Sébastien Fritsch, Ecrivain

Le 18 février 2009, est paru mon troisième roman : "Derrière toute chose exquise". Un roman bleu-noir, à la fois sentimental et cruel, dans lequel se tissent des liens tragiques entre la beauté et la mort.

20 octobre 2009

Il est parti

C'est une étape, tout de même ! J'ai enfin envoyé le fichier de mon quatrième roman à mon "club de relectrices", celles sans qui mes trois premiers livres seraient bourrés de fautes d'orthographe et d'autres horreurs inavouables. Car même si on est persuadé d'avoir lu et relu suffisamment et d'avoir vraiment vu tout tout tout ce qu'il fallait voir, il reste toujours des fautes d'orthographe. D'ailleurs, il en reste même dans les bouquins définitifs. Mais je me console quand je vois que cette règle déprimante vaut aussi pour les grands éditeurs qui publient de grands auteurs. Mais bon, peu importe. Souhaitons simplement bonne chance à mes correctrices pour cette nouvelle mission !
Mon quatrième roman est donc parti, sorti de chez moi, lancé sur la suite du chemin, cette suite dont je ne suis presque plus maître. Bien sûr, si des fautes me sont signalées ou si des remarques me reviennent sur telle ou telle phrase qu'il vaudrait mieux éclaircir, je me replongerai encore un peu dans Invitation pour la petite fille qui parle au vent. Mais ce ne sera que des ajustements, de ces infimes serrages de boulons qui demandent juste un peu d'attention, mais ne nécessitent plus une immersion totale dans le roman. 
Tiens, qu'est-ce que je viens d'écrire ? "Immersion dans le roman" ? Mais dans ce cas, ce n'est pas le roman qui vient de partir : c'est moi qui vient de sortir de chez lui, de me lancer sur la suite de mon chemin. Oui, c'est sans doute plutôt ça, la réalité : me voilà libéré de cette histoire, disponible pour vivre autre chose.
Pour commencer, je vais pouvoir me remettre à lire. Je n'ai effectivement pas ouvert un seul roman depuis Plage de Manacorra, de Philippe Jaenada, lu au mois de mai dernier. Ma "pile à lire" à pourtant continué à croître. Difficile de savoir par quelle face l'aborder, maintenant. J'ai fait pourtant une petite tentative, hier soir : j'ai pris une courte nouvelle d'Emmanuelle Pagano : Le Guide Automatique. Une lecture "coup de fouet". J'en reparlerai.
Ensuite, je vais évidemment pouvoir commencer à laisser mûrir d'autres histoires, laisser grandir d'autres personnages. Certains d'entre eux attendent depuis plusieurs mois déjà. Ils n'ont eu droit qu'à quelques lignes griffonnées dans un coin : des noms, des lieux, quelques rouages essentiels de leurs vies, des titres de nouvelles ou de roman. Le chemin continue.
Enfin, je vais aussi continuer à me consacrer à tout ce qui n'est pas ma vie d'écrivain (en gros, tout ce dont je ne parle pas sur ce blog... et dont je ne parlerai pas plus aujourd'hui). C'est évidemment, une partie qui prend beaucoup de place (et encore plus depuis quelques mois et pendant les quelques mois qui viennent) et il y a donc fort à parier que la léthargie dans laquelle est plongé ce blog depuis mai dernier va se prolonger... avec quand même, de-ci de-là, quelques petits sursauts d'énergie.
Ceci étant, si vous  voulez vous assurer que je vis toujours, venez me voir sur un salon du livre ou dans l'une des librairies où je vais dédicacer mes romans prochainement.
A bientôt. 

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08 janvier 2009

Et maintenant ?

Non, ce n'est pas parce que j'ai envoyé hier aux Editions du Pierregord le bon à tirer pour "Derrière toute chose exquise" que, subitement, une pulsion d'écriture s'empare de moi. Cela fait quelques semaines que l'envie de retourner à la rencontre de mes personnages me taraude. J'en avais lâché quelques lignes ici, qui reflétaient très exactement cette envie qui monte en moi, m'interpelle par moments (des moments fugaces, mais de plus en plus insistants), et finira par s'imposer, par me clouer sur ma chaise, face à mon clavier, face à mon histoire, face à mon prochain roman.
Bien sûr, il ne m'est pas possible, pour l'instant, de me plonger dans l'écriture : mon "autre métier" me demande beaucoup de temps (mais quand on aime...) et je suis aussi pas mal occupé pour la préparation de la sortie de "Derrière toute chose exquise" (pas pour le livre lui-même, puisqu'il est "bouclé", mais plus pour les contacts avec les journalistes et les libraires... corrolaire du travail d'écriture, assez plaisant du fait des rencontres, des discussions, des découvertes qu'il permet). 
Mais ce retour à la création n'est qu'une question de semaines : l'objectif est de pouvoir recommencer vers fin mars, début avril. Et il n'est pas interdit, d'ici là, de se demander vers où aller. Car la question est bien là : je n'ai pas l'angoisse de la page blanche (cela viendra peut-être dans les prochaines années, quand j'aurais transformé tous mes projets actuels en romans), mais j'ai, au contraire, l'embarras du choix. Mais faut-il choisir ? Faut-il reprendre les deux histoires sur lesquelles j'ai déjà pas mal avancé ? Faut-il en abandonner une ? Ou bien les finaliser  l'une après l'autre ? Et dans quel ordre, alors ?
Pour tout dire, j'ai déjà ma petite idée. Mais ma première lectrice essaie de m'en souffler une autre (parce qu'elle préfère l'une des deux histoires... et que c'est celle qui a le moins avancé : ça fait bientôt deux ans qu'elle attend de lire la deuxième moitié du roman). En plus, il est fort probable que les protagonistes de chacune de ces histoires, s'immisçant sans vergogne dans notre discussion en tête-à-tête, vont rivaliser d'arguments pour me convaincre de leur donner la priorité. C'est parfois déjà le cas : il suffit que j'écoute Shine on you crazy diamond ou Crime of the Century et hop, c'est Clotilde et Lorenz qui m'invitent à reprendre "Pour la voix d'Elise". Mais dès que s'élève la voix de Rickie Lee Jones ou que j'entends parler des beautée de Nancy, c'est Thomas et sa tribu qui me demande de terminer "Invitation pour la petite fille qui parle au vent". Et puis, il y a parfois une idée qui pousse d'un côté, parfois une image qui m'attire de l'autre...
Laissons mûrir tout cela. Le temps fera son choix.

Découvrez Rickie Lee Jones!


Découvrez Supertramp!

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27 novembre 2008

L'Autre Livre - Salon de l'Edition Indépendante - 28 au 30 novembre 2008

L'association "L'Autre Livre" organise le 6ème Salon de l'édition indépendante du 28 au 30 novembre 2008 de 11h à 20h à l'Espace des Blancs Manteaux, 48 r vieille du Temple, PARIS 4ème (M° Hôtel de ville).

C'est un salon auquel je ne participerai pas, mais on m'a invité à en parler... et je le fais avec plaisir ! Car un salon qui défend les éditeurs indépendants doit croître et prospérer, pour que lesdits éditeurs puissent le faire également et pour que les lecteurs puissent élargir le champ de leur passion. Etant moi-même édité par des éditeurs indépendants, je ne peux qu'encourager cette initiative. Et vous invitez, vous lecteurs, à l'encourager aussi en vous rendant sur place le week-end prochain.

Voilà comment le salon est présenté par ses organisateurs :
Ce Salon international donne l'occasion aux lecteurs de découvrir la production littéraire de 150 éditeurs français ou étrangers dont l'existence est précieuse pour la vie des livres.
Des débats autour du Plan d'urgence pour l'édition indépendante (rédigé lors des Etats généraux) étudieront les propositions de l'association pour la bibliodiversité.
Les éditeurs et les lecteurs offriront des livres pour favoriser la lecture des plus démunis.

Nocturne jusqu'à 22h le vendredi 28 novembre
Lectures, débats et dédicaces
150 éditeurs et 450 auteurs

Entrée gratuite

Plus d'info : www.lautrelivre.net

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24 novembre 2008

Que dire ?

Ce soir, j'ai fait preuve de beaucoup d'imagination, puisque j'ai complété ma liste de lecture et que je l'ai publiée comme billet du jour. Quelle prouesse !
Pourtant, j'aurais tant de choses à dire : parler de mes dernières lectures, déjà ; et puis raconter le salon du livre de Colmar. Quelle ambiance ! Plein de rencontres encore (et encore plus qu'à Lyon, il faut le dire). Beaucoup de lecteurs (beaucoup plus qu'à Lyon, il faut le dire), beaucoup de paroles échangées avec de vrais passionnés de lectures ; et aussi des auteurs, découverts ou revus à cette occasion ; et aussi une visite de Colmar by night, guidés pas une voix de soprano (et oui, il faut toujours bien choisir la voix de son guide) ; et puis un dîner en face de Pierre Desproges ; et puis encore des lecteurs, tout au long du deuxième jour (et plus encore que la veille) ; et enfin, le retour, avec la neige qui dessine ses diagonales hypnotiques dans la nuit autoroutière ; et la musique d'Esbjörn Svensson, encore et toujours, qui emplit l'habitacle. Strange Place for Snow, isn't it ?


Découvrez Esbjörn Svensson Trio!

Mais je n'ai pas trop le temps d'écrire tout ça... ou bien pas trop l'humeur. Alors, je vous parlerai de mes aventures alsaciennes plus tard... ou je vous laisserai imaginer...

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11 novembre 2008

Un salon, des rencontres

Le Salon du Livre de Lyon 2008 s'est achevé dimanche soir, en me laissant à la joie de toutes les rencontres qu'il m'a permises.
Tout d'abord il y a eu les lecteurs, bien sûr. Ceux que je ne connaissais pas et qui ne me connaissaient pas, mais qui se sont laissés tenter par "Le Mariage d'Anne d'Orval" ou "Le Sixième Crime" et vont donc apprendre, sinon à me connaître, du moins à connaître mes personnages, mes intrigues et mon style.
Il y a aussi eu les lecteurs que j'ai déjà vus lors de la précédente édition de ce salon. L'année dernière, ils faisaient eux aussi partie des inconnus que je découvrais et qui me découvraient. Ils s'étaient laissés tenter par mon premier roman. Et ils sont revenus, cette année, non seulement pour me dire ce qu'ils avaient pensé du "Mariage d'Anne d'Orval" (je vous laisse deviner la teneur de leurs avis), mais aussi pour continuer l'aventure en se procurant mon second livre. J'avoue qu'à chaque fois que quelqu'un m'abordait en m'annonçant cela, ça me faisait un plaisir immense. Et je leur donnais rendez-vous pour le salon de l'année prochaine.
Enfin, j'ai fait la connaissance d'une lectrice-blogueuse avec laquelle j'échange depuis quelques temps, mais que je n'avais encore pas pu croiser alors que nous habitons le même coin. Il s'agit de Bladelor. Elle a déjà lu "Le Mariage d'Anne d'Orval" (voir son avis ici) et elle s'est procuré, cette fois-ci, "Le Sixième Crime". J'attends son compte-rendu avec impatience.
Ensuite, parmi les rencontres, il y a eu des éditeurs. Non seulement la responsable des Editions Créer, avec qui j'ai vécu ces trois jours de salon, mais aussi les autres éditeurs qui partageaient avec nous le stand de l'Auvergne (Editions du Roure, Editions Bleu Autour, Editions Quelque Part sur Terre). Avec les responsables de cette dernière maison, nous avons pu parler d'un livre que j'ai commandé en souscription et pour lequel ils m'ont annoncé la livraison prochaine : ils s'agit de l'album de photographies "Ames Soeurs", de Pascal Tarraire et Christophe Gourin, dont j'avais déjà parlé ici, après ma rencontre avec Pascal Tarraire. J'ai réalisé, une fois de plus, que le monde est petit.
Et une preuve supplémentaire m'en été donnée par le troisième type de rencontres que j'ai pu faire (mais rassurez-vous, ces rencontres du troisième type avaient toutes formes humaines... et souriantes). Je veux parler des auteurs. J'ai revu Elisabeth Robert, rencontrée en mars dernier au salon du livre de Paris et avec laquelle nous échangeons par blogs interposés (et qui m'avait même interviewé ici). J'ai découvert d'autres auteurs qui publient dans la même maison d'édition, et notamment Marie-Laure Bigand et Richard Keller. Et puis, j'ai aussi pu faire la connaissance de l'un de mes "collègues" auteur des Editions du Pierregord, en la personne de Philippe Puigserver qui présentait "Lucarnes Mobiles". Nous nous retrouverons tous les deux au Salon du Livre de Colmar les 22 et 23 novembre prochain.

Enfin, la quatrième rencontre, inévitable dans ce genre d'endroit, a été avec les livres, évidemment.
Je suis reparti avec "A Dieu ne Plaise", hermant_a_dieu_ne_plaisede Martine Hermant (roman médiéval paru aux Editions Créer et qui a la particularité d'avoir tous ses dialogues écrit dans le langage de l'époque... avec des notes de bas de page pour traduire les mots les moins évidents).
poulin_volkswagen_bluesJ'ai aussi fait un tour sur le stand de la Librairie du Québec (eh oui, dans un salon des éditeurs régionaux de France, il y avait un stand du Québec... Logique, non ?). Je me suis procuré (encore) un Jacques Poulin ("Volkswagen Blues") et j'ai opté pour la découverte de Michel Tremblay, avec "La grosse femme d'à côté est enceinte", tremblay_la_grosse_femmesur les conseils de la libraire présente et dont les intonations m'ont permis de supposer qu'elle venait effectivement de la Belle Province. Nous avons d'ailleurs discuté un petit moment de littérature québécoise et je lui ai glissé les titres des derniers ouvrages que j'avais lus et appréciés et notamment "Enthéos", de Julie-Gravel Richard, dans le but d'attiser sa curiosité. Elle connaissait la collection Hamac, des Editions Septentrion, mais pas encore le roman de Julie. Il ne lui reste plus qu'à réparer cela.

Enfin, Lili_capricieuse_petite_sorcierelors de la visite de ma petite famille, nous avons fait une razzia de livres jeunesse, notamment sur le stand des Editions Balivernes, qui propose des romans pour jeunes lecteurs ainsi que des albumsLeopard_nicolos aux images splendides dans lesquels le texte est à la hauteur (ce qui n'est pas toujours le cas dans l'édition jeunesse).
Mais nous avons aussi fait quelques achats au Verger des Hespérides, dans le Minibus et chez d'autres encore (Airvey, Lieux-dits, etc). Quelques belles heures de lecture en perspective.

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04 septembre 2008

Face à Face

En allant au Salon du Livre de Châtelguyon, le 24 août dernier, je savais que, comme toujours dans de tels lieux, j'allais y faire des rencontres : certaines étaient programmées, d'autres furent impromptues, mais néanmoins agréables. L'une d'elles fut troublante.
La première rencontre prévue était avec Laurence Salomé, ma "collègue" des Editions Créer, qui présentait dans ce même salon ses deux ouvrages, rassemblant aquarelles et textes de sa main. Nous nous sommes retrouvés au même moment devant l'entrée, ou nous avons dû tous deux décliner notre nom afin de pouvoir être autorisés à rejoindre notre place respective parmi les 250 stands alignés en de longues rangées parallèles. Nous nous sommes revus à plusieurs reprises au cours de la journée : l'afflux considérable de visiteurs nous autorisait quand même quelques petites escapades hors de nos bastions livresques.
La deuxième rencontre organisée était avec Kiki, que je ne présente plus. Elle a enfin pu me dédicacer Existe-en-Ciel ! Elle m'a, par ailleurs, offert un exemplaire du roman dont elle est la traductrice : Le Passant Chagrin. Puis elle m'a tenu compagnie pendant une petite heure, égayant de ses paroles (mais non, Kiki, tu n'es pas trop bavarde !) mon attente d'un nouvel afflux considérable de visiteurs... J'avoue que j'aime bien ces petits échanges de vues entre auteurs, ces partages de nos expériences, passions, difficultés, projets... Et j'aime encore plus discuter ainsi avec des gens sympas (tu vois Kiki, si tu avais été trop bavarde, je n'aurais pas écrit "sympa" !)
Nous avons ensuite déjeuné ensemble, avec, entre autres, Kiki, Laurence et... Pascal Tarraire. Je reparlerai de ce monsieur un peu plus tard. C'est lui qui m'a conduit vers un face à face troublant.
Parmi les rencontres non programmées, il y a d'abord eu celle de Céline Guillaume, auteur que j'avais déjà croisée au dernier Salon du Livre de Paris, lorsque j'étais allé rendre visite à Elisabeth Robert, sur le stand des Editions Pietra Liuzzo (à cette occasion, j'avais d'ailleurs pu également saluer Mandor). Et donc, à Châtelguyon, Céline et moi étions voisins de stand ! Le monde est petit, tout de même ! Nous avons donc pu discuter un petit peu, mais pas trop, du fait de l'afflux considérable de visiteurs.
J'ai ensuite eu la visite d'une amie clermontoise de Bladelor. Elle était venue se procurer le second livre de Laurence Salomé, "Voyage Rêvé d'un Volcan". Le premier, "Le Puy de Dôme, et puis...", lui avait été offert par Bladelor, justement, qui l'avait découvert dans un billet de mon blog. Aiguillée vers mon stand par Laurence Salomé, cette amie clermontoise est donc repartie, en plus, avec le Sixième Crime sous le bras. Sympathique échange de bons procédés. Et comme, en plus, cette personne était accompagnée d'un monsieur, j'avais donc, en une seule fois, deux visiteurs devant mon stand ! Si ça, c'est pas un afflux considérable !
Un peu plus tard dans l'après-midi, Pascal Tarraire est passé me voir. Il m'a laissé deux livres, pour que je les feuillette. Le premier s'intitule "Corps Partagés". Paru en 2003, il présente des photos qui, comme le titre l'indique... enfin, bon, regardez les photos pour comprendre. Elles sont visibles sur le site "Corps Partagés". Cela permet d'avoir une première idée du travail de Pascal Tarraire, mais, comme les images sont toutes petites petites, le mieux est de se procurer le bouquin.
Le second livre de Pascal va sortir le mois prochain. Dénommé "Âmes Soeurs", il associe, cette fois-ci, des prises de vues de Pascal avec celles de l'un de ses confrères, Christophe Gourin. Les deux photographes ont mis en scène, pendant des années, deux soeurs, Estelle et Sylvia. Le livre est composé en mettant en miroir, l'une à la suite de l'autre, des photos, de l'un puis de l'autre photographe, de l'une puis de l'autre soeur, dans des situations (mises en scène, j'insiste) similaires. Pourtant, chacune des deux jeunes femmes a sa propre beauté, sa propre personnalité, sa propre histoire. Et chacun des photographes a, de même, sa propre histoire, sa propre personnalité et sa vision toute personnelle de la beauté.
Quand Pascal Tarraire est revenu sur mon stand, après m'avoir laissé un moment en compagnie de ses deux livres, je lui ai tout de suite dit que j'avais beaucoup aimé ses photos (j'avais eu le temps de les regarder et admirer plusieurs fois, malgré l'afflux considérable de visiteurs). Et je lui ai aussitôt résumé mon troisième roman. Il sortira au printemps 2009 mais je l'ai achevé cet été (et j'en avais même, ce jour-là, une copie dans mon sac : je devais passer la déposer, en rentrant sur Lyon le soir, chez une amie-correctrice).
Dans les grandes lignes, je peux dire que mon roman évoque l'existence d'un photographe, fasciné par la beauté féminine (comme beaucoup, mais surtout comme Pascal Tarraire), et préférant (comme Pascal Tarraire) la mettre en scène, dans un décor qui répond à cette beauté, par des formes ou des éclairages ou une disposition d'objets (portes, rideau de douche, arbres, étoffes...) particuliers.
Il y a cependant trois différences entre Pascal et "mon" photographe, prénommé Jonas : les photos du premier peuvent être joyeuses, nostalgiques, amusantes, tristes, tendres... celles de mon personnage sont toujours sinistres : la beauté, il la choisit resplendissante et il la place dans des décors lugubres, des bâtiments à l'abandon, des chantiers de démolition, des gares de triage sous la pluie, la nuit.
L'autre différence, et qui n'est pas négligeable, c'est que Pascal Tarraire m'a semblé avenant, ouvert, d'une nature plutôt joyeuse. Ces trois adjectifs sont, pour Jonas, des mots étrangers.
La troisième différence est que, dans le second ouvrage de Pascal Tarraire, il n'y a que deux femmes, Estelle et Sylvia, et pourtant des multitudes d'ambiances et de lieux différents. Dans la vie de Jonas, "mon" photographe misanthrope, il y a des dizaines de femmes, qui se succèdent, au fil des ans, mais toutes sont invariablement placées dans les mêmes paysages de fin du monde. Ainsi, au bout du compte, il semble qu'il prend toujours, à peu de choses près, les mêmes photos.
Quand le roman débute, la fille que Jonas "manipule" de la sorte s'appelle Emmanuelle. Elle est grande, ses cheveux sont noirs et frisés, ses yeux sont bleus. Elle arbore continuellement une mine désespérément triste. Cela convient parfaitement aux images noir et blanc que compose Jonas, lorsqu'il place Emmanuelle au milieu de décors urbains tout aussi déprimants.
En ouvrant "Âmes Soeurs" je me suis trouvé face à face avec elle.

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01 juillet 2008

Point final

Le dimanche 29 juin, à 15 heures 39 très précisément, j'ai posé le point final de mon troisième roman.
Je vous passerai les détails de la réaction qui s'en est suivie, mais après des années de gestation, des mois de travail, de longs moments de doute, des dizaines de versions et, enfin, trois jours pour finaliser les cinq dernières pages (qui, elles aussi ont connues pas mal de versions), j'ai écrit le dernier mot ("vides"), suivi d'un point et... c'était fini.
Quand je dis "c'était fini", ça ne veut pas dire que c'est fini. Non, non, non : je me suis aussitôt replongé dans la phase suivante, dite du fignolage : deux paragraphes descriptifs à compléter, quelques passages à alléger, et puis, bien sûr, le jeu de la chasse aux répétitions, aux fautes d'orthographes et à toutes ces petites horreurs que des trolls malveillants ont glissées dans mon texte pendant que je ne regardais pas ! (Oui, oui : ça m'est quand même arrivé, de temps en temps, au cours des derniers mois, de ne pas regarder mon manuscrit !)
Au final (même si ça n'est pas fini) le roman en question n'a plus grand chose à voir avec celui que j'ai écrit il y a quinze ans, même s'il en reprend le thème fondateur, l'ambiance bleue-noire, la bande originale signée principalement par Oscar Peterson, la scène initiale dans un train à l'arrêt à la gare de Meaux, la majorité des personnages, le fil des évènements. On dira que de l'eau a coulé sous les ponts (ou de l'encre sur les pages) et que je n'écris plus et ne construis plus mes romans comme à cette lointaine époque.
Oubliez donc le titre et les premières lignes que j'ai déjà présentés sur ce blog et armez-vous de patience jusqu'au printemps 2009.
Car c'est au printemps 2009 que ce troisième roman devrait sortir. La semaine dernière j'ai effectivement reçu le contrat d'édition qui le concerne. Je reconnais que c'est assez étrange (disons que je n'y suis pas encore habitué) de travailler en étant attendu. Cette confiance de la part d'un éditeur permet de se remettre à l'ouvrage dans les moments de doute (nombreux), de même que le fait de recevoir des avis positifs à propos du "Sixième Crime" ou du "Mariage d'Anne d'Orval". Pourtant, je dois aussi avouer que, paradoxalement, ces manifestations d'intérêt peuvent aussi créer quelques questionnements, en suscitant parfois une sourde crainte de décevoir. Même si j'écris pour le plaisir d'écrire et parce que je ne peux pas m'en empêcher, je ne peux plus me dire que personne ne lira ce qui sort de mon imagination. Ma façon d'écrire ne s'en trouve pas modifiée, mais je ne peux néanmoins pas occulter cette réalité qui m'accompagne désormais.
Ceci étant dit, et sans vouloir vous commander : vous pouvez continuer les avis positifs ;0)

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02 avril 2008

En chemin

Les moins perspicaces d'entre vous l'auront remarqué aussi bien que les autres (donc, tout le monde, en fait, mais si j'avais écrit "tout le monde" directement, ce billet aurait été vraiment trop court, alors que, là, en tournant autour du pot, j'arrive à faire plusieurs lignes pour ne rien dire. Pas mal, tout de même !)... où en étais-je ? Ah oui ! Tout le monde aura donc remarqué que ce blog n'est pas très actif depuis quelques temps. Mes visites sur les blogs des autres se raréfient aussi. Mes lectures en prennent un coup également. Mais pourquoi cela ? Eh bien toujours pour la même raison : un cheminement dans lequel je me suis engagé il y a quelques mois, un cheminement que je trace peu à peu sur une succession de pages blanches, un cheminement qui me prend beaucoup de temps (mais du bon temps). J'aurais voulu vous en parler plus en détail, mais je n'ai pas vraiment le temps, justement. Parce que le temps qui reste, quand je ne suis pas plongé dans l'écriture de mon troisième roman, je le réserve pour les cinq autres habitants de ma vie (sans parler des diverses activités indispensables, comme, par exemple, tout ce qui est lié à la sortie prochaine du "Sixième Crime").
Tout ça pour dire que les billets de ce blog vont continuer à être un peu espacés mais surtout qu'ils seront plutôt "extra-light". Mais les nouvelles importantes seront là, pas de souci.
En attendant, je vous souhaite aussi à tous un chemin heureux et fructueux... et laborieux ! Allez, au boulot l'écrivain !

Col_de_la_Luere_Mars_2008
Monts du Lyonnais, près du Col de la Luère - 24 mars 2008

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17 mars 2008

Où étiez-vous les 15 et 16 mars 2008 ? C'est juste pour une enquête de routine.

Deux jours de salon du livre à Paris, et plein de rencontres, de découvertes, de discussions et de partages.

Le premier auteur que je rencontrai, samedi matin, fut Laurence Salomé, aquarelliste, également publiée aux Editions Créer et que je retrouvais pour la troisième fois dans un salon (après Brive et... Châtel-Guyon ! Vous connaissez tous, hein ?)
Je suis reparti avec son premier livre (le second sort dans trois mois) : "Le Puy de Dôme... et puis".

Laurence_Salome_Le_Puy_de_Dome

Un peu plus tard dans la journée, j'allais à la rencontre d'Elisabeth Robert, que je trouvais en compagnie d'autres auteurs de sa maison d'édition (Edition Pietra Liuzzo) ainsi que du célllllllllèbre Mandor, alias François Alquier.

Ensuite, ce fut au tour de Jérémie Vanden de passer dans mon coin de salon. Je pus enfin mettre un visage (et une voix) sur ce "confrère" écrivain et blogueur.

Enfin, j'allais rendre visite à mes "collègues" des Editions du Pierregord.
Je pus rencontrer de nouveau Sève Maël, dont j'avais beaucoup aimé le premier roman "Couloir de Gauche" (ledit couloir n'est autre que celui des condamnés à mort dans une prison américaine, dernière ligne droite pour l'héroïne de ce roman noir et troublant).
Je revis également Philippe Collas, qui me remit son livre : "Le Chevalier, l'Evêque et la Putain". Petit retour au moyen-âge.

Philippe_Collas_le_chevalier_l_eveque_et_la_putain

Le dimanche me valut la visite du Club des Théières : des lectrices-blogueuses passionnées (et qui aiment le thé, pour ceux qui n'auraient pas saisi).
Ce fut Stéphanie qui se montra tout d'abord, rapidement rejointe par Caro[line] (qui m'autorisa à lui écrire une dédicace sans les crochets), Fashion Victim (qui me pardonna (apparemment) de ne pas avoir choisi une couverture rose pour mon roman) et Lucile (qui prendra ma place la prochaine fois : je lui mets juste un peu la pression pour qu'elle s'acharne sur son premier roman).
Amanda n'avait pas pu venir mais, coup de théâtre (eh oui : c'est sa spécialité), elle avait confié à Caro[line] le soin de lui rapporter "son" exemplaire du Mariage d'Anne d'Orval.
J'avoue que j'ai été touché de voir toutes ces lectrices enthousisates venir animer notre stand, réclamer leur exemplaire dédicacé de mon roman, prendre des photos... Dans l'émotion, j'espère ne pas avoir trop raté les dédicaces (à la fois dans le contenu et dans l'orthographe). Surtout que la mission était rude : trouver cinq dédicaces différentes et personnalisées en trois minutes, cela ne m'arrive pas si souvent.
Encore un grand merci à vous toutes.
Et désolé de ne pas avoir pu respecter l'invitation que je vous avais lancée pour le "thé auvergnat" (spécialité des éditions Créer, qui se prend vers 17 heures, 17 heures trente, et qui consiste en une roborative association de jambon et saucisson d'Auvergne, de St-Nectaire, de Cantal et de Côtes-du-Rhône (oui, ce dernier ingrédient n'est pas auvergnat, mais ça passe quand même très bien).
Le problème est qu'un sinistre plaisantin en décida autrement : à l'heure du thé, c'est à une évacuation du Salon que nous fûmes invités. Hop, tout le monde dehors ! La sortie se fit dans une ambiance bon enfant, mais le retour ne se fit pas et le thé auvergnat devra donc attendre une prochaine fois.

Cependant, entre temps, j'avais pu faire une dernière visite.
En effet, prenant mon courage à deux mains (roulement de tambour, SVP), je m'engageai dans une traversée de tout le salon, du stand E91 au stand T9 (rien que ça !), en coupant, au péril de ma vie, les files d'attente devant les tables de dédicaces de Marc Lévy, Harlan Coben, Anna Gavalda et consorts (le passage de la Mer Rouge, à côté, c'est du niveau du catalogue Club Med troisième âge).
Mais pourquoi, me direz-vous prendre ainsi le risque de me faire piétiner, ou (pire) d'être entrainé par la foule et me retrouver devant un auteur soporifico-larmoyant (je n'ai pas donné de nom, remarquez la finesse !) et lui acheter son dernier roman et lui demander une dédicace et lui proposer mon rasoir (le pauvre, même pas les moyens de s'en payer un !) ?
Eh bien, tout ça, messieurs-dames c'était pour voir le célllllllllllllllèbre Aloysius Chabossot.
Là encore, il me fallut affronter une foule compacte d'admirateurs échevelés. Mais, enfin ! je pus approcher de l'homme le plus mystèrieux de la blogosphère littéraire. Et, de ce fait, je le vis (de près), lui parlai (il est charmant) et lui extorquai un exemplaire de son thriller : "Comment devenir un brillant écrivain alors que rien (mais rien) ne vous y prédispose". Qu'il me dédicaça fort civilement de sa plus belle écriture.
Voilà. C'est tout.
Des questions ?

Aloysius_chabossot_comment_devenir_un_brillant_ecrivain

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13 mars 2008

Un an déjà !

Le 13 mars 2007 paraissait "Le Mariage d'Anne d'Orval".
En juin 1991, j'avais écrit "Iris et Quentin", la première de mes nouvelles.

Il s'est donc écoulé seize ans entre mon premier texte un peu "solide" et mon premier texte publié.
Seize ans et de nombreux écrits : romans, nouvelles, poèmes. Seize ans et de nombreux refus, aussi. Le premier "oui" d'un éditeur est arrivé à l'automne 2005. Et dix-huit mois plus tard, Le Mariage d'Anne d'Orval endossait sa livrée rouge traversée d'une épée.

Et maintenant un an s'est écoulé depuis cette première publication.
Un an, des centaines de lecteurs, une douzaine de salons du livre, des milliers de kilomètres, des heures d'échanges, de joies... et quelques doutes, aussi, ne le nions pas.
Un an de travail de promotion (une découverte !) après les deux ans de création et les dix-huit mois d'attente qui avait précédé la publication.

MAdO en pile

Et maintenant ?

Je continue la promotion, avec le Salon du Livre de Paris, le week-end prochain.
J'attends la sortie de mon second roman, "Le Sixième Crime", qui sera disponible en librairie le 16 avril prochain
J'écris mon troisième roman, pour une parution prévue en 2009, si tout va bien.

Cette rédaction en cours me laisse peu de temps pour créer des messages sur ce blog (alors que j'avais promis de vous parler de Jonas le photographe et du petit ours rose !). Mais je voulais juste marquer cette date du 13 mars en insérant un bref billet (eh oui, je sais aussi faire des billets brefs, parfois !)

PS : c'est l'anniversaire du "Mariage d'Anne d'Orval" (anniversaire que j'ai fêté en écrivant aujourd'hui plusieurs pages de mon roman en cours, et des pages qui me plaisent bien (d'autant plus que je tournais autour de la scène en question depuis plusieurs jours !), mais ce n'est pas l'anniversaire d'Anne d'Orval : elle est née en février. Février 1216. Bon, évidemment, personne ne le sait à part moi : ça ne figure même pas dans le roman.

Posté par SebastienFritsch à 22:31 - Vous avez dit écrivain ? - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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