Sébastien Fritsch, Ecrivain

11 janvier 2018

XVIII, 18, dix-huit...

... écrivez-le comme vous voulez, mais écrivez-le bien. Belle année 18

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10 janvier 2018

Alessandro Barrico – Mr Gwyn

Alessandro Barrico – Mr Gwyn

Un beau roman, doux, lumineux, positif. L’auteur porte un regard attentif (et tendre) sur ses personnages. Il les dépeint en associant de multiples touches, concernant leur physique, leurs habitudes, leurs goûts, leur environnement. Mais pas de longues descriptions : tout cela est distillé au fil des pages, au fur et à mesure d’une intrigue dont le point de départ est une idée un peu saugrenue pour un écrivain : Mr Gwyn, lassé de la célébrité que lui ont apportée ses romans, décide subitement de cesser d’écrire. Mais que va-t-il pouvoir faire ? Il réfléchit, observe… et finit par trouver une idée. Toute l’intrigue se déploie d’abord autour de ces questionnements du personnage central (et des réactions que sa décision ne manque pas de provoquer), puis continue  d’avancer lentement, au gré des préparatifs de Mr Gwyn pour mettre en place cette fameuse idée qui lui permettra de prendre un nouveau départ. Alessandro Barrico sait donner corps à ses protagonistes et aux péripéties qu’il leur invente, permettant à ses lecteurs de se glisser très facilement dans son univers. Sa plume est en effet très vivante, détaillée, mais sans excès et, surtout, très réaliste, tout en étant capable de tisser peu à peu une sorte de fable, parsemée de détails un peu loufoques. Pourtant, en lisant avec attention, et en suivant les personnages avec la même affection que celle que l’auteur a très certainement ressentie au moment de les créer, on peut voir bien autre chose dans les lubies de Mr Gwyn : peu à peu, au fil des aménagements du local dans lequel il va s’adonner à sa nouvelle « activité », sont mis en avant des éléments de nos vies que l’on a bien souvent tendance à négliger. Avec tous ces détails, Barrico met en évidence l’essentiel. Les recherches de Mr Gwyn pour disposer des meilleures conditions de « travail », tant pour la lumière, que pour les couleurs, le son, les textures des objets et du mobilier… cela nous invite à nous interroger : sommes-nous aussi attentifs au cadre dans lequel nous vivons ? Faisons-nous l’effort de nous placer dans l’environnement le plus adapté pour accomplir les tâches qui nous incombent ? Et prenons-nous le temps d’observer notre décor, d’en capter les forces, d’en saisir les inspirations ? Et ces inspirations, leur laissons-nous suffisamment de place ? Ne les noyons-nous pas sous un encombrement, une accumulation d’objets, de sollicitations, de rencontres inutiles et d’activités annexes ?

Bien sûr, Mr Gwyn est un écrivain. Et Barrico aussi. Et moi aussi. Et c’est sans doute pour cela que j’ai été très sensible à ce roman ; et que j’ai aussi relevé cette question qui sous-tend toute l’attitude du « héros » du début à la fin, et qui pourrait se formuler ainsi : « Pour un écrivain, qu’est-ce qui compte le plus : écrire ou avoir du succès ? le plaisir de jouer avec les mots, avec les images, avec les significations des uns et des autres, ou le plaisir d’être reconnu dans la rue ? »
Pour autant, ce roman n’est pas destiné qu’aux écrivains : il est évident qu’il peut « parler » à tout le monde. Car tout ce que l’on fait, que ce soit artistique ou plus « concret », peut nécessiter de se poser les mêmes questions : quand nous agissons, pensons-nous surtout à bien faire ou à plaire ? Et prenons-nous le temps de nous placer dans les bonnes conditions, et de chasser l’inutile, pour trouver le sens exact de nos actes et l’essence de ceux qui les accomplissent : nous. Nous, qui sommes des « détails » parmi d’autres, si l’on considère les outils et les locaux qui sont tout aussi nécessaires à l’accomplissement de nos tâches… mais nous à qui nous n’octroyons qu’une parcelle de l’attention dont nous aurions besoin. Alors, comme Mr Gwyn, débarrassons-nous du superflu, prenons le temps de nous poser, de nous observer, seuls, silencieux, nus, et de voir ce qui fait de nous, de nos vies, de nos êtres, une belle histoire, digne d’un roman.

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29 décembre 2017

Le Progrès de Lyon - 24 décembre 2017

Le Progrès - 20171224 - Pleine page

Quel beau cadeau ! Dans son édition du 24 décembre, Le Progrès de Lyon me consacre une pleine page. Interview, bibliographie complète et présentation de mon dernier roman, L'Expérience Cendrillon : tout y est !
Je vous laisse lire... avant d'aller découvrir par vous-mêmes ce que cache ce "thriller à toute vitesse !" 

Et pour que la lecture soit un peu plus facile, je reproduit ci-dessous la partie "interview". 

Le Progrès - 20171224 - Interview

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27 décembre 2017

Valérie Tong Cuong - Providence

Valérie Tong Cuong - Providence

Qu’on appelle ça la chance, le destin, le hasard, la main de Dieu ou n’importe quel autre nom, il nous est sans doute tous arrivé une fois de nous réaliser qu’un détail, apparemment anodin, avait eu un impact inattendu sur notre vie. En perturbant le déroulement d’une de nos journées, en nous faisant prendre du retard, en modifiant un trajet, ce détail nous avait conduit à un endroit ou vers une personne qui allait, par la suite, offrir une direction totalement différente à notre existence.
Il s’écrit beaucoup de livres dans lesquels une succession de mauvais choix ou un enchaînement de difficultés vont conduire au drame. Et plus les malheurs s’accumulent, plus les larmes coulent dans les chaumières, plus le bouquin est réussi. Plus l’ombre est épaisse, plus le succès est éclatant. Dans ce roman, Valérie Tong Cuong nous emporte à l’opposé : vers la lumière. Elle entremêle les histoires, croisent les parcours, de manière très subtile au départ (deux passagers successifs du même taxi, deux clients attirés par le même macaron – le dernier ! – dans la même boutique, deux usagers du métro, dont l’un est pressé d’arriver et l’autre est pressé d’en finir…). L’auteur bâti ainsi une trame multicolore dont les nœuds se révèlent bien plus tard – et finissent par se resserrer : chaque protagoniste se trouve alors contraint (très bénéfique contrainte !) de mesurer à quel point il peut avoir de l’importance (alors que, pour la plupart d’entre eux, la sensation d’insignifiance s’imposait depuis des années). Mais qui sont ses personnages ? Comme souvent, quand les portraits sont réussis, il apparait bien vite qu’ils sont tout simplement des miroirs, dans lesquels chaque lecteur, chaque lectrice, pourra s’observer ? Mais alors, dans ce cas, Valérie Tong Cuong a-t-elle pour objectif de nous révéler que nous aussi, tous ses lecteurs, toutes ses lectrices, avons de l’importance ? Je le crois bien. Et pour cette raison, je n’hésite pas à conseiller vivement la lecture de ce roman ; un roman qui fait du bien.
Alors hasard, destin, chance ou main de Dieu ? Valérie Tong Cuong a choisi un mot bien plus plaisant à l’oreille : providence. Un mot qui s’avère aussi bien plus riche de sens. Providence : on dirait le nom d’une ville – celle dans laquelle nous devrions tous habiter. Providence : cela sonne comme un prénom – celui que nous portons tous, sans le savoir : car c’est cela que nous sommes l’un pour l’autre : la providence ; il faut savoir endosser ce rôle et donner aux autres le coup de pouce dont leurs vies ont besoin ; il faut savoir accepter ce don, aussi, quand la chance, le destin, le hasard ou Dieu et ses grandes mains semblent nous tourner le dos. 

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18 décembre 2017

Léger contretemps

Père Noël is currently not available - Do not disturb

OK, c'est dur pour ceux qui n'en peuvent plus d'attendre, mais soyez compréhensifs : c'est ce qu'on appelle un cas de force majeure.
Le mieux, c'est sans doute de faire comme lui. Allez jeter un œil (et quelques sous) sur le site des Editions Fin mars début avril et... lisez pour patienter !

 

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04 décembre 2017

Vivianne Perret - Houdini magicien et détective, tome 1 : Metamorphosis

Un roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps. Je suis assez friand de polars "classiques", dans lesquels l'intrigue et l'ambiance prennent plus de place que les épanchements sanguins et les tronçonnages de membres. Le fait de remonter le temps de plus d'un siècle était une raison supplémentaire de susciter mon intérêt. Quant à localisation de cette histoire, elle avait franchement tout pour me plaire : San Francisco ! Ville multiple, riche, colorée, bouillonnante, inventive, bâtie autant par l'histoire que par les fantasmes de ceux qui l'ont rêvée ; le décor idéal pour marier fiction et évènements réels.Vivianne Perret - Houdini - MetamorphosisVoilà donc un roman policier, de facture classique, situé dans le Frisco de 1899. Est-ce tout ? Non, pour ajouter une touche d'originalité, nous avons, dans le rôle du détective, un personnage tout à fait particulier : le magicien Houdini lui-même, le maître de l'escapologie : menottes, coffre, cellule... rien ne le retient, pas même une camisole de force. Mais que vient-il faire dans cette galère, cet illusionniste surdoué ? Il semblerait, en réalité, qu'il ne soit pas si farfelu de lui faire endosser ce costume. Du moins, l'histoire laisse suffisamment de zones d'ombre sur la vie de cet homme pour qu'un auteur imaginatif puisse envisager de s'y glisser. 
Ce premier tome des enquêtes de notre magicien-détective avait donc de nombreux atouts pour me donner envie de m'y plonger. Il fallut attendre une rencontre (fort sympathique) avec l'auteur (fort sympathique) au salon du livre Sang d'Encre (à Vienne), pour que je passe à l'acte. 
Et alors, après lecture, que dire de ces atouts pressentis ? Simplement qu'ils ont rempli leur contrat. Simplement ? Non. Car bien d'autres qualités, difficiles à deviner à l'avance, se sont révélées au fil des pages.
Oui, il y a une intrigue policière et elle semble tout ce qu'il y a de plus classique (du genre de celles que nous concoctait Agatha Christie il y a quelques décennies de cela). Mais au fil des pages, elles s'avère beaucoup plus complexe que ce que l'on croyait. Les gentils, les méchants, les motivations des uns et des autres, les raisons de telle ou telle dissimulation, tout cela arrive peu à peu dans la lumière... et surprend... avant qu'une autre surprise survienne (évidemment, je ne peux pas en dire plus). 
Oui, nous visitons le San Francisco de la fin du XIXè siècle... mais ce n'est pas que du tourisme. Découvrir la réalité de Chinatown, sa pègre, ses tueurs, les courettes sordides, les trafics humains, les conditions de vie (et de mort) des prostituées, les efforts de certaines personnes pour sauver ces esclaves sexuelles, ainsi que le principe, généralisé et admis par tous, de la ségrégation entre "vrais américains" et asiatiques, cela donne matière à réflexion ; une réflexion d'autant plus cruciale que chacun des points évoqués ici constituent encore, 118 ans plus tard, une douloureuse réalité pour des foules d'êtres humains.
L'intrigue, les personnages, le cadre, la réflexion... voilà bien des qualités pour un seul et même roman ! Y en aurait-il d'autres ? Eh bien oui ! Car Vivianne Perret posède une écriture d'une belle finesse, à la fois élégante et évocatrice, vivante et précise, capable de rendre aussi nettement l'horreur de l'existence des filles vendues et parquées dans les caves de Chinatown, que la tendresse de Harry Houdini pour sa douce moitié (et partenaire de scène), la délicieuse (et néanmoins audacieuse) Bess. Sans oublier quelques notes d'humour, toujours appréciables. 

Une intrigue prenante, des personnages adroitement campés, une plongée dans l'Histoire, une réflexion indispensable et un style remarquable : autant de raisons de lire la première aventure de Harry Houdini, magicien et détective. Et autant de raisons de vouloir prolonger le plaisir en découvrant les tomes suivants.

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17 novembre 2017

L'Expérience Cendrillon

L'Expérience Cendrillon est disponible !

Mon septième roman est paru aujourd'hui. 
Vous pouvez vous procurez votre exemplaire
(version papier ou électronique)
en suivant ce lien.

Merci par avance et bonne lecture. 

L'Expérience Cendrillon - 1ère de couv - Rognée

Photographie de couverture : Giuseppe Milo


Découvrez la bande-annonce sur Youtube
Lisez les 4 premiers chapitres gratuitement sur Calaméo

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31 octobre 2017

L'Expérience Cendrillon - La bande annonce

L'Expérience Cendrillon - 1ère de couv - Rognée

Parution 17 XI 17
Format poche - 368 pages - 7 €
Existe aussi en version électronique. 
Plus d'informations et commandes : https://editionsfinmarsdebutavril.jimdo.com/catalogue/l-expérience-cendrillon/
Photographie de couverture : Giuseppe Milo

 

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28 octobre 2017

Le 17 novembre, la traque commence


L'Expérience Cendrillon


Le 17 novembre, 
la traque commence

Pour lire les premières lignes
ou réserver votre exemplaire, 
rendez-vous sur le site des Editions Fin mars début avril

L'Expérience Cendrillon - 1ère de couv - Rognée

L'Expérience Cendrillon - 4e de Couverture

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18 octobre 2017

J-30

Fuir

Pourquoi ? Vers où ? 
Un début de réponse dans la vidéo ci-dessous.
Et pour tout savoir, rendez-vous le 17 XI 17. 

 

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13 octobre 2017

17 XI 17 - Saurez-vous attendre ?

17 XI 17

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01 octobre 2017

Octobre en livres !

La semaine prochaine, deux rencontres avec les lecteurs sont programmées, toutes les deux dans le sud-ouest : 

- le samedi 7 octobre, de 15h30 à 18h, à la librairie En Forme de Graal, 14 rue Frédéric Thomas 81100 CASTRES

- le dimanche 8 octobre, de 9h30 à 18h, au Salon du livre de Buzet (47160)

Au plaisir de vous faire découvrir l'un ou l'autre des romans des Editions Fin mars début avril !

Octobre en livres

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12 septembre 2017

Jo Rouxinol - Le Carnaval des Illusions

Jo Rouxinol - Le carnaval des illusions

Quelle belle plume que celle de cette auteur ! Fluide mais sans facilité, évocatrice mais tout en finesse, elle sait guider le lecteur, par petites touches, dans les deux univers qu'elle a choisi comme toiles de fond de son roman : le Brésil et la banlieue parisienne. Deux mondes que tout semble opposer, mais qui, surtout, peuvent aisément donner lieu à une avalanche de poncifs et de phrases toutes faites. On évite tout cela ici. Et l'on savoure alors la mélodie de cette écriture... qui sait aussi faire réfléchir. 
Car ce n'est pas uniquement pour nous offrir un beau texte que Jo Rouxinol nous propose de suivre Eva, revenue d'un long séjour à Rio et qui débute comme surveillante dans un collège de banlieue. Eva, dont la vie ne semble être qu'une succession de coups durs : l'enfance sans père, le début de l'adolescence marquée par la mort de sa mère, les années grises qui se suivent, l'absence pesante de son seul repère, et les amours tristes, sans lendemain, et le manque d'envie, de projet. Au milieu de tout cela, la lumière affleure pourtant ; et elle vient du Brésil : ce pays inconnu, Eva en a entendu parler toute son enfance, dans le chant de sa mère ou dans ses pas de danse ; alors pas étonnant que dès qu'un rythme de samba ou une mélodie en portugais lui arrive aux oreilles, elle se sente attirée. Et c'est ce qui la conduira finalement à Rio, sur les traces d'un homme dont elle est tombée amoureuse. Une manière de donner corps aux rêves que sa mère n'a jamais pu réaliser.
Mais les rêves peuvent prendre fin ; et brutalement, parfois. Et c'est ainsi que l'on découvre la deuxième vie d'Eva, celle qu'elle a dû reprendre depuis son retour en France, son quotidien au milieu des collégiens, des profs et des autres pions. L'Atlantique sépare ce décor gris et les longues plages de Rio, mais Jo Rouxinol alterne très finement le présent d'Eva et ses souvenirs brésiliens, puis remonte par moment vers sa lointaine enfance et nous suggère ainsi que, à Paris ou à Rio, les hommes, les femmes et les enfants du monde entier nourrisent les mêmes rêves et souffrent des mêmes désillusions.
Evidemment, ce n'est pas le premier roman qui nous conduit à cette conclusion ; mais celui-ci parvient à le faire avec élégance. Cela tient, comme je l'ai dit, à la mélodie de l'écriture ; mais cela vient aussi de la position prise par l'auteur, position délicate mais qu'elle réussit très bien à tenir : l'absence de jugement. Comme pour ses décors, Jo Rouxinol sait dépeindre ses personnages, adultes ou enfants, français ou brésiliens, avec réalisme et finesse, excluant les clichés et sachant donner à beaucoup d'entre eux un côté attachant. Mais surtout, à aucun moment elle ne se permet de les étiqueter, de les classer dans le camp des gentils ou des méchants. Elle nous laisse nous faire notre propre opinion ; ou rester dans le doute. Car tout est dans la nuance. Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc. Dans les lointaines favelas ou dans nos banlieues toutes proches, la violence, la manipulation, l'hypocrisie sont tout aussi présentes. Et sur chaque rive de l'océan, existent aussi la générosité, le partage, le courage, la volonté, le travail. Et en chacun d'entre nous, tout cela peut également se mélanger. Et l'on peut facilement basculer du côté clair au côté sombre ou inversement selon les étapes de nos vies. Ou pour la simple raison que l'illusion sur laquelle on avait bâtit toute sa vie finit par s'évanouir. 
Le titre du roman nous le suggère, et sa lecture nous le confirme : c'est bien cela le thème central de cette histoire : ces illusions qui jalonnent ou qui fondent nos existences. Les rêves d'enfance, les projets qu'on échaffaude, les histoires d'amour qu'on s'invente, les promesses auxquelles on s'accrochent, les mensonges qu'on refuse de comprendre, les rumeurs qui courrent, les a priori, les non-dits et les suppositions, les sous-entendus et les regards qu'on ne sait pas interpréter ou encore les gestes excessifs, desespérés, qu'on n'identifie pas comme des appels au secours. Ce sont là autant de visages différents de l'illusion. Et quand la musique s'arrête, quand le carnaval prend fin et que les masques tombent, elles ne valent plus grand chose sous la lumière brutale de la réalité.

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02 août 2017

Des lectrices...

... parlent de quelques-uns de mes romans : 

Se_retenir_aux_brindilles___Premi_re_de_couverture- Wendy a lu Se retenir aux brindilles et l'a trouvé "poignant" (voir son avis en suivant ce lien).
- Marie a vécu des "moments de frissons" avec le même roman mais a aussi relevé quelques points qui lui ont moins plu (et elle en parle ici).
- Colorandbook parle parle d'"Un roman qui l'a profondément touchée" (lire ici)


A propos d'Albédo, d'autres lectrices ont dit les petites choses suivantes : Albédo - 1ère Couv essai 1
- "Une très belle découverte littéraire" (selon HashtagLecture, dont l'avis est disponible ici).
- "Une formidable histoire d’amitié" et "un roman empli de douceur et de poésie" (sans oublier le suspense) (selon Marie, qui a écrit un billet de blog ici)
- "Une très belle lecture qui comporte une certaine morale sur la vie et l'amitié" (avis à lire sur le blog de NightTeck)
- "Une plume captivante", "un rythme très intéressant", "une histoire émouvante" (selon EllsyLou, dont la chronique est visible ici)
- "La plume de l’auteur est agréable à lire et fluide", "La structure du roman est excellente", "C’est un roman profond" a dit Anaïs... qui a pourtant été déçue par la fin (pour voir son avis complet, suivez ce lien).
- Et enfin Marie (qui avait été a moitié emballée par Se retenir aux brindilles, comme indiqué plus haut, écrit en conclusion de son billet sur Albédo : "Un texte magnifique qui m'aura émue. Un coup de cœur."

Merci à toutes ces lectrices pour avoir offert à mes romans le temps de leur lecture et le temps d'écrire ces avis. 
En espérant que cela suscitera quelques vocations chez d'autres lecteurs potentiels.
Pour découvrir ces deux romans plus en détails, cliquez simplement sur les couvertures.

La Lectrice - Besopha - Flickr

 

Auteur de l'image : Besopha

       

 

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22 juillet 2017

Serge Joncour - L'amour sans le faire

Rendez-vous manqué entre ce roman et moi. Je partais pourtant avec des préjugés favorables : le titre, original, énigmatique, mélodieux ; les nombreux échos positifs ; et la curiosité, qui me poussait à vouloir comprendre le paradoxe que cet écrivain me semblait représenter. Croisé plus d'une fois dans des salons du livre (dans lesquels il était bien souvent la "star" et moi l'un des multiples auteurs secondaires), il avait fait naître dans ma petite tête une grande interrogation : comment cet homme, avec son allure rappelant plus un bûcheron qu'un poète romantique, pouvait-il avoir la plume tendre et belle que certains lui prêtaient et travailler sur le thème si délicat des sentiments ?
Alors j'ai voulu la connaître, cette plume, et voir comment les sentiments prenaient vie par les mots qu'elle agençait. Et le début du roman m'a enchanté : des images simples, des phrases belles et évocatrices, donnant chair à la solitude, au mal-être, à des douleurs nées de séparation, d'incompréhension. Deux personnages, Louise et Franck, alternant le premier rôle d'un chapitre à l'autre, se dessinaient ainsi, par épisodes microscopiques, petits morceaux de leurs vies tristes.
Et ce qui m'avait plu en entrant dans ce livre finit rapidement par me lasser : l'alternance me sembla rapidement n'être qu'un artifice ; la simplicité de ces deux vies m'apparut finalement très vide. Je me fis la réflexion que ces deux personnages étaient caricaturalement limités, dans leurs existences, dans leurs envies, dans leurs réactions. Et même si l'on s'éloignait du territoire germanopratin dans lequel nombre de personnages de romans vivotent en s'auscultant le nombril, j'avais l'impression de retrouver ces thèmes mille fois rabâchés et remâchés dans les romans contemporains français : l'amour triste, l'amour bancal, l'amour fragile, l'amour qui veut mais ne peut, l'amour en entrée, en plat, en dessert, l'amour au café, l'amour barbotant finalement dans quelques millilitre d'un pousse-café sans parfum. Et, en conséquence, des personnages qui ne vont jamais au-delà d'eux-mêmes.
Je sais pourtant qu'il existe actuellement des écrivains français capables d'emporter leurs créatures vers des univers bien plus larges ; et, en nous entraînant à leur suite, de nous imposer des questions, de nous sortir de notre confort, de nous remuer autrement qu'en nous demandant quelques petits gémissements contrits. Et c'est peut-être là, le souci : après avoir lu Le Garçon, de Marcus Malte, ou encore La Septième Fonction du Langage, de Laurent Binet, ou Réparer les Vivants de Maylis de Kerangal, les amourettes tristounettes, qu'elles soient urbaines (cas le plus fréquent) ou campagnardes (comme dans le roman de Joncour), me semblent bien insipides. Ces trois auteurs dépassent largement le cadre de la petite existence de leurs personnages, ils nous transportent dans des temps, des lieux et des idées qui nous dépaysent, nous font, nous lecteurs, aller bien au-délà de ce que nous sommes. Alors, évidemment, tout roman qui passe après ça, a bien du mal à relever le défi.Serge Joncour - l-amour-sans-le-faire

Pour autant, je ne suis pas certain que la comparaison avec mes trois derniers coups de cœur puisse suffire à justifier le déclin rapide de mon intérêt pour L'Amour sans le faire. Il y a aussi, objectivement, des éléments propres à ce roman qui ont conforter mon sentiment de lassitude. Au fil des chapitres, on a l'impression de compulser un catalogue du malheur, le Manufrance des motifs de suicide ; tout y passe : le veuvage, l'alcoolisme, le harcèlement, le chômage, la solitude des villes, la haine des voisins à la campagne, les grossesses mal assumées, les enfants rejetés par leur mère, les parents paysans méprisés par leur fils intello... Trop, c'est trop. Et la manière dont cela est distillé, de chapitre en chapitre, donne l'impression, là encore, d'un artifice. Allons-y, tirons bien sur le pinceau pour que la peinture couvre plus de pages.
Ensuite, il y a le style : simple, avec de belles phrases, c'était l'idée que j'en ai eue, au départ. Mais bien vite, j'ai pu constater qu'il savait aussi être simple avec des phrases sans intérêt. Saviez-vous que les hirondelles quittent notre pays à l'automne parce que les insectes se raréfient ? Oui, sans doute. Mais on a quand même une explication de ce phénomène, lancée en ouverture d'un chapitre, comme si la méditation sur ce sujet était réellement indispensable. 
Autre point qui m'a agacé : le manque de réalisme de certaines situations. L'auteur n'a sans doute jamais connu le rachat d'une usine et les diverses étapes qui mènent à l'arrêt d'une activité et au licenciement de tous les employés. Louise travaille dans un endroit comme ça. Embauchée en CDI juste avant que des repreneurs rachètent le site et vident tout le stock... Situation plus qu'improbable. Et qui donne lieu à des scènes d'une vacuité confondante. 
Au moins, l'intérêt de ce roman, c'est qu'il m'a permis de tester un mode de lecture que je n'avais jamais osé tenter : étant trop attaché aux mots, à leur valeur, et craignant toujours de rater celui qui donnera la clé d'un roman, ou au moins d'un chapitre, je lis toujours avec beaucoup d'attention, repassant même parfois à plusieurs reprises sur certaines phrases. Eh bien, là, pour la première fois, j'ai expérimenter la lecture en diagonale ; et en lisant la première ligne de chaque paragraphe (même pas la première phrase complète), j'arrivais à la fin des chapitres en ayant rien perdu du sens (tout en ayant, évidemment, gagné pas mal de temps). Cela m'a convaincu d'abandonner cma lecture vers la moitié du livre.

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11 juillet 2017

S.J. Watson - Avant d'aller dormir

Roman étonnant. Tout d'abord parce qu'on se laisse prendre, emporter, on a envie d'avancer ; alors que, au bout du compte, cette histoire n'est pas vraiment captivante et ce roman pas vraiment réussi.

S

Pourtant, l'envie d'avancer existe bel et bien ; et c'est le seul intérêt du bouquin. Je m'explique : cette envie est en fait liée à deux éléments-clés (deux artifices, pourrais-je dire, si je voulais être méchant ; même si je ne pense pas que ce soit de la méchanceté : c'est surtout du réalisme : ce roman sent à plein nez la copie de premier de la classe de Sup de Thrill (Ecole Supérieure des Auteurs de Thrillers) qui a bien appris sa leçon et utilise gentiment toutes les formules qui fonctionnent (ce qu'on peut donc appeler des artifices)).
Le premier artifice est l'écriture : fluide, simple (voire simpliste), elle est à ce roman ce que l'emballage rouge et brillant est aux chips. On en bave, parce que notre oeil est frappé de plein fouet par une couleur attirante. Ensuite, il y une autre recette (astuce? ficelle?) qui emporte le lecteur de page en page, ce sont les petits bouts de réponses qui tombent de temps en temps. Les questions sont posées dès le départ, donc on veut des réponses. Et donc, on se dit, quand elles arrivent : "Ah, j'ai bien fait d'aller jusque-là ! Mais comme je n'ai pas encore toutes les réponses, je m'en vais continuer ma lecture ! Oh, qu'il est fort, cet auteur !".
Mais, au final, à quoi ces réponses répondent-elles? A pas grand chose. Bien sûr, les interrogations sont nombreuses, puisqu'on suit Christine qui a eu un accident il y a vingt ans et qui oublie tout ce qu'elle a vu et fait dans sa journée dès qu'elle dort. Fonction "total reset" et sans même picoler !
Chaque matin, il lui faut donc se prendre la même claque dans la figure : "Non, je n'ai pas vingt ans, j'en ai 47 ; et le mec qui est dans mon lit, ce n'est pas un coup d'un soir, c'est mon mari. Et ma vie est pourrie, parce que je ne fais rien de mes journées, je reste comme une cruche dans ma maison, sans même faire un puzzle ou regarder les Feux de l'Amour."
Pourquoi en est-elle arrivée là? (Non, pas à arrêter de regarder les Feux de l'Amour, mais à avoir la mémoire qui flanche dès qu'elle pique un roupillon). On aimerait le savoir, je ne le nie pas. Et c'est pourquoi on avance dans la lecture. Et c'est comme ça qu'on retrouve, de temps en temps, des petits bouts de réponses, ainsi que je l'ai dit plus haut. En fait, c'est comme à chaque fois qu'on pioche un chips dans le paquet et qu'on croque et qu'on se fait piéger par la dose d'exhausteur de goût que les méchants industriels de la littérature... non, pardon : que les méchants industriels de la bouffe aseptisée ont ajouté dans leurs livres... dans dans leurs chips, pardon. Ce procédé correspond à l'une des leçons de Sup de Thrill, et Wilson se devait de l'employer, un point c'est tout. Histoire de nous donner envie de continuer à baffrer, même si on sait que ça ne nous offre pas tous les bons nutriments que seuls cinq fruits et légumes par jour pourraient nous apporter. 
Mais... en fait, ce n'est pas vraiment tout. Parce qu'un thriller, si je ne m'abuse, c'est effectivement bâti sur des mystères et donc des questions, des tas de questions, plutôt flippantes, et des réponses toujours partielles, ou complètement fausses, en tout cas pas rassurantes du tout ; alors on continue à s'interroger, à se faire bouffer par le doute, par l'inquiétude, la peur, l'angoisse, la terreur... Mais pas dans Avant d'aller dormir.

Et pourquoi donc? Parce que les fausses réponses nous sont resservies en boucle de chapitre en chapitre (eh oui, comme Christine oublie tout dès qu'elle passe la nuit, il faut tout lui réexpliquer... et à nous aussi) ? Ou bien parce que les vraies réponses on les a comprises dès la centième page (sur 410)? Ou bien parce que pas mal d'éléments sont totalement irréalistes? Ou encore parce que le rythme, loin de susciter angoisse et élévation de la tension artérielle, est tout ce qu'il y a de plus plan-plan, mis à part un passage (je ne dis pas où ni quoi ni quand ni qu'est-ce, pour ne pas spoiler), comme si l'auteur s'était subitement rappelé la vraie définition du mot "thriller" (mais sans pour autant se dire qu'il allait réécrire tout le reste pour que ça colle) ? Ou parce que la fin est complètement ridicule, téléguidée (depuis la centième page (vide supra)) et encore plus irréaliste que le reste ? Ou alors parce que cette scène finale tombe comme un cheveu dans un paquet de chips et se conclut à la vitesse grand V, selon la méthode du "C'est comment qu'on l'arrête, ce vélo ? Bah, j'sais pas, je vais freiner avec les pieds."

Donc déception. Et grosse rigolade en lisant la quatrième de couverture (que je lis toujours après et pas avant), qui tartine des promesses de frissons à n'en plus finir et qui achève de me dilater la rate avec deux blurbs impayables de la part de deux écrivains que tout le monde connait pour être un peu chochottes sur les bords et fleurs bleues jusqu'au fond de leurs petits coeurs fragiles : Dennis Lehane (qui a eu "les nerfs à vifs") et Mo Hayder (qui a "dévoré de la première à la dernière page" (ce qui ne veut rien dire, vous en conviendrez)).
Quand je vous disais que ce roman était étonnant ! Même une fois refermé, il réserve des surprises !

Posté par SebastienFritsch à 19:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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