Sébastien Fritsch, Ecrivain

22 février 2019

Agota Kristof - Le Grand Cahier

Un roman étrange et cruel ; et violent, pervers, obscène, cynique, immoral... mais d'une manière si extrême et avec une plume si précise, si tranchante, si sèche et tellement maîtrisée, que cela en devient presque surréaliste et, je dois l'avouer, assez amusant.
Le décor est une ville sans nom, dans un pays sans nom, pendant une guerre sans nom, avec des occupants et des occupés qui parlent diverses langues qui ne sont pas désignées clairement non plus, et qui n'ont eux aussi que des appellations utilitaires ou descriptives (le libraire, le cordonnier, la servante, la grand-mère, la cousine...) ou moqueuse ("Bec-de-Lièvre", notamment). Bien sûr, on devine, entre les descriptions de convois de déportés qui traversent la ville et en se basant sur l'origine hongroise de l'auteur et sa naissance dans les années 1930, qu'il doit s'agir de la seconde guerre mondiale. Mais rien ne vient jamais le confirmer. Agota Kristof - Le Grand Cahier
Pour autant l'étrangeté ne vient pas seulement de cet univers privé de repères et la violence n'est pas uniquement provoqué par ce conflit armé, avec ses occupants, ses bombardements, ses convois militaires. La source principale d'étrangeté est constituée par les deux personnages centraux : deux garçons, deux enfants (mais sans âge précis), deux jumeaux indissociables. Et tellement indissociables que la narration est faite à la première personne du pluriel. Etonnant et pourtant bien réel. Mais comment un narrateur peut-il dire "nous pensons que..." ? Est-il possible que deux être distincts aient-une pensée commune ? Sont-ils alors vraiment distincts ? Apparemment oui, puisque les autres personnages les considèrent toujours comme étant deux... Grand mystère (et pas des moindres) de ce roman. 
Autres caractéristiques remarquables de ces garçons, ce sont leur intelligence et leur froideur, que l'on retrouve toutes deux dans leur manière de s'instruire : instruction de l'esprit, dans les domaines les plus variés et notamment l'apprentissage accéléré des langues des différentes armées qui passent par là, pour occuper ou libérer le pays, mais aussi dressage du corps, pour se former à endurer douleurs, mépris, faim...
Si froids et intelligents, les jumeaux apparaissent alors non seulement étranges, mais aussi totalement hors normes et presque terrifiants. A tel point qu'ils parviennent peu à peu à dominer et diriger qui ils veulent, sans que rien ne les fassent plier. Et il mènent ainsi leur barque, au milieu d'autres personnages qui ne sont pas en reste question brutalité, perversité ou égoïsme. Une barque qui avance allègrement, nous emportant avec elle jusqu'au point final... en nous donnant l'envie de continuer à la suivre dans les deux romans qui forment la suite de celui-ci. 

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20 février 2019

Catherine Bardon - Les Déracinés

Roman historique, roman d'aventures et roman d'amour : ce livre de Catherine Bardon est tout cela à la fois. Mais ces trois appellations, même associées, disent bien peu de la force qu'il porte en lui.

Catherine Bardon - Les Déracinés

Car s'il est question d'Histoire, c'est d'une période des plus sombres de l'Humanité dont il s'agit. Le décor initial est l'Autriche des années 1930 : montée du nazisme, début des persécutions contre les Juifs, humiliations, exclusions, privations, spoliations, destructions, meurtres gratuits, arrestations, déportations... et, pour les rares "chanceux" qui ont pu trouver à cet enfer une porte de sortie, l'exil. 
Ce fut le cas, notamment, des quelques milliers de Juifs allemands et autrichiens qui purent "bénéficier" de la "générosité" de Rafael Trujillo, dictateur psychopathe et sanguinaire, désireux surtout de "blanchir" la population du pays qu'il tenait sous sa coupe, la République Dominicaine. Il avait fait massacrer quelques années plus tôt 35000 Haïtiens (travailleurs agricoles (comprendre "esclaves") bien utiles, mais trop noirs à son goût) ; faire venir une poignée d'européens à la peau pale était une méthode un peu moins radicale (mais sans doute plus acceptable pour ses amis américains) de parvenir à faire évoluer la pigmentation des Dominicains. (Il est d'ailleurs à noter que Trujillo, métis lui-même, se tartinait du fond de teint blanc pour effacer ses origines... Mais pour en savoir plus, lisez l'excellent livre de Mario Vargas Llosa, La Fête au Bouc, que j'avais adoré également).
Ensuite, décrire Les Déracinés comme un roman d'aventure est assez juste, mais il ne faut pas y voir que l'enthousiasme de la conquête, la fierté de faire sortir de terre logements et plantations, le bonheur de la vie au grand air sous le soleil permanent (mis à part quelques ouragans). Oui, les "Déracinés" arrivés à Sosúa, sur la côte nord d'Hispaniola au début des années 40 ont connu tout cela. Mais ce fut après avoir vécu des années d'inquiétude puis de terreur sur leur terre natale, suivies de très longs mois d'errance, de camps de réfugiés en trains bondés, de passages de frontières angoissants en traversée maritime interminables.
Enfin, dernière composante de ce roman : l'histoire d'amour. Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont passionnés. Voilà comment ça commence souvent et voilà comment ça commence dans Les Déracinés. Mais en plus d'être beaux, jeunes et passionnés, Almah et Wilhelm sont juifs en Autriche dans la seconde moitié des années 30. Et ils vont traverser ces pages sombres, avancer en âge, partager épreuves et joies ; et donner à l'amour des significations autrement plus puissantes que celles qui nous montent à la tête lorsqu'on est
beaux, jeunes et passionnés

Attiré par le thème central de ce roman (dont je n'avais jamais entendu parlé mais qui me fut si bien présenté par l'auteur elle-même lors d'un salon du livre où nous nous étions rencontrés), j'ai été rapidement séduit par l'écriture, élégante, évocatrice, parsemée de comparaisons judicieuses et originales et régulièrement teintée d'humour (comme pour disséminer fugacement un peu de lumière au milieu des ombres). En somme, une plume très éloigné des platitudes stéréotypées si fréquentes dans les romans actuels.
Par ailleurs, Catherine Bardon nous expose ce pan d'Histoire de manière vivante (et donc émouvante, voire éprouvante par moment), avec un vrai talent de conteuse. Pas de didactisme, ni pour le côté historique, ni pour le côté géographique : des faits, des lieux, très bien décrits et mis en scène au fil des évènements que vivent ses personnages. Des personnages auxquels, je dois bien l'avouer, je me suis fortement attaché. En partageant les épreuves, les doutes, les questions, les angoisses, les sursauts de courage et les accès de faiblesse d'Almah et Wilhelm, de leurs proches, de leurs amis, on les sent devenir nos soeurs, nos frères. Grâce à cette immersion que nous offre Catherine Bardon, on devient un Juif de Sosúa dans les années 40, archétype de ces "déracinés" de toute couleur, religion, origine, que le monde a porté, porte et portera (c'est à craindre) encore longtemps.

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21 novembre 2018

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, 25 novembre

Le 25 novembre est la date retenue par les Nations unies comme Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Cette année, je suis heureux de pouvoir apporter une petite pierre à cette démarche de sensibilisation et de lutte.

Se retenir aux brindilles - Première couverture

Cette petit pierre, cela fait maintenant plusieurs années qu'elle existe, puisqu'il s'agit de deux pages de mon roman Se Retenir aux brindilles

Les thèmes principaux de cette histoire sont la peur et la violence conjugale. Pour cette raison, j'ai jugé qu'il pourrait être pertinent de donner vie à ces quelques mots. Une façon de prolonger ce que représente ce roman : un hommage aux femmes victimes de violences de la part de leur conjoint. 

Grâce à Lise Paco, du site Litt'Orale, qui oeuvre pour l'enregistrement et la diffusion de textes littéraires, ce projet vient de se concrétiser. Et c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai entendu mes mots prendre vie au travers de la voix si poignante de Lise. Je lui suis vraiment reconnaissant pour cette lecture si touchante de cet extrait.

Je vous invite à l'écouter à votre tour en cliquant ici ou sur le logo ci-dessous.

Litt'Orale

Je profite de ce message pour signaler l'action entreprise actuellement, pour la quatorzième année consécutive, par l'association lyonnaise Filactions : le festival Brisons le Silence. Tous le programme est accessible en cliquant sur le lien précédent.

Filactions


Par ailleurs, je relaie l'information qui m'a été transmise par cette même association, concernant l'existence d'un Guide de la sécurité sur Internet pour les femmes. Un outil précieux pour se protéger contre une autre forme de violence, virtuelle mais néanmoins préjudiciable à celles qui en sont la cible.

UN Women Website - Interactive Facts on Violence Against WomenSource de l'image : UN Women Website - Interactive Facts on Violence Against Women

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22 octobre 2018

Prochaines rencontres avec les lecteurs

Voici les prochaines manifestations
au cours desquelles je présenterai mes romans : 

Samedi 3 novembre
(10h30-18h30) :
dédicace à l'Espace Culturel Leclerc
6, rue du Soldat Bellon, 83400 Hyères

Samedi 17 et dimanche 18 novembre :
Salon Fantasy en Beaujolais
01140 St Didier/Chalaronne

Samedi 15 décembre :
5è Salon Des Livres en Beaujolais
69400 Arnas

7 Romans S Fritsch

 

 

 

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16 octobre 2018

Rencontre à la Médiathèque de St-Martin en Haut

Affiche Médiathèque St-Martin en Haut - 20 10 2018

 

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14 octobre 2018

Entretien/dédicace à La Passerelle

Vendredi 19 octobre, de 17h30 à 19h, la Bouquinerie La Passerelle organise une rencontre avec les lecteurs. 
Animée par Nelly Razik, elle sera l'occasion d'échanger autour des livres, de la lecture, du travail d'écriture...
Le lieu : Bouquinerie La Passerelle 45 rue Jean Jaurès, 42800 Rive-de-Gier
Venez nombreux !

Bouquinerie La Passerelle Logo

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30 juin 2018

Première leçon / Prima lezione

oggi = aujourd'hui

Exemple : oggi, pubblicazione del Sesto delitto
Esempio : aujourd'hui : parution de "Il sesto delitto"

francia-e-italia

 Il sesto delitto est la traduction italienne
du roman Le Sixième Crime,
réalisée par Rita Gaviraghi.

Commandez votre exemplaire papier
ou télécharger votre e-book
en cliquant sur les liens. 
Et bonne lecture !

Il sesto delitto - prima copertina

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15 juin 2018

Il sesto delitto

Il sesto delitto, c'est la traduction en italien de mon tout premier roman policier, Le Sixième crime
Quelle belle aventure, pour un roman, de vivre sa première traduction !
Cette version sera disponible à partir du 30 juin en format poche. 
Pour en savoir plus ou précommander votre exemplaire, suivez ce lien

Découvrez ci-dessous la couverture et le texte de présentation. 

Il sesto delitto - prima copertina

Lex, il più dotato degli scrittori francofoni, vive da più di quarant'anni in una località persa tra le colline provenzali. Senz’altra compagnia che un pianoforte da concerto, mantiene il più rigoroso segreto su tutti i dettagli della sua vita, compresa la sua identità. Gli importa solo scrivere.

Ma quando la letteratura si trasforma in realtà e cinque romanzi gialli diventano cinque veri delitti, il grande artista può continuare a trincerarsi dietro il suo silenzio? Anche se è la polizia che viene a chiedergli aiuto? Anche se potrebbe essere lui la vittima del sesto delitto?

E chi ha scritto il sesto giallo? Chi lo metterà in scena?

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13 juin 2018

Vivianne Perret : Le Kaiser et le roi des menottes (Houdini, tome 2)

Déjà emballé par la première enquête de Harry Houdini à San Francisco (voir Métamorphosis), j'ai encore plus apprécié ce second épisode de ses aventures. Nous voici maintenant transportés dans l'Allemagne de 1900. Berlin comme si on y était, avec ses belles avenues sillonnées de tramways modernes et bordées de constructions cossues à peine sorties de terre ; mais aussi ses quartiers industrieux plus anciens, ses cours sombres, ses cafés chics et ses bouis-bouis populaires et tant d'autres détails si bien rendus par la plume précise de Vivianne Perret. On visite également le chateau de la famille Krupp à Essen, puisque c'est là que tout commence : Houdini y est invité à montrer ses talents devant l'empereur Guillaume II, ami de Friedrich Krupp et habitué de la résidence du riche industriel ; mais la découverte du cadavre d'une jeune femme dans le coffre-fort ultra-sécurisé du maître des lieux impose quelques modifications dans l'emploi du temps du jeune magicien. Spécialiste de l'escapologie, qui lui permet de venir à bout de tout type de menottes, cadenas, serrures... et coffres-forts, il est missionné pour participer à l'enquête. Le voilà donc embrigadé par le Kriminalcommissar Leopold von Meerscheidt-Hüllessem pour tenter de percer le mystère. Ce qui nous lance, à première vue, dans une enquête criminelle des plus classiques. Ce qui n'est, en réalité, pas du tout le cas. 
Vivianne Perret - Houdini tome 2 - Le Kaiser et le roi des menottesRebondissements, fausses pistes, révélations parcellaires, habilement disséminées par l'auteur tout au long de son récit : nous voilà baladés par Vivianne Perret, qui semble prendre un grand plaisir à surprendre ses lecteurs - plaisir que ces derniers ne peuvent que partager. Je ne dirai évidemment rien de l'intrigue et de son dénouement, mais elle est vraiment retorse... et d'autant plus plaisante. 
Mais ce roman n'est pas qu'un policier : roman historique, il nous invite à revivre l'existence des allemands (et une poignée d'américains en goguette) de la fin du XIXè siècle, non seulement dans les détails du quotidien, mais aussi dans leur manière de penser, dans les conventions imposées à chaque "caste", sans parler de tous les interdits et a priori qui régentaient la manière d'être de certains groupes de personnes (je réalise à quel point cette dernière phrase est incompréhensible... mais je ne peux pas en dire plus pour ne pas dévoiler une part de la solution de l'énigme). 
Troisième point fort du roman, ce sont les profils psychologiques des personnages : Houdini et sa jeune épouse Bess ont chacun des caractères bien définis et la relation développée par l'auteur entre ses deux protagonistes ne se limite pas à l'idylle qui les unit depuis leur rencontre : aussi astucieux l'un que l'autre, ils donnent aussi des exemples de respect, de tolérance, de progressisme qui, même s'ils ont été ajoutés par l'auteur (ce n'est qu'une supposition), n'en constituent pas moins des éléments complémentaires qui enrichissent utilement ces deux portraits. Cela étant, les personnages secondaires ne sont pas en reste : Jim, jeune voyou tiré des rues de San Francisco par le couple et promu au rôle d'assistant du magicien, prend aussi de l'épaisseur dans ce second tome : malin, courageux... et idiot comme peut l'être un adolescent sous l'effet d'un coup de foudre, il devient, lui aussi, une figure que l'on aura plaisir à retrouver dans les romans suivants de la série. Totalement à l'opposé, le triste Kriminalcommissar von Hüllessem, comparé par Bess à un fantôme, bénéficie d'un traitement tout aussi fin. L'auteur dévoile ainsi peu à peu cette personnalité complexe et nous porte finalement à aimer ce flic rigide et méfiant, homme de devoir, prisonnier des règles et des interdits imposés par sa fonction et la caste à laquelle il appartient et qui se révèle pourtant vraiment sensible. Une fois encore, je n'en dis pas plus, mais il s'agit là d'un très beau personnage. 
En conclusion, après une si belle lecture, je crois qu'il ne me reste qu'une seule chose à faire : continuer à suivre Houdini et Bess ! Prochaine étape : Budapest. 

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09 juin 2018

Dédicace à la librairie Spirale - 9 juin 2018

Aujourd'hui, de 15h à 18 h 30,
je présenterai L'Expérience Cendrillon
à la Librairie Spirale,
162, Grande Rue 69600 Oullins. 
Au plaisir de vous y voir nombreux !

Dédicace Spirale - 09 06 2018

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17 mai 2018

La belle histoire de la physique - Christelle Langrand & Jacques Cattelin

La Belle histoire de la physique

Qui dit Histoire, dit dates : La Belle histoire de la physique s'organise donc selon une progression chronologique. Elle dépasse pourtant largement le cadre de l'Histoire, puisqu'elle nous invite à remonter aux tout premiers essais de l'homme pour comprendre et maîtriser les matériaux ou l'énergie. C'est donc dès la préhistoire que débute ce livre : façonner des armes, dompter le feu demandaient déjà une démarche scientifique, même si, évidemment, aucune trace écrite de ces premières "expériences" ne nous est parvenue. 
Organisés par grandes périodes (Préhistoire et Antiquité, Moyen-Âge et Renaissance, XVIIè et XVIIIè, puis un chapitre pour chacun des trois derniers siècles, y compris celui qui est en cours), cet ouvrage aborde à chaque fois toutes les facettes de la science. On retrouve ainsi alternativement de la mécanique, de l'électricité, de l'astronomie, de la thermodynamique, etc.
Avancer page après page, sautant ainsi d'une domaine à l'autre, est intéressant (et c'est ainsi que j'ai lu le livre) puisqu'il permet de resituer des découvertes contemporaines les unes des autres, habituellement présentées séparément. Séparation artificielle, surtout quand on considère les époques où les grands scientifiques ne se cantonnaient pas à un domaine de recherche. Chaque chapitre donne donc une vue d'ensemble très claire des connaissances, des théories et des tentatives expérimentales qui prévalaient à chaque âge de l'humanité.
Cependant, pour ceux qui voudraient suivre l'évolution d'un domaine particulier de la physique, les auteurs ont prévu quelques astuces très utiles : en haut de chaque page, une ligne du temps affiche toujours deux dates qui ont précédé ou suivi le sujet ou la découverte présentée dans l'article ; par ailleurs, en bas de page, des renvois vers d'autres articles liés permettent d'avancer sur un thème donné en jouant à saute-mouton par-dessus tous les autres, si l'on préfère cette méthode de lecture.

Après la forme, parlons du contenu : images et textes sont tous d'une très grande qualité. Les premières sont toutes très belles et très variées : photos, schémas, tableaux ou gravures, instruments de mesure anciens et appareils actuels, vues de l'infiniment petit et de l'infiniment grand et, régulièrement, des manifestations concrètes de certaines lois, représentées par une bulle de savon, un nageur, un orgue ou... une tarte tatin. 
Au niveau du texte, on reste dans la clarté et la simplicité : chaque découverte ou notion est expliquée sur une seule page, en regard de l'illustration adaptée. Les explications sont précises, sans être trop complexes. Dans ce but, un grand nombre de mots sont définis dans un glossaire, placé en fin d'ouvrage : cela permet d'alléger le texte, tout en donnant la possibilité de le rendre plus compréhensible pour des amateurs de physique qui auraient pu oublier quelques-unes de leurs connaissances de base. 
Enfin, chaque chapitre se termine par une conclusion, qui retrace l'état d'esprit et les grandes avancées de chaque période. Par ailleurs, des pages spéciales, intitulées "zoom", disséminées tout au long du livre, permettent de faire le point sur quelques grandes idées, applicables à différentes époques ou différents sujets. Par exemple, les notions de propriété intellectuelle, de diffusion des connaissances, de fidélité des traductions... sont abordées dans ces pages et complètent utilement ce livre déjà très riche. 

Pour conclure (et pour être complètement honnête), je me dois d'avour que je suis lecteur, certes, mais aussi écrivain et prof de physique. Il est donc évident que mes deux métiers justifient très certainement mon intérêt pour cet ouvrage : comme un roman, il nous raconte une histoire, nous entraîne le long d'une "intrigue" qui bascule régulièrement, à chaque nouvelle théorie ou chaque nouvelle découverte, renouvelant ses héros, d'époque en époque, chacun s'appuyant sur les travaux de ses prédécesseurs, tout en démontrant, bien souvent, qu'ils étaient dans l'erreur. Mais ce livre peut aussi être considéré comme un manuel de cours, mais pas un cours pontifiant et rasoir, qui donne l'envie de fuir dans le sommeil ou la rêverie : un cours attrayant, vivant, qui marque et donne envie d'apprendre. 
Cette petite précision posée, je peux donc vous faire part de la question qui m'est venue, une fois ma lecture achevée : ce livre plaira-t-il autant à des personnes qui ne partagent pas mes deux passions ? Etant donné la clarté de ses textes et la beauté de ses illustrations, j'ose espérer que ce sera le cas. Et que, de ce fait, de nombreux lecteurs réaliseront, grâce à ce bel ouvrage, à quel point la science est une histoire captivante !

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10 mai 2018

Dédicace à la Boîte à Parenthèse

Prochain rendez-vous
pour découvrir 
L'Expérience Cendrillon :
samedi 19 mai
à la librairie 
La Boîte A Parenthèses


Dédicace La Boite à Parenthèses - 2

Le lieu : 9 Grande Rue, 69850 Saint-Martin-en-Haut
Les horaires : 9h -12h15 et 14h30-18h30

Au plaisir de rencontrer beaucoup de nouveaux lecteurs !

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02 mai 2018

Offre Eclair Amazon

Jeudi 3 mai, mon dernier roman,
L'Expérience Cendrillon,
sera en promotion exceptionnelle sur Amazon.

0,99 € seulement...
et seulement une journée !

Alors à vos Kindles ! Prêts ? Téléchargez !

Offre Eclair Amazon 03 05 2018

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26 avril 2018

La saison des dédicaces est ouverte

Librairie Colibris le 27 avril, Fnac Belleville le 28 : de toute évidence, la saison des dédicaces commence fort !Dédicaces des 27 et 28 avril 2018

Et, apparemment, elle est amenée à se prolonger dans les mois à venir... 
La carte ci-dessous reprend les différents lieux où j'aurais le plaisir de rencontrer les lecteurs et de leur présenter L'Expérience Cendrillon.
Si la dernière date visible est le 16 juin, cela ne veut pas dire que tout s'arrête à ce moment-là : il y a déjà plusieurs rendez-vous dates prévus après l'été... et de grandes chances que d'autres dates viennent s'ajouter.

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20 avril 2018

La Promesse - Tony Cavanaugh

La Promesse - Tony Cavanaugh

En théorie, ce roman avait deux bonnes raisons de m'attirer : le dépaysement promis par sa localisation aux antipodes et le plaisir de lecture promis par le bandeau affiché sur la couverture : "le Michael Connelly australien !" Deux promesses, donc... dont l'une plutôt remplie et l'autre vraiment mensongère. 
Le dépaysement, lui, fut réellement au rendez-vous. Connaissez-vous la Sunshine Coast, située dans l'état du Queensland, au nord-est du pays des kangourous? Non? Eh bien moi non plus. Jusqu'à ce que Tony Cavanaugh m'invite à m'y promener. Plages démesurées, spots de surf, parcs nationaux, forêts sauvages, résidences chics au milieu de nulle part, villages paumés, rivières serpentines, canaux et lacs dissméinés dans la mangrove, adolescentes blondes et belles et indépendantes : le coin idéal pour un tueur en série ; et encore plus pour un tueur en série qui s'amuse à balader ceux qui le pourchassent. La promesse de découvrir ce coin du bout du monde a donc été tenue.
A l'inverse, l'affirmation à propos de l'auteur, placardée sur la couverture, fut à l'origine d'une cruelle déception. Pour faire court, je vous le dis clairement et simplement : non, Tony Cavanaugh n'est pas Michael Connelly. Si cette simple phrase a suffi à vous convaincre, vous gagnerez du temps en ne lisant pas la suite de ma chronique (qui spoile un peu, en plus) et en vous détournant de ce roman. Si vous n'arrivez pas à me croire, continuez votre lecture. Mais je vous aurais prévenu.
Alors, pourquoi "Cavanaugh = Connelly" est un mensonge? Parce que l'architecture au cordeau des romans de l'américain surpasse largement le désordre total de l'intrigue conçue par l'australien. Parce que le réalisme des détails et la manière de les agencer qui sont caractéristiques de Connelly ne se retrouvent pas du tout dans la succession d'évènements soit sans intérêt, soit tirés par les cheveux (soit les deux) ni dans la débauche d'indices miraculeux/ostentatoires/absurdes/ridicules (rayez les mentions inut... non, gardez-les toutes) qu'affectionne Cavanaugh. Et, enfin, parce qu'on ne peut comparer les personnages fouillés, solides, humains qui parcourent L.A. sous la plume de l'un et les pantins caricaturaux et sans profondeur qui écument le Queensland sous l'enclume de l'autre.
Quelques exemples : les confessions du tueur, placées régulièrement entre les chapitres qui présentent le point du vue du flic (ou plutôt ancien flic/justicier/karaté kid qui a pris sa retraite sur la Sunshine Coast après un échec cuisant sur une autre enquête liée à un tueur en série). Eh bien ces pages de pensées du tueur m'ont semblé être du pur et simple remplissage. Sa manière d'analyser sa folie, son manque d'empathie et son obsession pour les dessins animés de Disney (ben oui, c'est quand même une preuve de désordre mental) m'a semblé atrocement artificielle. Et à part répéter "Je vise une fille, j'enlève une fille, je m'amuse avec une fille, je tue la fille", il ne nous donne rien d'utile. Uniquement du déclaratif, rien de descriptif (à part à la fin). Comment les enlève-t-il, ses victimes? Que leur fait-il subir? Comment sent-on la tension, la peur, l'horreur? Je ne suis pas un adepte des romans gores et des détails répugnants, mais s'ils sont absents, à quoi sert de nous inviter dans l'intimité du tueur? A rien. Intimité survolée, longue description de la folie du criminel, analysée par lui-même ("Je tuais des animaux quand j'étais petit ; puis j'ai commis un viol ; puis des meurtres, puis une longue série de viols et de meurtres ; tout ça parce que je suis fou et que je manque d'empathie et que je suis fan de Pocahontas"). Ce genre d'analyse m'insupporte. Sans doute parce que j'ai lu un jour une phrase d'un type assez sérieux dans le domaine de l'écriture et qui disait, entre deux mojitos : "Show, don't tell". Un précepte que Cavanaugh a dû laissé tomber de sa poche en se baladant dans un coin perdu de la mangrove australienne. 
Autre exemple, concernant les indices (attention, je vais peut-être spoilé : ce serait gênant pour ceux à qui ma chronique donnerait envie de lire ce roman (si, si, c'est possible)) : appartement vide, localisé grâce au portable d'une des victimes ; le type qui traque le tueur s'y faufile, fouille, ne trouve rien (ben oui, l'appart' est vide !), sauf... un rouleau de film plastique alimentaire dans un tiroir. Ben oui, le gars range tout, mais laisse bien en évidence l'outil qu'il utilise pour empaqueter ses victimes. Ensuite, le nom du tueur apparait (avec l'aide d'un geek photophobe, ami de l'ex-flic). Merci le rouleau de plastique qui a permis de trouver des empreintes ! Ah non ! En fait, on nous apprend un peu plus loin qu'il n'y avait pas d'empreintes sur le rouleau. Ben alors, comment qu'yzonfait? Eh bé, c'est tout simple : le tueur prend des photos de ses victimes avec leurs portables ; mais, pour ne pas se faire localiser, il enlève les batteries des portables (malin, le gars) et, surtout, il n'envoie pas les photos à la famille avec lesdits téléphones, mais en utilisant un ordinateur. Ce qui signifie que c'est un gars hyper-doué en informatique. Donc, c'est un électricien (ben oui, tous les électriciens sont des geeks surdoués). Et il n'y a que mille ou deux milles électriciens dans le Queensland (selon les Pages Jaunes). Donc, c'est Promise, le coupable. Pas mal, comme déduction. C'est vrai que moi, qui ne suis pas électricien, je ne sais pas comment transférer une photo de mon portable sur mon ordinateur. Evidemment je passe sur le fait que prendre une photo avec un portable qui n'a pas de batterie, ça doit pas être fastoche, même pour un électricien surdoué du Queensland. Et qu'il est quand même ballot que le tueur ait oublié d'enlever la batterie dans un cas, un seul, mais qui est justement le cas qui va le perdre (puisque c'est à cause de ça qu'on trouve le film plastique, sur lequel il n'y a pas ses empreintes : sale coup pour lui!). Enfin, je ne reviendrai pas non plus sur le titre du roman, "La Promesse", qui en version originale s'intitulait tout simpement "Promise", et qui correspond à la promesse faite par l'ex-flic/justicier/karaté kid, qui veut à tout prix coincer le tueur pour se racheter de l'échec qui l'avait conduit à démissionner de la police de Melbourne. Lequel tueur s'appelle, justement, Promise. Incroyable, quand même. Et heureusement qu'il ne s'appelait pas Jimmy Bullshit. 

 

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18 avril 2018

Dédicace à la Fnac Belleville - 28 avril

Samedi 28 avril, fnac_belleville_sur_saone-Image carrée
la Fnac de Belleville-sur-Saône
m'accueille de 10h à 18 h
pour une séance de dédicace.

Vous pourrez y découvrir
mon dernier roman,
L'Expérience Cendrillon.

Belleville-sur-Saône se trouve
entre Villefranche et Mâcon,
à 35 minutes au nord de Lyon,
au coeur du Beaujolais. 
Pour vous y rendre,
suivez le plan ci-dessous





Cette rencontre est l'une des premières dates
d'une longue série qui durera jusqu'en novembre.
Pour connaitre la liste complète des autres rendez-vous,
consultez l'agenda des Editions Fin mars début avril.
Vous pouvez aussi vous inscrire à l'évènement Facebook correspondant,
de manière à recevoir des informations concernant cette dédicace. 

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