Sébastien Fritsch, Ecrivain

13 février 2017

Françoise Sagan - Un peu de soleil dans l'eau froide

Françoise Sagan - Un peu de soleil dans l'eau froide

Comment un sujet et des protagonistes plutôt banals peuvent donner naissance à un beau roman ? Le secret de cette réussite est sans doute le talent ; mais ce serait un peu court de n'avancer que cet argument. D'autant plus que, personnellement, je suis plutôt réticent à me plonger dans la lecture d'auteurs proclamés "talentueux" par la critique et les lecteurs de manière un peu trop unanime. Je suis bien souvent déçu et m'étonne parfois de cet engouement. Dans le cas de François Sagan, bien sûr, le succès ne date pas d'hier et il doit être possible de dire que s'il a survécu à l'épreuve du temps, c'est sans doute qu'il était justifié.
Mais revenons à ce soleil dans l'eau froide. Sujet banal ? Oui : histoire d'amour entre deux personnes que tout oppose : les origines (Paris/Province), le mode de vie, les goûts. Mais le hasard les rassemble et la passion les unit. C'est alors que se révèle ce qui différencie vraiment ces deux personnages, bien plus encore que le lieu où ils vivent où l'usage qu'il font de leur temps.
Car pour le journaliste parisien à tendance dépressive et alcoolique, la passion est un jeu, de celui qui fait choisir une femme comme on effeuille une marguerite... et qui pousse à la jeter dès que l'amusement se fane. Et dans ce jeu, les états d'âme égotistes, les interprétations, les postures de victime, font partie de la panoplie.
Au contraire, pour la bourgeoise de Limoges, femme de notable oisive, la passion est un engagement, une ligne droite à sens unique. Ses phrases, ses gestes, tout son être ne sont que transparence.
Dans l'esprit du premier, la passion, l'amour physique est un sujet de réflexion ou (selon l'alcoolémie et l'heure de la nuit) de discussion entre hommes, un verre à la main et une clope au bec.
Dans l'esprit de la seconde, l'amour est un mode de vie. Il implique la vérité, totale, même si cela impose de passer des obstacles difficiles. Dans une ligne droite à sens unique, on ne fait pas demi-tour et on ne sort par de la route. Jamais.
Alors si le talent de Sagan existe, on peut aisément lui trouver des arguments dans cette capacité à évoquer, très finement, très précisément, les couleurs si différentes de ces deux esprits antagonistes. Et à construire sur ces bases (la ligne droite de la femme et le tracé sinueux et incertain de l'homme), une intrigue solide ; et qui s'avère, malgré la légèreté du début, irrémédiable.
En plus de cela, la clarté, l'élégance du style viennent aussi appuyer le plaisir de la lecture. Mais ce n'est pas vraiment en plus, puisque sans ce style, il n'est pas évident que le lecteur parviendrait à saisir les démonstrations que fait l'auteur du fonctionnement psychologique de ses personnages. Et il n'est pas sûr que l'envie d'avancer avec eux pourrait être aussi forte.
Enfin, petit détail non négligeable : l'auteur sait aussi manier un humour léger, dont elle use pour se moquer avec la même jubilation de ces mondes (celui des intellos parisiens et celui des bourgeois de Province). Par son écriture, les clichés, habituellement plus lassants qu'amusants, reprennent du mordant.
En conclusion, je dois avouer que je me sens réconcilié avec Sagan, dont je n'avais pas vraiment apprécié Bonjour tristesse. Cela m'avait conduit à négliger cet écrivain jusqu'à maintenant. Je crois qu'il va falloir que je me rattrape. Peut-être en relisant justement son tout premier roman. Mon avis serait peut-être tout autre aijourd'hui.

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30 janvier 2017

Kyle Eastwood - The Promise (live at Abbey Road Studios)

the-view-from-here-kyle-eastwood

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16 janvier 2017

Septième roman

Envie de remettre la tête là où m'attendent mes personnages. Cela fait près d'un an que nous ne nous sommes pas vus. 
Sumarak - OpenStreetMap

(c) Contributeur de OpenStreetMap

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06 janvier 2017

Nouvelle présentation du site des Editions Fin mars début avril

En ce début d'année, le site des Editions Fin mars début avril fait peau neuve.
Plus clair, plus simple, il permet toujours de découvrir des extraits, des avis de lecteurs (encore plus nombreux), des articles de presse ou des interviews radio... et, évidemment, il vous permet de commander votre exemplaire du roman de votre choix. 
Cliquez simplement sur la vue ci-dessous et vous y serez. 
Bonne visite, bonne commande et bonne lecture.
A partager sans modération !

Site FMDA - Nouvelle Présentation janvier 2017

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01 janvier 2017

Mieux que des souhaits : des projets !

Osons en construire quelques-uns ensemble !

VOEUX 2017

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11 décembre 2016

Marillion en concert à Lyon ce soir... et en toile de fond de "Se retenir aux brindilles" tout le temps

Ce soir, concert de Marillion à Lyon, au Radiant-Bellevue ! Pour les lyonnais fans de ce groupe, c'est peut-être l'occasion de découvrir Se Retenir aux brindilles : un roman qui vous promène entre Lyon et la Dombes, entre peur et courage, entre nostalgie et espoir, avec notre groupe préféré en bande sonore.

Bon concert et bonne lecture !

Marillion au Radiant-Bellevue - 11 décembre 2016

 

 

Se_retenir_aux_brindilles___Premi_re_de_couverture

 

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09 décembre 2016

Deuxième salon du livre de Belley - "Voyage autour du livre"

Le samedi 17 et le dimanche 18 décembre, je participerai au 2ème salon du livre de Belley, dans le sud de l'Ain. 
Toutes les infos pratiques sont sur l'affiche ci-dessous.
J'y présenterai évidemment Albédo, mon sixième roman, mais également tous ceux qui l'ont précédé.
Si vous cherchez une idée de cadeau, ce sera le moment de penser à un livre !
Et si vous n'êtes pas dans le coin ou si vous voulez être sûr d'avoir vôtre beau paquet entre les mains avant l'heure fatidique, passez directement commande sur le site des Editions Fin mars début avril : vous pourrez même demander une dédicace ! Et les frais de port vous sont offerts.
Mais... ? Comment est-il possible que vous soyez encore sur cette page de blog ?  

2ème Salon du livre de Belley

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02 décembre 2016

Feuilles d'Automne 2016 - Salon du livre de Marvejols

Dimanche 4 décembre, je serai présent au salon du livre de Marvejols, intitulé Feuilles d'automne. C'est la septième édition de cette manifestation littéraire au coeur du Gévaudan. 
Au plaisir de rencontrer de nombreux nouveaux lecteurs et de leur faire découvrir Albédo, mon sixième roman.

feuilles d'automne - Marvejols 2016

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29 novembre 2016

Elena Ferrante - L'Amie prodigieuse

Elena Ferrante - L'Amie prodigieuse

Ce roman m'attirait à la fois par le côté historique et sociologique que je pensais y trouver (une plongée dans les années cinquante d'un quartier pauvre de Naples) et par son côté italien justement, avec toutes les idées (les poncifs peut-être) qui s'y rattachent : émotions à fleur de peau, paroles vives, échanges truculents, gestes violents, secrets pesants, hommes dominateurs et séduisants, femmes manipulatrices et séduisantes, honneur en toile de fond de chaque mot, chaque geste, chaque secret, chaque regard entre hommes et femmes...

Finalement, me voici bien déçu : le style est plutôt plat, pour ne pas dire fadasse. Quant au côté historique, sociologique, il est bien maigrichon. Sans doute est-ce justement lié à l'écriture : tout n'est qu'ébauché, rien n'est approfondi ; les renversements de situation se font comme tourne le vent : d'une page à l'autre, on est ami, puis ennemi, sans plus d'explication ; on se passionne pour les livres, puis on les délaisse, on jure qu'on ne reparlera plus à untel, puis on va vers lui ; et à chaque fois, aucune explication, ni pour comprendre une façon d'agir ni pour saisir le sens de celle qui lui est l'exacte opposée.
Les personnages qui vivent ces revirements sont eux aussi totalement plats : on ne va jamais au fond des choses, au fond des coeurs : les sentiments sont annoncés avec de grosses étiquettes collées dessus (Lina est méchante, Lenù est impressionnée par Lina, tous les garçons sont amoureux de Lina, Lenù est jalouse...) Mais d'où viennent exactement ces sentiments ? Je ne sais toujours pas après le point final. Rien, aucun détail, aucune scène dans laquelle l'auteur aurait fait l'effort d'insuffler au lecteur, par la description d'un évènement ou par un dialogue subtilement mené, le ressenti de ce qui passe entre les personnages. Alors on les voit défiler, changer d'avis, de passion, d'amis, d'amours, comme on regarde passer des trains. On lit la destination marquée dessus, sans ressentir l'envie de se laisser embarquer dans le voyage. 
Bien sûr, de temps en temps l'auteur nous promet des secrets, de ces blessures que l'on cache et qui aident à comprendre, le jour où elles se révèlent, pourquoi celui qui les porte avait ce caractère si excessif (méchanceté, jalousie, timidité...). Mais finalement, aucun de ces secrets ne transparait jamais.... et semble n'être, au bout du compte, que des artifices scénaristiques. Il faut se contenter des étiquettes. Lina est méchante. Contente-toi de ça. Même si on ne la voit jamais agir vraiment méchamment.

Dans un autre ordre d'idée, j'aurais cru que l'on entendrait parler de la mafia, dans ce roman, ou encore des rapports difficiles entre des clans de bords politiques opposés. J'imaginais que Naples, à cette époque, devait retentir bien souvent d'éclats qui trouvaient leurs sources dans ce genre de tensions... Mais, là encore, rien : à peine évoque-t-on l'étiquette "communiste" de l'un, les antécédents fascistes du père de l'autre ou les accointances mafieuses d'un troisième... et puis c'est tout. Comme si aller plus loin aurait demandé trop d'efforts. Comme si poser des mots usés, galvaudés, mais que tout le monde connait, et surtout sans chercher la vie qui peut se cacher derrière, cela pouvait suffire pour faire un roman. Mais non : à mon sens, c'est trop léger. A peine cela peut-il faire un mode d'emploi. Mais dans ce cas, on parle de machines, pas de personnages. 

Elena Ferrante a donné une suite aux "aventures" de Lina et Lenù. Mais il y a peu de chances que j'aille vérifier ce qu'elles sont devenues. Et, franchement, elles ne me manqueront pas.

 

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24 novembre 2016

Black Friday aux Editions Créer

Vendredi 25 novembre, c'est le Black Friday !
Et les Editions Créer en profite pour vous faire profiter de 20 % de réduction sur leur catalogue.
Ne serait-ce pas l'occasion de découvrir mon tout premier roman : Le Mariage d'Anne d'Orval, un roman médiéval qui mêle mystère, sentiments, honneur et vengeance, dans les décors âpres de de la Haute-Auvergne ?
Aucune hésitation : cliquez ici et commandez votre exemplaire
Bien sûr, vous pouvez découvrir bien d'autres merveilles dans le catalogue de cette maison d'éditions. Personnellement, je ne saurais que vous recommander la trilogie de Mathilde, écrite par Martine Maury, une suite de trois romans aussi prenants, émouvants et parfaitement documentés les un que les autres.
Bonne lecture à tous !

Couverture

Vous pouvez découvrir sur ce blog : 
les premières lignes
la quatrième de couverture.

 

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14 novembre 2016

Albédo à la rencontre de ses lecteurs

Sorti au mois de juin, riche de souvenirs ensoleillés, Albédo est un roman marqué par les douceurs de l'été. Pourtant, le voilà qui part à la rencontre de ses lecteurs sous les frimas de l'hiver débutant.
Les deux derniers mois de 2016 seront en effet l'occasion de présenter ce roman (et les précédents) dans des lieux variés. 
Voici les dates et les adresses des prochaines séances de dédicaces : 

Albédo - Couverture finale

Samedi 19 novembre : ANNONAY (07) 
Dédicace à la librairie La Hulotte 
32 rue Sadi Carnot 07100 Annonay
De 9h30 à 12h00 et de 14 h à 17h30

Jeudi 24 novembre : LYON (69)
Invité de la réunion mensuelle de la SELYRE (Société des Ecrivains de Lyon et sa Région)
Salle François Sala, 3, rue Saint-François 69002 Lyon
Début de la réunion à 18h30

Samedi 26 novembre : CHAZAY D'AZERGUES (69)
Salon du livre
Salle Maurice Baquet 8 rue Pierre de Coubertin 69380 Chazay d'Azergues
De 10 h à 18 h
Plus d'informations : site de la mairie de Chazay

Dimanche 4 décembre : MARVEJOLS (48)
Salon du livre
Salle Polyvalente, Esplanade de l'Europe 48100 Marvejols
De 9h30 à 18h30

Mercredi 7 décembre : YZERON (69)
Rencontre avec l'association des lecteurs de la bibliothèque
Bibliothèque, 9 place de l’église, 69510 Yzeron
A partir de 17 h

Samedi 17 et dimanche 18 décembre : BELLEY (01)
Salon du livre
Salle des fêtes (sous les Halles), Place des Terreaux, 01300 Belley
Le samedi de 14h30 à 19h et le dimanche de 10h à 18h.



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25 octobre 2016

Belli ricordi di Lombardia

Les deux jours de rencontres que j'ai vécus dans le nord de l'Italie ont été d'une telle richesse que je pense m'en souvenir longtemps !
Organisés par une amie, professeure d'italien et de latin dans un lycée de la province de Varèse, tous les évènements auxquels j'ai participé étaient à la fois parfaitement orchestrés et très chaleureux.

Affiche Incontro al liceo Dalla Chiesa 21 10 2016

Cela a commencé vendredi 21 octobre au matin, au lycée Dalla Chiesa de Sesto Calende. Le journal du lycée en parle très bien, mais je veux tout de même ajouter mon ressenti : face à plusieurs groupes d'élèves, j'ai pu présenter mes romans et répondre à leurs questions (sur le travail d'écrivain, les techniques, les sources d'inspiration et autres), mais j'ai aussi eu la chance d'entendre mes propres mots prendre vie, par la voix de quatre élèves, qui se sont très bien débrouillés avec la langue française, et par les notes de quatre autres qui, au piano et à la guitare, ont souligné ces moments de lecture d'un accompagnement des plus agréables. Un grand merci à eux et à leurs professeurs qui ont si bien préparé cette rencontre et l'ont si chaleureusement animée.

Le vendredi soir, c'était à la mairie de Casorate Sempione que j'ai pu vivre un autre moment 

Affiche Caffè Letterario Casorate Sempione 21 10 2016

d'échange des plus riches. En présence du maire et de plusieurs membres du groupe de lecture de la bibliothèque, j'ai, une fois encore, exposé la teneur et les particularités de mes six romans, avant de répondre à de nombreuses questions de la part d'un public adulte, cette fois-ci. Autre différence : la peintre Dany Manfredi exposait, à cette occasion, six tableaux réalisés d'après chacun de mes romans. Lors de la discussion, nous avons donc pu faire le parallèle entre ces deux formes d'expression, littérature et peinture, ce qui donnait encore une autre facette très intéressante à cette soirée. Je remercie ici l'équipe municipale et le groupe de lecture.

Affiche Aperitivo Letterario Laveno Mombello 22 10 2016

Samedi soir, ce fut encore un très beau moment, dans un décor magnifique : au bord du lac Majeur, dans le restaurant Il Chiosco di Cerro, à Laveno-Monbello, un "apéritif littéraire", nous a permis d'échanger une fois encore autour de mes romans et des tableaux de Dany Manfredi. Echanges intenses, questions poussées et très pertinentes, public de passionnés qui s'est montré très à l'écoute, sans oublier le délicieux dîner qui a suivi : tout était parfait ! Là encore, la commune était représentée, en la personne de l'adjointe à la culture et d'un conseiller municipal, poète à ses heures. La soirée avait été mise sur pied par l'association culturelle "Laveno e-venti di Musica & Arte sul Lago Maggiore". Je remercie toutes ces personnes pour leur investissement et leur gentillesse.  

Laveno - Cerro - Laggo Maggiore


Avant cela, j'étais allé rendre visite à trois libraires, qui avaient accepté de distribuer mes romans, avec (une fois encore) beaucoup de gentillesse : 
Caru' Srl - Libreria Dischi - Piazza Garibaldi 6 à Gallarate (VA)
Biblos Mondadori - Piazza Libertà à Gallarate (VA)
Mondadori Bookstore Laveno - Il Libro Di Barbara Salvioni - Via Labiena 10 à Laveno (VA)

Je voudrais donc encore remercier toutes ces personnes pour leur accueil, pour leur écoute, pour leur intérêt, sans oublier leur désir de toujours parler français (et la plupart des personnes que j'ai rencontrées parlaient un français parfait).
Par dessus tout, je voudrais dire mille merci à Rita Gaviraghi, la grande organisatrice de ces évènements, qui s'est aussi montrée très efficace comme animatrice des discussions et comme traductrice, mais aussi comme analyste de mes romans, dans lesquels elle a réussi à me faire découvrir certains détails que j'avais insérés sans même m'en rendre compte, poussé sans doute par mon inconscient. C'est ça aussi, l'intérêt des échanges avec les lecteurs.

Grazie mille a tutti e a la prossima volta ! 

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17 octobre 2016

Hugo Boris - Police

Hugo Boris - Police

Cinquième roman, cinquième univers : Hugo Boris continue de se poser des défis... et de surprendre ses lecteurs.
Il existe pourtant quelques points communs, entre les précédents ouvrages de l’auteur et cette histoire de reconduite à la frontière d’un réfugié tadjik par trois flics parisiens. La voiture de police sert en effet de cadre à un huis-clos, comme l'appartement du professeur de piano de son premier roman, ou encore la maison isolée en norvège du second ou la station spatiale du troisième. Et c’est aussi un livre qui nous parle, encore une fois, de la puissance du destin – auquel la puissance de nos choix peut seule s’opposer. Le troisième lien que je trouve est la force de l’écriture : j’avoue qu’elle m’a un peu déboussolé au départ : le charme que j’avais pu trouver précédemment dans le style d’Hugo Boris me semblait absent de celui-ci au départ. Mais n’est-ce pas logique ? Le sujet abordé n’est pas de ceux que l’on présente à ses lecteurs pour leur plaisir, mais par nécessité. Il a besoin d’une plume sèche, directe, presque brutale. En cela, Hugo Boris a su lui rendre honneur, j’ai fini par le comprendre. En plus, pour être honnête, je dois quand même avouer que j’ai été happé par quelques très belles phrases, un peu brutes dans la forme, mais si puissantes dans le sens. Et, puis il y a eu la scène centrale, bouleversante, fascinante et si parfaitement maîtrisée ; une scène au cours de laquelle on réalise le sens si différent que chaque homme peut donner aux gestes, aux mots, en fonction de l’histoire qu’il a lui-même vécu. On réalise en lisant cette scène à quel point l'interprétation des intentions des autres peut engager notre vie et la sauver ou la conduire à sa perte. Evidemment, je ne peux pas en dire plus : j’en dévoilerai beaucoup trop de cet instant-clé du roman.

Alors, malgré la surprise que j’ai ressentie au début de ma lecture, je me suis quand même laissé embarquer par la plume d’Hugo Boris. Et puis, n’est-ce pas justement sa marque de fabrique que de se poser des défis en renouvelant et ses sujets et son style à chaque roman ? Et de surprendre ses lecteurs ? Il me semble que j’ai écrit cela à la première ligne de ce billet. Je ne pouvais donc pas lui en vouloir pour l’avoir fait une fois encore. Et son changement d’écriture n’est d’ailleurs pas la seule différence que l’on puisse trouver entre Police et les romans qui l’ont précédé.

En effet, cette histoire de reconduite à la frontière n’a vraiment rien à voir avec le duo touchant, tendre, du Baiser dans la nuque : la tendresse pointe un peu le regard, au détour d'une ligne, ou tout au plus d'un paragraphe arraché à la dureté du sujet central du roman : mais les exigences de la vie, les lois, les uniformes, les menottes et les ordres ont tôt fait de la remettre à sa place, cette tendresse qui nait d'un regard d'une mère sur son fils ou d'une main d'un homme dans les cheveux d'une femme. 
Aucun rapport non plus, dans ce cinquième ouvrage, avec le grand nord sauvage et inquiétant de La Délégation norvégienne ou la station spatiale de Je n'ai pas dansé depuis longtemps : pas de décor grandiose pour servir une aventure dépaysante : nous sommes sur Terre, dans notre pays, dans du concret, du quotidien ; et l'aventure est celle de la vie, rien de plus - mais c'est déjà beaucoup ; en tout cas, c'est assez pour y caser des tombereaux d'espoirs, de douleurs, de questionnements, d'inquiétudes, de doutes et, pour recadrer le tout et interdire tout débordement, de certitudes qui prennent la forme d'ordres de mission, de règlements, de textes de lois. 
Enfin, il serait difficile de comparer les grands hommes du roman Trois grands fauves à ces trois flics contraints de conduire à Roissy un réfugié tadjik qui doit prendre un avion qui le ramènera vers son pays... et vers une mort certaine. Virginie, Aristide et Erik ne sont pas Danton, Hugo et Churchill ; et pourtant, ils ont entre leurs mains la vie d'un homme. Une telle responsabilité justifie que l'on s'intéresse tout autant à eux qu'à ceux qui portent ou ont porté des noms célèbres. Même si cela ne dure que l'espace de ce roman.
Et c'est bien cela que l'auteur souhaite nous inviter à faire : nous intéresser aux protagonistes de son histoire. Et pour les rapprocher de nous, nous faire entrer dans leurs réalité, il leur donne une consistance des plus solides : chacun prend vie entre les pages, Aristide le frimeur, Erik le chef toujours réglo et Virginie, la femme qui doute - de son couple, de son amour pour son amant et d'elle-même, surtout. Et chacune de ces vies a droit, comme je le disais plus tôt, à son lot d'espoirs, de désespoirs aussi, de questionnements sur la mission à accomplir, questionnements qui se heurtent immanquablement à des murs de certitudes. Chaque homme, chaque femme, peut avoir ses convictions ; mais s'il est flic, il a aussi un uniforme. En suivant le combat entre ces doutes et ces certitudes dans l'esprit des personnages d'Hugo Boris, une question vient alors à chaque lecteur : qu'aurions-nous fait nous, d'Asomidin Tohirov ?
Car ce n'est pas un réfugié tadjik que les trois flics embarqués dans cette voiture de police doivent raccompagner à l'avion : c'est un homme. Un homme qui porte un nom, et qui donne le droit à tous les réfugiés, morts, rejetés, reconduits à la frontière, de porter eux aussi un nom. Et d’exiger d’être reconnus, eux aussi, comme des hommes. Dans ce nom - Asomidin Tohirov - tous ces réfugiés prennent vie. Dans son regard muet, dans son corps fragile mais digne, droit et silencieux sur la banquette arrière, dans tous les détails de son destin inhumain, tous ces hommes et toutes ces femmes qui partent pour ne pas mourir, trouvent enfin, au milieu de toutes les voix qui s'élèvent pour les fustiger, les rejeter, les mépriser, une voix différente qui les honore : la voix si talentueuse d’Hugo Boris. 


 * * * * * * * * * * * * *
Pour information, j'ai eu la chance de recevoir ce roman dans le cadre de l'opération de PriceMinister "Les Matchs de la Rentrée Littéraire#MRL16.
Mais ce n'est pas un hasard : je me suis inscrit pour tenter de remporter ce livre en voyant que l'une des marraines de cette opération était Antigone : elle avait en effet été selectionnée pour proposer trois romans de la rentrée littéraire 2016 qu'elle avait particulièrement apprécié. Parmi ceux-ci se trouvait justement Police. Et je crois savoir que, depuis sa lecture de ce roman, elle est devenue l'une des afficionados d'Hugo Boris, comme je le suis moi-même. La preuve ici
Merci à Antigone pour son enthousiasme à propos de cet auteur et pour m'avoir permis de recevoir ce livre que je lorgnais depuis l'annonce de sa parution.

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14 octobre 2016

Interview sur RCF Lyon

Ce matin, RCF Lyon a diffusé une interview dans laquelle il est question d'Albédo.
Pour la réécouter, vous pouvez vous rendre sur le site de l'émission ou bien profiter des deux prochaines rediffusion : le vendredi 14 octobre à 20 h et le samedi 15 à 10 h 15.

Bonne écoute !

RCF Lyon - Logo

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08 octobre 2016

Rendez-vous au lac Majeur

Les 21 et 22 octobre, c'est un vent d'Italie qui fera tourner les pages de mes romans.

A l'initiative d'une professeur d'un lycée de la province de Varèse, et en partenariat avec des associations locales, je serai en effet reçu par plusieurs groupes de lecteurs des environs du lac Majeur :

- le vendredi 21 octobre au matin, rencontres avec trois classes du Lycée Dalla Chiesa de Sesto Calende
- le même jour, à 21 heures, café littéraire à la mairie de Casorate Sempione, en collaboration avec la bibliothèque
- le  samedi 22, à 18 heures, apéritif littéraire au restaurant Il Chiosco di Cerro, à Laveno Mombello, sur les rives mêmes du lac Majeur (comme le montre la photo ci-dessous). La soirée est organisée par l'association Laveno e-venti di Musica i Arte sul Lago Maggiore.

Il Chiosco di Cerro

En cliquant sur les livres rouges apparaissant sur la carte ci-dessous, vous pourrez obtenir les renseignements concernant chaque rencontre.

L'affiche qui figure à la fin de ce billet vous fournit également tous les détails pour l'apéritif littéraire du samedi (qui sera suivie d'un dîner pour ceux qui le souhaitent... et auront pensé à réserver).

Et pour en savoir plus à propos de mes romans, visitez le site des Editions Fin mars début avril.

Merci d'avance aux personnes qui seront présentes. C'est une joie pour moi de faire découvrir mes romans à de nouveaux lecteurs par-delà les frontières.

Affiche Aperitivo Letterario Laveno Mombello 22 10 2016

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30 septembre 2016

Premier salon du livre de Miribel : Des Livres et Vous

Samedi 1er et dimanche 2 octobre 2016, la ville de Miribel organise son premier salon du livre.
Il se tiendra à la salle l'Allegro, située Place de la République (voir le plan d'accès ici) et je ferai partie des 40 auteurs invités.

Découvrez le programme complet et la liste de tous les auteurs en suivant ce lien.

L'accueil du public se fait de 11 h à 18 h, aussi bien le samedi que le dimanche.

Je serai sur le stand de la librairie Colibris, de Meyzieu, qui avait fait de mon sixième roman, Albédo, l'un de ses coups de coeur de l'été (lire ici l'avis complet de la librairie).

Merci par avance à tous les visiteurs.

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