici donc les lieux et dates qui nous permettront de nous retrouver : 

Samedi 4 mai 2019
Dédicace à U-Culture
Le Pont-de-Beauvoisin (73)

Samedi 11 et dimanche 12 mai 2019
Fête du livre d'Hyères (83)

Vendredi 17 mai 2019
Marché Nocturne (17h-22h)
Bouquinerie La Passerelle
Rive-de-Gier (42)

7 romans - Très grand

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20 mars 2019

With A Little Help From My Friends

Joe Cocker - With A Little Help From My Friends - Woodstock 1969

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17 mars 2019

The Main Squeeze - Have a Cigar (Pink Floyd cover)

The Main Squeeze - Have a Cigar

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13 mars 2019

Véronique Olmi - Bakhita

9782226393227-j

Un parcours inhumain, qui fait violemment sortir de l'enfance une fillette insouciante pour la plonger dans la souffrance de l'esclavage, souffrance permanente, sans répit, sans espoir, monstrueuse. 

Une aventure humaine, bâtie de courage et d'amour, pour sortir de ce statut ignoble, placé plus bas que les animaux, plus bas encore que les objets. 
Un personnage magnifique, surhumain, de par sa volonté, de par l'horreur démesurée des sévices endurés, mais aussi de par sa simplicité, son humilité. 
Une figure exemplaire de cette partie de l'humanité à qui on refuse tous les droits les plus élémentaires, le nom, la liberté, la vie.
Une écriture aussi imagée que profonde, qui parvient à donner vie, avec la même intensité et la même précision, aux paysages, soudanais ou italiens, et aux souffrances, à la peur, à la violence, à l'humiliation, à l'ignominie, au courage et à la foi.
Un très grand roman.

 Image illustrative de l’article Joséphine Bakhita

Joséphine Bakhita (source : Wikipédia)

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22 février 2019

Agota Kristof - Le Grand Cahier

Un roman étrange et cruel ; et violent, pervers, obscène, cynique, immoral... mais d'une manière si extrême et avec une plume si précise, si tranchante, si sèche et tellement maîtrisée, que cela en devient presque surréaliste et, je dois l'avouer, assez amusant.
Le décor est une ville sans nom, dans un pays sans nom, pendant une guerre sans nom, avec des occupants et des occupés qui parlent diverses langues qui ne sont pas désignées clairement non plus, et qui n'ont eux aussi que des appellations utilitaires ou descriptives (le libraire, le cordonnier, la servante, la grand-mère, la cousine...) ou moqueuse ("Bec-de-Lièvre", notamment). Bien sûr, on devine, entre les descriptions de convois de déportés qui traversent la ville et en se basant sur l'origine hongroise de l'auteur et sa naissance dans les années 1930, qu'il doit s'agir de la seconde guerre mondiale. Mais rien ne vient jamais le confirmer. Agota Kristof - Le Grand Cahier
Pour autant l'étrangeté ne vient pas seulement de cet univers privé de repères et la violence n'est pas uniquement provoqué par ce conflit armé, avec ses occupants, ses bombardements, ses convois militaires. La source principale d'étrangeté est constituée par les deux personnages centraux : deux garçons, deux enfants (mais sans âge précis), deux jumeaux indissociables. Et tellement indissociables que la narration est faite à la première personne du pluriel. Etonnant et pourtant bien réel. Mais comment un narrateur peut-il dire "nous pensons que..." ? Est-il possible que deux être distincts aient-une pensée commune ? Sont-ils alors vraiment distincts ? Apparemment oui, puisque les autres personnages les considèrent toujours comme étant deux... Grand mystère (et pas des moindres) de ce roman. 
Autres caractéristiques remarquables de ces garçons, ce sont leur intelligence et leur froideur, que l'on retrouve toutes deux dans leur manière de s'instruire : instruction de l'esprit, dans les domaines les plus variés et notamment l'apprentissage accéléré des langues des différentes armées qui passent par là, pour occuper ou libérer le pays, mais aussi dressage du corps, pour se former à endurer douleurs, mépris, faim...
Si froids et intelligents, les jumeaux apparaissent alors non seulement étranges, mais aussi totalement hors normes et presque terrifiants. A tel point qu'ils parviennent peu à peu à dominer et diriger qui ils veulent, sans que rien ne les fassent plier. Et il mènent ainsi leur barque, au milieu d'autres personnages qui ne sont pas en reste question brutalité, perversité ou égoïsme. Une barque qui avance allègrement, nous emportant avec elle jusqu'au point final... en nous donnant l'envie de continuer à la suivre dans les deux romans qui forment la suite de celui-ci. 

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20 février 2019

Catherine Bardon - Les Déracinés

Roman historique, roman d'aventures et roman d'amour : ce livre de Catherine Bardon est tout cela à la fois. Mais ces trois appellations, même associées, disent bien peu de la force qu'il porte en lui.

Catherine Bardon - Les Déracinés

Car s'il est question d'Histoire, c'est d'une période des plus sombres de l'Humanité dont il s'agit. Le décor initial est l'Autriche des années 1930 : montée du nazisme, début des persécutions contre les Juifs, humiliations, exclusions, privations, spoliations, destructions, meurtres gratuits, arrestations, déportations... et, pour les rares "chanceux" qui ont pu trouver à cet enfer une porte de sortie, l'exil. 
Ce fut le cas, notamment, des quelques milliers de Juifs allemands et autrichiens qui purent "bénéficier" de la "générosité" de Rafael Trujillo, dictateur psychopathe et sanguinaire, désireux surtout de "blanchir" la population du pays qu'il tenait sous sa coupe, la République Dominicaine. Il avait fait massacrer quelques années plus tôt 35000 Haïtiens (travailleurs agricoles (comprendre "esclaves") bien utiles, mais trop noirs à son goût) ; faire venir une poignée d'européens à la peau pale était une méthode un peu moins radicale (mais sans doute plus acceptable pour ses amis américains) de parvenir à faire évoluer la pigmentation des Dominicains. (Il est d'ailleurs à noter que Trujillo, métis lui-même, se tartinait du fond de teint blanc pour effacer ses origines... Mais pour en savoir plus, lisez l'excellent livre de Mario Vargas Llosa, La Fête au Bouc, que j'avais adoré également).
Ensuite, décrire Les Déracinés comme un roman d'aventure est assez juste, mais il ne faut pas y voir que l'enthousiasme de la conquête, la fierté de faire sortir de terre logements et plantations, le bonheur de la vie au grand air sous le soleil permanent (mis à part quelques ouragans). Oui, les "Déracinés" arrivés à Sosúa, sur la côte nord d'Hispaniola au début des années 40 ont connu tout cela. Mais ce fut après avoir vécu des années d'inquiétude puis de terreur sur leur terre natale, suivies de très longs mois d'errance, de camps de réfugiés en trains bondés, de passages de frontières angoissants en traversée maritime interminables.
Enfin, dernière composante de ce roman : l'histoire d'amour. Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont passionnés. Voilà comment ça commence souvent et voilà comment ça commence dans Les Déracinés. Mais en plus d'être beaux, jeunes et passionnés, Almah et Wilhelm sont juifs en Autriche dans la seconde moitié des années 30. Et ils vont traverser ces pages sombres, avancer en âge, partager épreuves et joies ; et donner à l'amour des significations autrement plus puissantes que celles qui nous montent à la tête lorsqu'on est
beaux, jeunes et passionnés

Attiré par le thème central de ce roman (dont je n'avais jamais entendu parlé mais qui me fut si bien présenté par l'auteur elle-même lors d'un salon du livre où nous nous étions rencontrés), j'ai été rapidement séduit par l'écriture, élégante, évocatrice, parsemée de comparaisons judicieuses et originales et régulièrement teintée d'humour (comme pour disséminer fugacement un peu de lumière au milieu des ombres). En somme, une plume très éloigné des platitudes stéréotypées si fréquentes dans les romans actuels.
Par ailleurs, Catherine Bardon nous expose ce pan d'Histoire de manière vivante (et donc émouvante, voire éprouvante par moment), avec un vrai talent de conteuse. Pas de didactisme, ni pour le côté historique, ni pour le côté géographique : des faits, des lieux, très bien décrits et mis en scène au fil des évènements que vivent ses personnages. Des personnages auxquels, je dois bien l'avouer, je me suis fortement attaché. En partageant les épreuves, les doutes, les questions, les angoisses, les sursauts de courage et les accès de faiblesse d'Almah et Wilhelm, de leurs proches, de leurs amis, on les sent devenir nos soeurs, nos frères. Grâce à cette immersion que nous offre Catherine Bardon, on devient un Juif de Sosúa dans les années 40, archétype de ces "déracinés" de toute couleur, religion, origine, que le monde a porté, porte et portera (c'est à craindre) encore longtemps.

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21 novembre 2018

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, 25 novembre

Le 25 novembre est la date retenue par les Nations unies comme Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Cette année, je suis heureux de pouvoir apporter une petite pierre à cette démarche de sensibilisation et de lutte.

Se retenir aux brindilles - Première couverture

Cette petit pierre, cela fait maintenant plusieurs années qu'elle existe, puisqu'il s'agit de deux pages de mon roman Se Retenir aux brindilles

Les thèmes principaux de cette histoire sont la peur et la violence conjugale. Pour cette raison, j'ai jugé qu'il pourrait être pertinent de donner vie à ces quelques mots. Une façon de prolonger ce que représente ce roman : un hommage aux femmes victimes de violences de la part de leur conjoint. 

Grâce à Lise Paco, du site Litt'Orale, qui oeuvre pour l'enregistrement et la diffusion de textes littéraires, ce projet vient de se concrétiser. Et c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai entendu mes mots prendre vie au travers de la voix si poignante de Lise. Je lui suis vraiment reconnaissant pour cette lecture si touchante de cet extrait.

Je vous invite à l'écouter à votre tour en cliquant ici ou sur le logo ci-dessous.

Litt'Orale

Je profite de ce message pour signaler l'action entreprise actuellement, pour la quatorzième année consécutive, par l'association lyonnaise Filactions : le festival Brisons le Silence. Tous le programme est accessible en cliquant sur le lien précédent.

Filactions


Par ailleurs, je relaie l'information qui m'a été transmise par cette même association, concernant l'existence d'un Guide de la sécurité sur Internet pour les femmes. Un outil précieux pour se protéger contre une autre forme de violence, virtuelle mais néanmoins préjudiciable à celles qui en sont la cible.

UN Women Website - Interactive Facts on Violence Against WomenSource de l'image : UN Women Website - Interactive Facts on Violence Against Women

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22 octobre 2018

Prochaines rencontres avec les lecteurs

Voici les prochaines manifestations
au cours desquelles je présenterai mes romans : 

Samedi 3 novembre
(10h30-18h30) :
dédicace à l'Espace Culturel Leclerc
6, rue du Soldat Bellon, 83400 Hyères

Samedi 17 et dimanche 18 novembre :
Salon Fantasy en Beaujolais
01140 St Didier/Chalaronne

Samedi 15 décembre :
5è Salon Des Livres en Beaujolais
69400 Arnas

7 Romans S Fritsch

 

 

 

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16 octobre 2018

Rencontre à la Médiathèque de St-Martin en Haut

Affiche Médiathèque St-Martin en Haut - 20 10 2018

 

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14 octobre 2018

Entretien/dédicace à La Passerelle

Vendredi 19 octobre, de 17h30 à 19h, la Bouquinerie La Passerelle organise une rencontre avec les lecteurs. 
Animée par Nelly Razik, elle sera l'occasion d'échanger autour des livres, de la lecture, du travail d'écriture...
Le lieu : Bouquinerie La Passerelle 45 rue Jean Jaurès, 42800 Rive-de-Gier
Venez nombreux !

Bouquinerie La Passerelle Logo

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